‹ L'Eloquence académiqueChapitre 7 sur 65 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

nous avons réuni les quelques morceaux qui peuvent être considérés comme les chefs-d'œuvre du genre académique (') ; nous voulons parler du discours de la Bruyère, de celui de Bossuet, de celui de Montesquieu, du discours sur le style de Bufifon. Parmi les modernes les discours de Montalembert, de Monseigneur Dupanloup, du Père Lacordaire et de Monseigneur Perraud, évêque d'Autun, sont dignes de figurer parmi les plus beaux morceaux d'éloquence, et il n'est personne qui puisse contredire au choix que nous en avons fait. Nous avons ajouté à ce choix de discours quelques éloges académiques. Bien que ce genre soit peu prisé aujourd'hui, quelques auteurs comme Chamfort, Thomas et Laharpe s'y sont fait une réputation. Il convenait, dans un semblable ouvrage, de ne point les laisser dans l'oubli (^).

1. Nous ne pouvions donner la Lettre de Fénelon à l'Académie qui est plutôt un traité pédagogique.

2. Tous les discours que l'on trouvera dans ce volume antérieurs à 1735, ont été pris dans le Recueil des harangues fronomées par MM. de C Académie française dans leurs réceptions et en d'autres occasions, depuis l'êlablissenient de r Académie (1735). — Paris, chez Jean-JJapiiste Coignard, imprimeur de l'Académie.

On s'étonnera peut-être de ne point trouver ici les discours de quelques-uns de nos plus grands auteurs. Celui de Racine n'a point été conservé. Nous n'avons pu retrouver celui de Bernardin de Saint- Pierre, aucun recueil n'existant entre. 1782 el 1803, et aucune édition des œuvres du célèbre écrivain n'en faisant mention.

«Chateaubriand, ayant été élu en 1811 en remplacement de M. J. Chénier, voulut rappeler dans son discours de réception certains souvenirs de la Révolution. L'empereur dont ces idées contrariaient la politique de conciliation et d oubli, défendit que le discours fut prononcé, et la réception n'eut pas lieu. >; ( Dé^aubry.)

Enfin en 1816, Louis XVIII a\ant exclu plusieurs membres de l'Académie par mesure politique, ceux qui leur succédèrent, et entre autres le fameux Laplace, ne prononcèrent pas de discours.

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t±±±±±±ÈMÈÈMÈÈMMÈMÈÈMÉ PATRU (1640), .x^:v.^^.-v..--. ^

né à Paris, mort dans la même ville (1604-1681;

LIVIER Palru, avocat au Parlement de Paris, jouit pendant sa vie d'une fort grande réputation. Vaiigelas le consultait comme un oracle ; Boileau et Racine lui sou-

mettaient leurs ouvrages; le barreau le considérait comme

un des orateurs les plus éloquents qui eussent paru. L'Académie elle-même, qui le reçut en 1640, avait pour ses décisions une respectueuse déférence.

C'était un esprit extrêmement cultivé, mais ses Lettres, ses Plaidoyers ne portent pas la marque d'un génie original. Dans ses traductions, retouchées vers la fin de sa vie, il se montre même insensible aux progrès qu'avait faits la langue française. Il pouvait passer pour un grand écrivain à ses commencements ; plus tard il n'était plus qu'un médiocre auteur.

Remarquons que Patru est le premier qui ait prononcé un discours de remerciment, le jour de sa réception à l'Académie française. « Il se crut si honoré du choix qu'on avait fait de lui, qu'il en témoigna sa reconnaissance à ses nouveaux confrères. Ce témoignage leur plut si fort, qu'ils ordonnèrent qu'à l'avenir tous les récipiendaires feraient aussi un discours de remerciment (').

Patru passait pour le plus habile critique de son siècle. Il était d'une rigidité telle, que, lorsque Racine foisait à Boileau une observation un peu subtile, Boileau lui disait : « N'ayez point pour moi la sévérité de Patru. »

Patru fut reçu à l'Académie française le 3 septembre 1640, à la place de M. Porchères d'Arbaud.

Ce François de Porchères d'Arbaud était l'élève favori de Malherbe, qui lui légua la moitié de sa bibliothèque, mais qui ne lui laissa rien de son génie.

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