‹ L'éloquence sous les CésarsChapitre 37 sur 106 · PART. III. — VIII. QUINTUS GORNIFICIUS · texte numérisé non relu

PART. III. — VIII. QUINTUS GORNIFICIUS

pellatione solem intelligi scribii, eut unda Oceani velut dapes ministrat *, » passage qui, pour le dire en passant, prouve, entre mille autres, que déjà, sous Auguste, bien des lettrés n'apercevaient dans le polythéisme qu'un symbole poétique de la nature. Mais ce sont ses travaux sur la rhétorique surtout qui ont valu à Cornificius une petite place dans l'histoire littéraire. Nous avons vu plus. haut l'estime que Cicéron faisait de son talent ; il n'est pas non plus invraisemblable, bien que le grand orateur ne le dise ntiUe part expressément, qu'il ne l'ait guidé dans ses études oratoires. Quoi qu'il en soit, il est constant que Cornificius a écrit sur la rhétorique : Quintilien * parle d'un ouvrage sur les figures qu'il cite souvent dans le cours de ses Institutions. Cornificius est-il ou non Fauteur de la Rhétorique à Hérennius, que Ton édite d'ordinaire avec les œuvres de Cicéron? C'est une question depuis longtemps controversée, qui n'a pourtant pas une haute importance, mais qui a divisé et qui divise encore le camp des érudits. Avant de nous prononcer nous-méme, disons un mot de la querelle. Quintilien cite tous les ouvrages de Cicéron, tant ses traités de rhétorique que ses discours, et n'invoque jamais le témoignage du traité dédié à Hérennius. Voilà déjà une prévention qui n'est pas sans valeur aux yeux de ceux qui revendiquent cette œuvre pour Cornificius. D'après Schiitz, le savant éditeur de Cicéron, tous les passages que Quintilien rapporte comme de Cornificius, se retrouvent dans la Rhétorique à Hérennius ; c'est aussi l'avis de Spalding, à qui nous devons d'estimables commentaires sur les Institutions Oratoires, et de Riccoboni. J. N. Funck, dont l'opinion a bien quelque poids, dit en propres termes que Cornificius est ians aucun doute (procul dubio) l'auteur du livre contesté '. Seulement il ne sait

» SaU, I, 23. — • IX, 3. — « Sén., vi, 1(V

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au juste auquel des Cornificius déjà mentionnés il doit en faire honneur; ce qui le décide, c'est le style de cette rhétoriqije, bien différent à ses yeux, comme aux nôtres, du style de Cicéron. Vossius le père partage et son opinion et son doute. Fabricius, à Tinstar des critiques prudents, n'ose se prononcer ouvertement : ce traité pourrait bien être, d'après lui, du fils de Cicéron ou d'un certain Lauréa, affranchi de l'orateur, qui portait aussi le nom de Cicéron, ou même de Tiron que Pline et Suétone citent parmi les rhéteurs ^ à moins, ajoute-t-il, qu'il ne soit de Gallion le père *. Qu'cst-il besoin de recourir encore au témoignage de Schurtzfleisch, le savant critique de Vittemberg, à qui nous devons une dissertation sur cette matière ? D'autres philologues, sans se prononcer aussi clairement, se contentent de croire que l'ouvrage en question n'a pas le môme auteur que le Brutus ou le De oratore, et ne vont pas jusqu'à l'attribuer à Cornificius, ou même, comme Schtttz, à Antonius Gniphon. Schœll, dans son livre qui lient plus du catalogue que de l'histoire littéraire, garde la neutralité. Mais l'un des derniers éditeurs de Cicéron, juge compétent, n'a pas craint de contredire les opinions que nous vêtions de rapporter, et de se déclarer formellement en faveur de Cicéron. Qu'il nous permette de lui soumettre les observations suivantes qui nous empochent de nous ranger à son avis.

1* On trouve dans la Rhétorique à Hérennius ^ cette singulière définition de ^histoire : « Historia est res gesta^ sed ab œtatis nostrœ memoriâ remota^ » qui ne s'accorde nullement avec la définition si juste et si connue qu'en donne Cicéron dans le De inventione.

2** On prétend, pour expliquer la nature et la qualité du style, que cette rhétorique est l'œuvre de Cicéron encore

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