‹ L'éloquence sous les CésarsChapitre 19 sur 106 · PART. I. — VIII. GALBA, OTHON, VITELLIUS · texte numérisé non relu

PART. I. — VIII. GALBA, OTHON, VITELLIUS

tence de nouveau. Lélius alors de faire charger de la cause Servius Galba, dont la parote plus élégante et plus forte aurait plus de poids et d*autorité pour la défense. Les chevalliers se rendirent à son avis et donnèrent la cause à Galba, qui n'eut qu'un jour pour l'étudier. Au milieu d'une grande atteste et d'un nombreux auditoire, en présence de Léliiis lui-môme, Galba plaida avec tant d'élévation et de tôhémence, qu'lî n'y èiit peut-être pas un ^ul passage de son discôiirfe qui nfe fût applaudi. Aussi l'émotion et le pathétique de Porateur firent-ilB, à la satisfaction générale, absoudî*e les âtccuséfe. » Ces deut triomphes montrent dans ServiuS Galba lé premier orateur de son temps ; les Gracques, il est vrai, li'avaient pas entore paru. Toutefois, irenïarqnons*-Ie, cet orateur divin, comme le proclame Scévôla, n'avait qu'une connaissance médiocre des lois, igharutn lèrjum, n'était même pas très-versé dans le droit cô^tumiéi"^ hœsitaniem in majorum insiitutts, et n'entendait rîeri ah droit civil, rudem injure civili *. La nature d'abord, puis l'atmoèphère de liberté qu'il respirait, suffirent amplemeîit à son éducation oratoire.

Son fils, Caïus Galba, dont nous trouvons également féloge dans lé Bnttus, formé à l'école de son père, fit ses débuts à une époque déjà plus littéraire, après les deux iGracques, dont il est inutile de rappeler l'éloquence aussi populaire que savante. Sentaient, inférieur, croyons-nous, au' talent de Servius, puisait sa principale force dans une certaine sensibilité naturelle, naturalis quidam dolor, qui donnait la flamme à sa parole, l'élévation, le mouvement et la véhémence à son discours. « Mais, ajoute Cicéron *, lorsque dané ses loisirs il venait à prendre le stylet et que le souffle de la passion avait disparu, sa langue devenait flasque et terne. » Caïus n'en jouissait pas moins de l'es-

» De Orat., i, 10. — « Brutus, St.

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time générale ; le nom de son père et son propre mérite en firent un personnage, auquel le grand orateur Publius Crassus ne craignit pas de donner sa fille. Mais sa course ne fut pas longue : soupçonné d'avoir prêté l'oreille aux sourdes menées de Jugurtha, il fut obligé de se défendre et succomba. Les discours écrits qu'il laissa et que nous n'avons plus, malgré la critique probablement fondée que Cicéron fait de son style, restèrent longtemps en si haute estime, qu'on en citait, comme modèle aux jeunes gens, pour les former à l'éloquence, une péroraison.

César * parle d'un Servius Galba, petit-fils probablement de ce dernier, qu'il envoya vers l'an 88 ou 59 avec la douzième légion et une partie de sa cavalerie à Sion dans le Chablais et sur les bords du Léman, pour s'ouvrir un passage à travers les Alpes. Galba eut mission d'hiverner dans ces parages ; il livra plusieurs combats heureux, s'empara de plus d'une forte position, et reçut des députés et des otages des peuplades d'alentour. Mais, quand il voulut s'établir pour l'hiver à Martigny et se pourvoir des vivres nécessaires, les Helvètes n'y consentirent point et vinrent l'assiéger dans son camp, d'où il ne sortit qu'avec peine pour se retirer chez les AUobroges après avoir, selon l'usage, tout brûlé autour de lui. C'est probablementle même que Suétone nous dit avoir été complice de Brutus, et qui serait alors l'aïeul de l'empereur. « Il se distinguait plutôt par ses éludes que par ses dignités, puisqu'il ne s'éleva pas au-dessus de la préture ; il publia une histoire volumineuse, et qui ne manque pas de soin, ajoute le biographe *. » Il est assez curieux de voir cette histoire, que le temps n'a pas plus épargnée que bien d'autres, relatée au cinquième siècle par Paul Orose : a Galba écrit, dit-il ', que, dans la guerre contre Sertorius, Pompée commandait

1 Comm, y m, 1-6. — « Gaiba, 3. — » v, 33.

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