I. Deuxième épître aux Corinthiens, V. i
qui aurait rendu impossibles les bassesses de l'égoïsme et de la cupidité. L'événement donna un prompt démenti à ses espérances; et comme ce personnage de nos Livres saints, lorsqu'il se crut trompé par un frère, il poussa un rugissement de colère et de douleur, Esaii e7'tigiit clamore magno ('). Les ïambes sont ce rugissement d'un honnête cœur pour qui les intérêts secondaires des formes politiques disparaissent devant les considérations éternelles de la morale, dans ses rapports nécessaires avec la dignité et le bonheur d'un peuple libre.
Comment, par exemple, cette droite et fière nature aurait-elle vu de sang-froid les ambitieux de haut et de bas étage qui, dès le lendemain des journées de Juillet, tandis que les combattantsdes barricades retournaient à l'atelier, au rude et incessant labeur, au modique salaire, aux conditions précaires et contentieuses de la vie ouvrière, escaladèrent les emplois bien payés, et se livrèrent sans vergogne au vil métier de
Gueuser des galons ?
La curée, ce n'est pas le moment héroïque de la poursuite du sanglier dans les halliers de la forêt. Tant que la bête, pressée par ses ennemis, peut d'un bond, les éventrer et les laisser sur place, l'enjeu d'un péril partagé jette sur l'attaque et sur la défense le reflet d'une sauvage grandeur.
Mais quand,
Blanchi de bave et la langue tirée,
le monstre a été vaincu; quand, accablé sous le nombre, il expire après une dernière et impuissante menace, la scène change, au drame émouvant d'un duel dans lequel s'équilibraient les chances de la vie et de la mort, succède une dégoûtante orgie. Il ne s'agit plus pour la meute de combattre au risque des mauvais coups. Il n'y