GRAMMAIRE
Les écoles, du moins, vont-elles réagir contre cette influence délétère des institutions politiques ? Et le pourront-elles ? C'est ce qu'il s'agit maintenant d'examiner. Un mot d'abord sur l'éducation romaine avant Auguste.
Jusqu'à ses relations avec la Grèce, c'est-à-dire jusqu'au deuxième siècle environ avant Jésus-Christ, Rome, toute à sçs guerres du dehors et à ses dissensions du dedans, n'a pu ni voidu s'occuper de l'éducation littéraire ; elle s'est reposée de ce soin sur la soUicitude des parents, du père en particulier, auquel elle a laissé une autorité illimitée, excessive sur ses enfants. Le père, de son côté, soldat et'laboureur tour à tour, magistrat civil ou religieux par circonstance, a borné pendant longtemps l'instruction de ses fils à des notions pratiques d'agriculture et d'art militaire, à Is^ connaissance des cérémonies du culte public et des pra^ques du culte domestique. Den'ière le père l'État se montre, mais r^^rement, avec discrétion: ainsi, quand la loi des Douze Tables fut écrite, les enfants durent la lire sur des ppteaux de bois placés dans le Forum, l'apprendre par cœur et la chanter. A défaut du père, c'était un oncle, un tuteur réputé pour sa gravité, qui présidait à ces premiers exercices de l'enfance. Ce n'est pas
M l'éi^qcjence sous les césars.
(|a*n n*jr eût, même alors, absolument aucune école publique à Rome : le juste châtiment, infligé par Camille à ce maître d'école qui lui avait livré les enfants des nobles de Faléries, prouverait le contraire. Mais elles étaient ou peu nombreuses oude peu d'importance : on ne devait yapprendre que les éléments, c'est-à-dire la lecture et l'écriture, ainsi que les principes généraux et tout à fait rudimentaires d'agriculture, de religion et d'art militaire, dont nous ^ avons parlé. Vers le deuxième siècle avant notre ère, les choses changent de face. Les maîtres abondent et les matières de l'enseignement se multiplient : ces beaux parleurs, venus presque tous de la Grèce, esclaves pour la plupart, donnent des leçons de grammaire, de rhétorique, de philosophie, de mathématiques, et fondent ce que nous appellerions l'enseignement secondaire. Les études qui couronnaient l'éducation, se faisaient dans des écoles d*un ordre supérieur, où Ton professait la jurisprudence, la médecine, les arts du dessin, l'astronomie, les sciences, l'histoire et les antiquités, la haute philosophie et la théologie, si le mot n'était pas trop moderne. Mais ce n'était guère qu'à Rome, à Syracuse, à Byzance, à Rhodes, à Alexandrie, àAutun, à Marseille, à Carthage et principalement à Athènes que se donnait ce haut enseignement. Toutefois, les villes un peu considérables de l'Empire avaient, on revanche, des écoles de grammaire, de rhétorique et de philosophie, qui n'étaient ni sans importance ni sans utilité. Puis, lorsque le jeune homme avait par- (^oiini 1(î cercle de ces différentes écoles, s'il appartenait à une maison bien posée, riche, noble surtout et patricienne, il allait terminer ses études en Grèce presque toujours, à Marseille quelquefois, vers l'époque d'Auguste. De quelque nature et de quelque ordre que fussent ces écoles, ne l'oul)lions pas, elles tendaietit toutes à préparer le jeune hoiiime à la politique et à la guerre ; on voit, par les noms