‹ L'éloquence sous les CésarsChapitre 28 sur 106 · PART. II. — IV. VERRIUS FLACCUS · texte numérisé non relu

PART. II. — IV. VERRIUS FLACCUS

VERRIUS FLACCUS.

Le premier qui se présente, c'est Verrius Flaccus, fils d'un père affranchi, libertinm; nous ne sommes pas, encore bien loin de la condition primitive des grammairiens. Cet affranchi s'appelait, comme son fils, Verrius Flaccus; c'était un jurisconsulte distin^é, de plus un ami de Cicéron. Choisi par Auguste pour être le précepteur de ses petits-fils, Caïus et Lucius Agrippa, quand déjà sa réputation de maître était faite, notre Verrius vint s'établir dans la maison de l'empereur sur le Palatin, Paiatium, avec toute son école, la plus renommée du temps. Mais le prince lui imposa la condition de ne plus prendre d'élèves à l'avenir. Son cours se donnait dans l'atrium de la maison de Catilina, qui faisait alors partie du palais, et lui rapportait 100,000 sesterces, somme égale à celle que Quintilien reçut plus tard de l'avare Vespasien. Il mourut sous Tibère dans un âge fort avancé, laissant après lui la réputation d'un érudit de premier ordre, réputation qu'il devait à de nombreux ouvrages. Le plus digne d'être cité parmi ces ouvrages, celui qui a pour titre De verborum significativne, son dictionnaire enfin, « représente à peu près le dernier effort de la critique romaine dans cette branche de la grammaire *. » Sans prétendre à une monographie complète sur ce philologue, nous pouvons ajouter que son lexique, en grande partie mutilé ou même disparu, a été abrégé au troisième siècle par le grammairien Festus, et plusieurs fois réimprimé avec des fragments d'un autre traité de Verrius, dont Suétone fait mention. « Verrius,

» Egçer, ftg/.,l.

dit-il, a une statue à Préneste, au bas du Forum, en face de rHémicycle, où il avait exposé les Fastes, mis en ordre par lui et gravés sur une muraille de marbre *. C'est sans doute pour avoir été publié à Préneste que ce traité a conservé le titre de Fastes Prénestins» Ce calendrier, fort précieux pour nous, vit encore dans quelques fragments, dé. couverts au siècle dernier et publiés par Faggini ^, neuf ans après leur découverte. Pline et Macrobe, dans plusieurs passages, nous peignent cet auteur comme un antiquaire distingué, et naguère un critique éminent avançait, d'après ces deux autorités et d'autres encore, que ses livres et ceux de Varron, comme généralement ceux des grammairiens voisins ou contemporains d'Auguste, étaient indispensables à l'intelligence des antiquités romaines, laissées dans l'ombre ou légèrement abordées par les grands historiens de Rome. Ce n'est, en etîet, ni à Salluste ni à Tite-Live qu'il faut demander des renseignements sur la vieille langue la* tine, sur ses transformations successives, sur ses rapports d'emprunt ou de parenté avec le grec ; ils ne nous font pas pénétrer davantage dans la vie privée des Romains. Ce sera l'un des mérites des érudits, de Verrius en particulier, qui paraît s'être beaucoup occupé de ces matières. Macrobe, qui le cite pour sa connaissance du droit pontiflcal,yMrw pontificii peritissimum, mentionne de lui un troisième Iraité, intitulé Saturne^; et Pline, qui semble en avoir fait une étude approfondie, témoigne en deux endroits* qu'il a fouillé dans les vielles coutumes de Rome» en nous rapportant, comme de lui, que Tarquin l'Ancien avait à son triomphe une tunique dorée, et qu'au sien Camille avait le corps enduit de vermillon. Là ne se bornent pas les œuvres qu'on attribue à Verrius : Aulu-Gelle * parle de Saturnales et de

1 Gramm., 17. —«Rome 1771. — «Sa/Mrw.,i, 4, IC. — * xxxiii, 3, 7.

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