ANALYSE DES ÉLÉMENTS ET DES CARACTERES
PRINCIPAUX DE l'Éloquence de démosthène
I. L'homme d'État chez Démosthène se reflète dans l'orateur; son éloquence est pratique, positive, née des alTaires et faite pour elles. Un discours dans la manière de Démosthène, prononcQ de nos jours au Parlement anglais ou au Congrès des États-Unis, y produirait plus d'etîet que les harangues les plus magni(i(iues du consul romain. Cicéron parlait devant des auditeurs touchés de tout ce qui étalait une pompe théâtrale. La majesté de Rome s'imprimait dans son éloquence drapée comme la toge du patricien. Le génie atti(iue. simple et précis comme le pallium, n'était pas épris de ces ampleurs magistrales. Aussi Démosthène s'attache-t-il avant tout à éclairer, à convaincre; et, en traitant des affaires publiques sans trace apparente de souci littéraire, il réalise l'éloquence etTective, seule goûtée des assemblées politicpies mo-
donnes. 11 a onlovf^ les voles les plus dilTlriles à obtenir sans avoir, non plus que Voltaire, jamais fait une phrase. Clioz lui. rion pour la montre et l'apparat, point de j^rands mots ni do p/'Hodes à eiïot. '< C'est le bon sens (jui parle sans autre ornement que sa force. Il rend la vérité sensible à tout le peuple; il le réveille, il le pique, il lui montre l'abîme ouvert. Tout est dit pour le salut commun, aucun mot n'est pour l'orateur*. Tout instruit et touche, rien ne brille. »
Démosthéne poursuit son but constamment, fortement, sans jamais rien donner à l'amplification : clarté, précision lumineuse, tel est l'un des secrets de sa force.
Athéniens, fournissez d'abord les subsides que je viens de dire, puis disposez le reste, infanterie, cavalerie, vaisseaux ; obligez par une loi tontes vos troupes à demeurer sous les armes... ainsi vous enlèverez à Philippe la plus ejrande de ses ressources. Quelle est-elle? de se servir de vos alliés pour vous faire la guerre, en courant la mer et en capturant leurs navires. Qu'y gagnerez-vous encore? vous-mêmes serez à l'abri de ses pirateries ; vous ne le verrez plus, comme naguère, se jeter sur Lemnos, Imbros, emmener vos citovens prisonniers, s'emparer à Gerestos de vos transports et faire un immense butin; enfin opérer une descente à Marathon, comme en dernier lieu, et enlever la galère sacrée, sans que vous ayez pu empêcher ces brigandages, ni même envover des secours au moment voulu » (/'"^ Philippique). — « Récemment j'entendais dire à l'un de vous : Démosthène parle toujours fort bien ^, mais de lui la patrie na que des paroles ;
^ Fénelon, Lettre à l'Académie. Les discours de Cicéron sont pleins de C'céron (voir Annales Ciceroniani du Dr Suringar ; Leyde, 1854). Les biographes de Démosthène np peuvent à leur vif regret, presque rien puiser dans les harangues de Démosthène.
* AÉ-ysiv Ta àpicra, dire ce qu'il y a de mieux à dire dans l'intérêt du peuple, est le terme même de la loi, L'orateur qui
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ce sont des actes qu'il Ivi faut. A celte objection je répondrai sans détour : les actes de l'orateur, ce sont de bons conseils, et le prouver m'est, je crois, facile. Vous vous souvenez sans doute qu'autrefois timothée, ce grand citoyen, harangua le peuple sur la nécessité de secourir, de sauver l'Eubée dgà tombée sous le joug ihébain. « lié quoi ! dit-il à peu près, les Thébains sont dans l'île et vous délibérez! Vous ne couvrez point la mer de vos galères, vous ne volez pas de cette place au Pirée ? vous ne lancez pas tous les vaisseaux? » Ainsi Timothée parla ; vous, vous agîtes, et par ce concours de la parole et de l'action l'œuvre lut consommée. Mais si, tandis que Timothée parlait admirablement, l'indolence eût fermé vos oreilles, Athènes aurait-elle obtenu aucun des résultats qui l'honorèrent alors? non, pas un. Eh bien ! il en est ainsi de mes discours aujourd'hui et des discours de tout autre. Le talent des bons conseils, demandez-le à l'orateur; l'exécution, ne la demandez qu'à vous-mêmes. Je me résume et descends de la tribune... Si vous restez ici tranquillement assis, bornant votre zèle à de bruyants applaudissements et vous dérobant quand il faut agir, je ne connais pas de discours qui ait la vertu de sauver une cité où nul ne voudrait faire son devoir [Sur la Chersonèse) .
Voilà qui est d'une évidence invincible et force l'assentiment comme le résultat d'une opération arithmétique, selon la comparaison d'Eschine.
Démost.hène ignore les « longueries d'apprêt, » jamais il ne «'tourne autour du pot, » il va droit au fait. « Bref et sans feinte sera mon début, Athéniens. A mes yeux l'orateur sincère doit, dès les premiers mots, exposer nettement son avis. Son opinion connue, voulez-vous continuer de l'entendre ? il s'explique, il développe ses plans et ses moyens. Rejetez-vous son
manque à ce devoir est passible de la dénonciation appelée ilfjcL-^-^cXU. Uémosthène use volontiers de cette formule, afin de rappeler aux Athéniens son dévouement k la loi supérieure du patriotisme. Oratores attici, Didot, p. 376, § 7 ; Hypéride, Contre Polyeucte.
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snntimonl? il dcscond (!<• l;i tribune sans f.iligupr on vain voire patience et sa voix. Voici donc tout de suite ma pens('?e : la dômorralie est maltraitée ii Mitylén^*, vous (levez ven^M-r cetif* injure. Par <juels moyens? je |)uis le dire, (juaiid j'aurai établi la réalité de cette oppression et votre devoir d'y mettre un terme. » L'exorde est surtout nécessaire à l'avocat qui soutient ou paraît soutenir une mauvaise cause : <' Il lui est plus avantageux, dit Aristote, de s'arrêter à des digressions de toutes sortes, (pje d'en venir à sa propre affaire. Ainsi les esclaves ne répondent jamais directement k ce qu'on leur demande ; ils usent de détours, de préambules. » L'exorde dans le genre délibératif e.st court généralement, parfois même inutile. Tout le monde connaît le sujet dont on va s'occuper: l'exorde alor^ n'a d'autre objet (pje d'éveiller vivement l'attention de l'auditoire sur la gravité du débat et de lui inspirer des dispositions favorables à la personne ou à la thèse de l'orateur. Démosthène et ses principes sont assez connus des Athéniens; il n'a que faire d'user auprès d'eux des ressources du barreau; deux mots de préambule lui suffisent comme dans la Leptinimne. Court et plein de sens, voilà ce qu'il veut être; il s'en tient aux faits les plus connus et sous la main de tous ({làXiaxa Tipoyetpov). Il ne s'écoute jamais parler : il n'en a pas le loisir; il n'est pas monté à la tribune pour parler, si l'on peut dire, mais pour agir. Cette brièveté, toujours louable, était particulièrement nécessaire à un orateur dont les réprimandes n'avaient rien de flatteur pour la mollesse athénienne. Quelquefois on refuse de l'entendre; les uns crient : Parlez! les autres : Ae pariez pas ! Une autre fois, postés près de lui, l'un à droite, l'autre à gauche, Eschine et Philocrate l'interrompent, lui décochent des sarcasmes qui font rire
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l'assemblée. Si l'orateur a pu triompher du tumulte, il n'a pas encore vaincu les dispositions rebelles : il se hâte donc : il sent que l'on est impatient de se défaire de lui.
De même, chez Démosthône la péroraison est d'une simplicité remarquable. C'est la formule familière aux Attiques : « Je ne vois rien de plus à dire, et toutes mes paroles, je crois, ont été comprises; » ou une indication rapide des arguments développés. A la fin du discours la lumière est faite; le sentiment voulu par l'orateur est inspiré, ou il ne le sera jamais. Tel orateur, aussitôt après l'exorde, prépare sa péroraison : il craint que le souffle lui manque à la fin. Démosthène ne redoute pas ces défaillances : il se sent fort et sûr de lui; il n'a pas de troupes faibles à encadrer de soldats d'élite; chez lui tout est solide et ardent. Une chaleur intense anime ses harangues d'un bout à l'autre; la vie, l'âme y circule du premier mot au dernier, spiritus intusalit... A quoi bon ajuster une péroraison particulièrement soignée à un discours où la péroraison est partout ? L'orateur termine par quelques mots graves et simples, sans déploiement de gestes pathétiques et d'efiorts oratoires ; il descend de la tribune du même pas et du même air qu'il y est monté \
Démosthène réussissait peu dans l'improvisation;
' Les modernes, eu général, se croient obligés au grand coup ou au mot de la fin ; le goût antique est différent. Une ode toute pindarique d'Horace (Lebrun l'a jugée digne d'être traduite de sa main) se termine par ces mots : « Le jeune veau qui doit acquitter ma dette a le front marqué d'une tache de neige; le reste du corps est fauve (IV, 2). » Pindare finit en ces termes sa 4e Olympique : « Souvent les cheveux môme des jeunes hommes blanctiissent avant l'âge. »
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innis quand il rHait contraint fie parler à l'impromiilii, c'était avec une énerfjie su[)érieure à celle de ses discours écrits. I/ohIigation de se faire violence pour sortir en (juehpje façon de son naturel, imprimait à son esprit une secousse dont une vigueur sinjruliëre de langage était le contre-coup. Alors, sans doute. li]i échappaient ces hardiesses de termes ou d'images ^\\lp lui rej)roche Eschine. Dépourvu du don des productions faciles, il se défiait aussi de la vivacité quehjuefois indiscrète de son imagination et de ses sentiments. Il était parfois, dans ses discours, comme « transporté d'un enthousiasme divin. » Il était de sa n;iture irascihle et violent: d'autre part, il inclinait à l'ahus des raisonnements suhtils : de tout point, il avait donc besoin de se régler, de s'imposer le frein d'une préparation sévère. L'improvisation lui aurait lâché la bride, la jilume le contenait. Ainsi calmé, châtié, il était non seulement à couvert des railleries des comiques, mais incomparable de beauté. Le priait-on de monter à la tribune à l'improviste : « Je ne suis pas préparé » était son excuse. II connaissait les exigences d'un peuple artiste dont la délicatesse avait plus d'une fois chagriné ses débuts. Il jugeait prudent de méditer, d'écrire soigneusement ses harangues, afin de le contenter et de se contenter lui-même, dût la malignité le forcer à se justifier, comme dans la Midienne, d'une habitude dont les Athéniens étaient les premiers à profiter.
Démosthène avait l'imagination plus vigoureuse que prompte; avec cela, il était timide. Un exercice opiniâtre avait donné à sa voix la force de triompher du bruit des vagues : peut-être eut-il toujours de la peine à vaincre l'émotion que lui donnaient les tempêtes de l'assemblée populaire. C'est sans doute à la préoccu-
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pation d'un orateur facile à ti'ouljler, et obligé de con- (ier à un souvenir attentif ses fortes réflexions, que Démosthéne devait l'attitude méditative et soucieuse raillée par Escliine ^ Une élotjuence facile et spontanée lui aurait laissé plus d'aise et d'ab.uidon. Elle aurait doublé ses forces : la soudaineté de Tinspiralion est un des instruments les plus puissants de la parole et la source d'efl'ets irrésistibles. Telle est, dans le De oratore (II, 55), l'apostropbe foudroyante de Crassus contre un indigne descendant des Brutus, au moment où passe sur le forum le convoi funèbre de Junia, son aïeule.
Quels avantages l'éloquence instantanée n'a-t-elle pas sui* le discours prémédité ! Au lieu d'être réduiîe au silence par un adversaire peut-être indigne, elle est toujours à ses ordres, jamais à sa merci; elle le suit sur son tei'rain: à ses moyens préparés elle en oppose (jui jaillissent d'une conception subite, et sont marqués au plus liaut degj'é de la beauté expressive de la nature vivante. L'auditeur, qui les voit naitre, assiste à l'acte créateur du génie: il l'admire, et cette admiration le dispose cà se laisser persuader. Un trait pénétrant de présence d'esprit confond, cbàtie un interrupteur; une saillie beureuse peut rétablir une bataille à demi perdue. A (luoi sert d'avoir raison, si l'on ne peut le prouver aussitôt, alors que la réfutation doit, sans délai, détruire l 'elle t du discours de l'adversaire? Sans l'improvisation, l'orateur au fort de la
* A la tribune, avant de parler, « il se frotle le front ; » il prend « une attitude de charlatîin qui veut en imposer, » c'est-à-dire, sans doute, grave et recueillie. Escliine, Ambassade, Didot, p. 72, ^ 41). Quand il compose, il t eut son stylet près de sa bouche et le mord. Plutarque, Vie de Dèviosthène, "29.
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lîK^lép osl (h'^surmé. drs (ju'il a <^piiisé les traits apport(^s fin logis : rimprovisation lui <ti assure une provision toujours nouvelle. OrAce à elle, voyez comme Cicéron îi lorrass('» CloMius dans cette altercation passionn<^e au S(''nat. dont une de ses lettres retrace la peinfure {Ad Attiruni. 1. iO). Tn débat imjtrovisé est un diiel où l'attarjue et la réplique se croisent avec la rapidité de deux épées; la victoire y est quelquefois le prix de la dextérité la plus agile.
Se dérober <à rim[)rovisationest donc un défaut cbez un homme d'État, surtout à Athènes, où les citoyens du Pnyx, tenus journellement au courant des affaires publi(jues. représentaient comme un parlement en permanence. Les ministres-orateurs de la cité étaient aussi appelés à être ses ambassadeurs. Or. que penser d'un député atliénien capable de défaillances oratoires? Démosthène put souffrir cruellement, devant Philippe, d'avoir manqué de la promptitude d'éloquence dont se piquaient la plupart des orateurs de son temps. Python de Byzance se flattait de bien écrire, mais il savait improviser aussi. Démade avait la conception prompte et la parole alerte : souvent, parlant cà l'imprévu, il renversait sens dessus dessous toutes les raisons que Démosthène avait étudiées et préméditées de longue main. Quelquefois aussi, le voyant troublé, il venait à son secours et l'aidait à ressaisir son auditoire. Que dire d'Eschine, dont l'éloquence, au témoignage de son rival, coulait d'abondance, à flots rapides comme un torrent? Démosthène pouvait être touché de son infériorité à cet égard ; les modernes s'en félicitent. Les paroles sont ailées et s'envolent, les écrits demeurent. Que reste-t-il des brillantes improvisations de Démade, et quel dommage n'a pas infligé aux lettres grecques la fécondité fluide de l'é-
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mule de notre orateur ! Les trois Grâces^ dues au ciseau d'Eschine, avivent nos regrets d'être privés des œuvres primesautières, nées au jour le jour de dessins inspirés, mais fragiles.
Démosthène ne craignait pas les redites. Quand une période, une comparaison, un développement entier soigneusement élaborés, lui paraissaient aussi voisins que possible de l'idéal poursuivi, et dignes d'être conservés comme définitifs, il ne se faisait pas scrupule d'en réitérer l'emploi. Socrate^ s'excusait dédire toujours, sur le même objet, la même chose aux sophistes, penseurs en elTet très variés; Démosthène concentrait ses attaques sur les mêmes points faibles des Athéniens. Peut-être sont-ils blessés de ces redites : à qui les imputer? n'en sont-ils pas les premiers auteurs? « Changez de conduite, je changerai de langage. »
Dos pensées vraies et belles, une foisjetéesdansun moule digne d'elles, sont toujours bonnes à entendre au goût des attiques. S'appliquent-elles à propos? il est superflu d'en rechercher la première origine et la date de leur naissance. A deux années d'intervalle (355-353^, à la fin du plaidoyer Contre Timocrate, Démosthène reproduit une invective déj(à dirigée contre Androtion : « J'ai déjà eu l'occasion de prononcer les paroles que je vais dire ; mais ceux-là seuls d'entre vous les ont entendues, qui ont assisté aux débats soulevés par Euctémon. » Les tribunaux changeaient de juges tous les ans ; l'auditoire étant presque entièrement
^ Les critiques anciens désignent ainsi l'œuvre d'Eschine ; Contre Timarque, discours de l'Ambasaade, Contre Ctésiphon.
^ Le Pierrot du Festin de Pierre (le Convive de pierre) est socratique sur ce point. A Charlotte : » Je te dis toujours la même chose, parce que c'est toujours la ni^'uie chose; et si ce n'était pas toujours la même chose, je ne te dirais pas toujours la même chose. »
\'M\ l/l'LOC/l'KNCE l'OI.IIIf^lE EN GKKCE.
ronoiivolé, l'oniteur scdisponsîiitde se renouveler liiirrii^mc. Ailleurs D^'^mosllièrie .'ill('*gue qu'il revient sur (les faits déjù signalés, et diiris les rn^^nies termes, pour rinstniclion des jeunes m'n> (jui n'en ont été ni témoins ni auditeurs. Dans la se.conde l'hili]/]/i(iue il rejiroduit une petite harangue déjà prononcée à Messéne et dont la « vérité judicieuse » avait (lui-même a soin de nous rai)piendre) excité « les bruyantes acclamations» des .Messéniens.
A la nouvelle de la i)rise d'Klatée, dit le défenseur de (Itésiphon, « Je montai à la tribune, et je vous tins des discours que vous devez encore une fois écouter attentivement, pour deux raisons. D'abord, vous verrez (jue seul des orateurs et des politiques je ne désertai pas, au jour du péril, le poste du bon citoyen ; au contraire, mes discours, mes décrets, au plus fort de la crise, tendaient à vous sauver. Ensuite, les courts instants que vous consacrerez à m'entendre, vous donneront pour l'avenir de grandes lumières sur la suite de vos affaires*. » Démosthène omet une troisième raison: c'est qu'il aura autant de plaisir à redire ces discours, que ses concitoyens à les entendre. Homère ne manque jamais de répéter textuellement les messages ou les discours de ses personnages. C'est chez lui commodité, simplicité naïve. Les orateurs attiques suivent cet exemple par scrupule artistique. Ceci est bien, tenons-nous-y : le mieux est quelquefois l'ennemi du bien. Ainsi en usent nos virtuoses : s'ils excellent à certains morceaux où leur talent donne toute sa mesure, ils s'y attachent et ils vont en faire admirer l'exécution par toute la France '.
Il nous faut du nouveau, n'en fût-il plus au monde :
* Eschine a reproduit tel de ses discours jusqu'à trois fois; Didot, p. 68, I 25. Quelquefois, les orateurs athéniens copient
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