‹ L'éloquence sous les CésarsChapitre 48 sur 106 · QUINTILIEN · texte numérisé non relu

QUINTILIEN

Du temps de Sénèque déjà, mais surtout après lui, sous Claude et sous Néron, deux partis s'étaient formés dans la littérature et par suite dans l'éloquence, le parti des Anciens et le parti des Modernes. C'est une vieille question qui s'agite depuis l'origine du monde, de savoir si nos pères valaient mieux que nous, ou si, par la force des choses, nous devons à la longue l'emporter sur eux ; de savoir, en un mot, s'il y a ou non progrès continu dans la marche de la civilisation. Sans revenir sur un sujet qui a produit tant de volumes, nous sommes obligé d'en dire quelque chose pour mieux faire comprendre le rôle que va jouer Quinti lien dans le domaine si restreint de l'éloquence impériale.

Le premier à Romef Horace * pose le problème d'une manière précise, mais le résout à sa manière : « La foule, dit-il, n'aime et ne recherche que ce qui est éloigné de son temps et de son pays. » C'est là sans doute une exagération, un défaut de jugement qui n'est toutefois pas sans cause. Qui peut, mieux que le temps, consacrer les œuvres du génie ? Jtfais Horace est-il bien venu à mettre ses contemporains au-dessus des Grecs ?

Pingimus atque PsallimuB et luctamur Âchivis doctius uuctis.

La chose est au moins douteuse : jamais l'esprit latin

, * Episi» II.

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