‹ L'éloquence sous les CésarsChapitre 66 sur 106 · XXXIII, 3. — « XXXIV · texte numérisé non relu

XXXIII, 3. — « XXXIV

gusiCy, que Ton a coutume de lui attribuer et qui s'imprime d'ordinaire avec l'histoire de Florus. C'est une œuvre supposée, tout à fait indigne d'un aussi grand homme. » Mais nous est-elle parvenue dans sa pureté primitive, à l'abri des mutilations et de l'ignorance du moyen âge ? Le doute, tout au moins, est permis.

Les critiques citent encore de Messala un Traité sur les arusptces, des ouvrages sur la grammaire, voire même sur les lettres, sur l'S en particulier. « Messala, dit Quintilien, eut-il moins d'éclat dans le style pour avoir composé des ouvrages entiers, noji-seulement sur chaque espèce de motSy mais aussi sur les lettres * ? » Mais il est difficile de décider à quel ouvrage fait allusion Sénèque le Philosophe , lorsqu'il écrit à Lucilius : « Je ne vois pas pourquoi Messala ou Valgius (car je l'ai lu chez ces deux auteurs) ont dit que l'Etna était l'unique volcan *. »

11 est constant, au r^ste, et Sénèque le Père l'a remarqué, que les connaissances de Corvinus étaient universelles. Les arts mêmes ne lui étaient pas étrangers, et Pline nous informe qu'il fit apprendre la peinture à un certain Q. Pédius, Tun des héritiers de César et son propre parent par sa grand'mère; décision approuvée par Auguste ^. C'est bien cette passion de l'étude, cette avidité de tout.savoir qui usa l'heureuse et forte constitution du compagnon de Bnitus et de Cassius, d'Antoine, d'Auguste et d' Agrippa. Mais, s'il mourut après avoir oublié jusqu'à son nom, les contemporains et la postérité n'oublièrent pas sa vie exemplaire, son âme noble et grande, son éloquence majestueuse, son savoir extraordinaire. Les ennemis secrets de l'Empire et les admirateurs du passé le vénérèrent comme le type de l'honnête et courageux patricien, qui resta tou-

ï 1, 7. — « Utt. 51. — 3 XXXV, 4.

jours fidèle aux saines traditions de la vieille république.

Que devint, après et sous Auguste, cette ancienne et riche Taihille, dont le chef venait de s'éteindre ?

Tibulle, dans une de ses élégies ^ félicite un fils de Messala d'être entré dans le collège des Quindécemvirs, chargés de veiller à la garde des livres sybillins, sacras chartas^ et le vante de ce qu'il fera, plutôt que de ce qu'il a fait. Ovide aussi, du fond de son exil, écrit à ce Messalinus : « Tes mœurs, lui dit-il, sont encore plus nobles que ta race ; ton âme honnête est l'image de l'âme de ton père qui t'a légué son éloquence *. » Autre part, Ovide implore son intercession puissante auprès d'Auguste : « C'est le moment de faire appel à cette parole brillante, ntVor, que lu dois à ton père, et qui t'a permis d'être utile aux accusés dans la détresse ^. » Il n'oublie pas non plus Maxime, avec lequel il se déclare uni comme Castor l'était avec PoUux, et qui ne désavoua point son amitié, quand le malheur vint à fondre sur lui *. C'est ce même Messalinus dont nous lisons l'éloge suivant dans Velléius Paterculus ? « Ce fils de Mcssala, dont l'âme était plus noble encore que la race, si digne et d'avoir Corvinus pour père et de laisser son surnom à son frère Cotta, étant gouverneur de l'Illyrie, se vit tout à coup cerné avec la moitié de la vingtième légion par ses peuples révoltés ; il mit en fuite une armée de plus de vingt mille hommes et fut honoré, pour cet exploit, des ornements du triomphe *. » Quant à Valérius Cotta Messalinus, qu'Ovide et Tibullc regardent comme un grand

« II, 6. — * ^^<^, IV, 4. — » Pont,, ii, 2. — * Pont., i, 8. — •Veir., II.

Page 1