I. Jussit quod splendida bilis. (Hor. 1. II, sat
tout homme de cœur, — la vivandière aux allures débraillées et équivoques, cette « fille de la Bastille », comme il l'appelle,
Qui, du brun sur la peau, du feu dans les prunelles,
Agile et marchant à grands pas, Se plaît aux cris du peuple, aux sanglantes mêlées,
Aux longs roulements des tambour?,^ A l'odeur de la poudre, aux lointaines volées
Des cloches et des canons sourds
Plus d'une fois, depuis 1830, la bacchante tapageuse et dévergondée qui avait un instant charmé le regard du poète^t séduit soncœur inexpérimenté.recommença dans Paris ses courses furibondes. Mais M. Barbier avait trop de bon sens et d'honnêteté pour demeurer longtemps dupe d'une première fascination. Quand cette prétendue Liberté se montra de nouveau, il sut bien la reconnaître et lui donner son vrai nom :
Et l'émeute paraît, l'émeute au pied rebelle
Poussant avec la main le peuple devant elle ;
L'émeute aux mille fronts, aux cris tumultueux,
A chaque bond grossit ses flots impétueux :
Et le long des grands quais où son flot se déroule
Hurle en battant les murs comme une femme soiîle. (')
Je prie les délicats de me pardonner cette citation. La véridique histoire est là pour attester que le réalisme brutal de l'image et du mot est encore bien audessous des brutales réalités dont elle est chargée de garder l'ignominieux et sanglant souvenir.
M. Barbier la revit donc, cette furie, ivre d'impiété en février 1831, ivre de socialisme en juin 1848, ivre de socialisme et d'impiété en mai 1871, lorsque, impuissante à biffer Dieu, comme elle l'en avait menacé, elle essaya de le frapper dans la personne de ceux qui le représentent le mieux au sein de nos sociétés civilisées et chrétiennes : le pontife et le magistrat : il la revit, et avec tous les amis de la vraie liberté, il en eut horreur.
Les premières œuvres de M. Barbier font une grande