I. Gen. XVII
a plus pour elle qu'à faire ripaille, en se disputant la chair et les entrailles de la victime.
Dans sa langue hardie jusqu'au mépris des convenances, avec sa verve qu'après Horace on pourrait dire « étincelante de bile (')», la 0^re*6' demeure la protestation d'une conscience soulevée de dégoût contre ces viles gloutonneriesde l'ambition que lesvicissitudes des révolutions sont impuissantes à rassasier, et que nos progrès prétendus n'ont pas fait disparaître de nos mœurs.
M. Barbieraflétri par des images cyniques le cynisme des hommes pourqui lavie publiquen'est qu'une chasse aux places lucratives et aux galons officiels. En dépit des coups de fouet dont il a flagellé jusqu'au sang la meute toujours inassouvie, elle continue son ignoble besogne. Les systèmes politiques les plus divers s'installent et disparaissent, naissent et meurent. Peu importe. Ce qui ne meurt pas, ce qui est de tous les temps, ce qui ne parait guère, avouons-le, avoir été le monopole exclusif des régimes auxquels nous avons succédé, c'est la persistance des appétits qui se ruent sur la chose publique, la dépècent comme une proie,
Fouillent ses flancs à plein museau Et de l'ongle et des dents travaillent sans relâche, Car chacun en veut un morceau.
Morceau de royauté, d'empire ou de république, n'est-ce pas toujours un lambeau du crédit, de la fortune, de l'honneur de la France?
Cette parfaite rectitude des intentions a-t-elle toujours préservé M. Barbier de toute erreur et de toute illusion ?
Je ne le crois pas.
Ainsi ébloui par le soleil de Juillet, il a, fort mal à propos, salué de ses acclamations enthousiastes, comme si elle avait été la Liberté, — la vraie liberté chère à