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L'ÉMAIL PEINT EN FRANCE AU \VIU SIÈCLE

de trop près le dessin, il est en général détestable. CoulV II fait aussi usage de ces glacis très transparents

Aiguière peinte en grisaille par Couly II Noylier. (Collection Spitzer.)

pour teinter ses grisailles, mais il a peint également des grisailles toutes simples. Comme le précédent, il abuse

L'ÉMAILLKIUE.

des inscriptions dont il tire, tant elles sont lourdement tracées, un médiocre parti au point de vue décoratif, ainsi que ses contemporains. Les dales relevées sur ses émaux sont celles de 1559 et de 1541, et il vivait encore en 1588. 11 ne se contente pas de faire des plaques, il fait aussi de la vaisselle émaillée, et Ton peut voir au Louvre et dans la collection Spitzer deux buires et des coupes sorties de ses mains. Le faire en est large, et en certaines occasions on pourrait, tant cet artiste est inégal et journalier, confondre ses émaux avec ceux de Léonard Lirnosin. Sa signature est fort simple : le nom Colin dans un cartouche ou bien les initiales C. N. et quelquefois une date.

Il n'est pas certain que Pierre Ier soit le frère de Côuly Noylier; dans tous les cas rérnailleur qui signe P. N. ou Pierre Nouailher et qu'il ne faut pas confondre avec Pierre II, qui vivait au xvne siècle, est un frère beaucoup plus jeune, puisqu'il lui naissait un fils en 1605. Pierre Ier est donc un émailleur de la fin du xvie siècle; mais il pratique encore la grisaille ou la grisaille teintée connue à la bonne époque de l'émaillerie. Il n'a pas complètement mis de coté les inscriptions; c'était décidément une manie de famille.

Nous laisserons provisoirement de côté les Noylier pour nous occuper d'autres émailleurs qui ont joui et jouissent encore dune réputation plus méritée.

Les Reymond. — Jusqu'ici nous avons vu de véritables dynasties d'émailleurs : les Reymond ne font pas exception à la règle. Mais seul Pierre Reymond, l'un des plus

L'ÉMAIL PEINT ES FRANCE AU XVIe SIÈCLE.

connus de tous les artistes limousins et aussi l'un plus féconds, mérite de fixer l'attention. Les autres membres de la famille, dont les œuvres sont, du reste, assez rares et de mauvais style, ne possèdent pas une manière qui leur appartienne en propre. Voici, d'après les documents conservés aux archives municipales de Limoges, la succession des artistes de cette famille :

Jean, émailleur,

Martial II.

émailleur, f 1630.

JoSEPH-FUANÇOIS,

émailleur.

Gaimuel, né en 10 18

Jean. Fram:oise. Jeaîune.

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