‹ L'Eloquence académiqueChapitre 5 sur 65 · NOTICE HISTORIQUE SUR L'ACADÉMIE FRANC · texte numérisé non relu

NOTICE HISTORIQUE SUR L'ACADÉMIE FRANC

! et un Discours du Directeur en exercice sur les prix de , vertu.

I L'Académie n'a point manqué d'historiens. L'histoire de

l'Académie a été écrite par Pellisson, depuis son établissement

' jusqu'en 1652 ; elle est intitulée : Relation contenant l Histoire

! de l'Académie française, et a été publiée pour la première

fois en 1653. Cet ouvrage a été continué par l'abbé d'Olivet,

: qui l'a poursuivi jusqu'à l'année 1700. De plus, en 1855 parut

I un Abrégé de l'histoire de l'Académie, par M. P. Mesnard.

' Avec les travaux de M. Livet, c'est ce qui a été donné de

meilleur et de plus récent sur la fameuse compagnie.

Avertissement au sujet d'un choix de discours académiques.

eus venons devoir comment l'usage des discours s'était établi et maintenu, depuis Patru, dans l'Académie française. Tout d'abord, ces discours n'étaient qu'un simple remercîment, et les éloges toujours les mêmes que les récipiendaires se voyaient obligés d'y introduire, n'étaient guère faits pour apporter de la diversité à un genre tant soit peu monotone par lui-même.

Au commencement on tourna fort cette façon de faire en ridicule. Le Président de Mesmes, plaisantant sur ces louanges mutuelles que les académiciens se décernaient, comparait les séances académiques à ces messes solennelles où le célébrant, après avoir encensé l'assistance, finit par être encensé à son tour.

Voltaire, qui n'épargnait rien, pas même l'Académie où il entra depuis à force de mensonges et de flagorneries, Voltaire (') a écrit sur ce sujet une page qui mérite d'être reproduite :

« Un jour, dit-il, un bel esprit de l'Angleterre me demanda les mémoires de l'Académie française. — Elle n'écrit point de mémoires, lui répondis-je, mais elle a fait imprimer soixante ou quatre-vingts volumes de compliments. — Il en parcourut un ou deux. Il ne put jamais entendre ce style, quoiqu'il entendît fort bien tous nos bons auteurs. — Tout ce que j'entrevois, me dit-il, dans ces beaux discours, c'est que le récipiendaire, ayant assuré que son prédécesseur était un grand homme, que le cardinal de Richelieu était un très grand homme, le chancelier Séguier un assez grand homme et Louis XIV un plus que grand homme, le directeur lui répond la même chose, et ajoute que le récipiendaire pourrait bien être aussi une espèce de grand homme, et que pour lui, directeur, il n'en quitte point sa part.

I. Lorsque Voltaire voulut forcer la porte de l'Académie, obtenir à cet effet la protection de la cour et désarmer l'opposition des évêques, il publia une longue lettre apologétique où il se représenta comme anime « d'un véritable respect pour la religion chrétienne » ; et c'est, dit-il, « ce respect qui lui inspira de ne jamais faire un ouvrage contre la pudeur. » Voltaire, sa vie et ses œuvres, par le chanoine Magnard.

Il demandait à succéder au fauteuil du cardinal de Fleury : << Le désir de donner, dit-il, de justes louanges au père de la Religion et de l'État, m'aurait fermé les yeux sur mon incapacité ; j'aurais fait voir au moins combien j'aime celte religion qu'il a soutenue, et quel est mon zèle pour le roi qu'il a élevé. »

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