‹ L'embryologie comparéeChapitre 31 sur 117 · PLATHELMINTHES · texte numérisé non relu

PLATHELMINTHES

parfois aux ordres voisins. Ainsi le Tcenia médiocaneUata qui, adulte, habile l'intestin de l'Homme, est capable de vivre, à l'état larvaire, dans les tissus de la plupart des Ruminants; do même encore, le Tcenia echinococcus, adulte dans l'intestin du Chien, vit et se développe, sous sa forme embryonnaire d'hydatide, tout aussi bien dans les viscères de - l'Homme que dans ceux du Mouton. — Mais si la tolérance des larves est assez grande pour leur permettre de conserver leur vitalité, bien que placées dans des milieux assez différents les uns des autres, il n'en est pas moins vrai que la migration dernière, celle qui amène le parasite dans son hôte définitif, est rigoureusement déterminée, en ce sens qu'elle est subordonnée au mode d'alimentation de ce dernier. Ainsi, ceux des embryons du Tœnia echinococcus, qui parviennent dans un hôte humain, se perfectionnent tout aussi bien, et même mieux, que ceux établis, par le hasard des migrations, dans le corps d'un Mouton; et cependant ces derniers seuls ont des chances d'arriver à l'état adulte, en pénétrant dans l'intestin d'un Chien, car il est assez fréquent que des chiens mangent de la chair de mouton infestée, alors qu'il faudrait un concours de circonstances extraordinaires, pour que des chiens viennent à se nourrir de la chair d'un homme porteur d'hydatides.

Dans les descriptions suivantes, l'être habité par l'adulte sera nommé l'hôte définilif. Il appartient d'ordinaire à une espèce déterminée pour chaque parasite. Cependant la tolérance, assez large, s'applique non seulement aux espèces les plus proches, mais encore aux genres et aux ordres voisins : tel est, par exemple, le Distomum lièpaticum des Ruminants, qui est capable de vivre, en surcroît, à l'état adulte, chez l'Homme. — Les divers habitats des embryons seront désignés par 1 expression iVhabitals intermédiaires; ces habitats sont des milieux ou des hôtes organisés. Le milieu intermédiaire le plus fréquent est l'eau. Les hôtes intermédiaires appartiennent, dans la règle, à une espèce donnée pour cliaciue parasite, espèce dont les individus servent de nourriture habituelle aux hôtes définitifs. Une tolérance assez vaste s'établit ccjiendant pour les hôtes intermédiaires comme pour les autres; tel est le Tœnia echinococcus déjà cité, dont les embryons se trouvent tout aussi bien des tissus de l'Homme que de ceux du Mouton. — Mais il ne faut pas oublier que cette tolérance sert seulement à ménager la vitalité du parasite; l'évolution complète nécessite des circonstances plus serrées et plus précises, destinées à permettre sûrement le passage, du parasite, de son milieu intermédiaire dans son véritable hôte définitif.

11. Etude spéciale. — Mettant à part diverses espèces de parasites, appartenant aux classes des Némertines et des Turbellariés, et dont I évolution n'est pas encore bien connue, les seuls Plathelminthes, auxquels s'impose la nécessité des migrations embryonnaires, sont les Trématodes et les Cestodcs.

Thématodes. — Les migrations n'existent pas, ou sont à peine indi-

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quées, chez la jjlii[)art desEctoparasites; elles acquièrent pourlaiil, chez ceux d'entre eux qui vivent dans les cavités organiques de leurs hôtes, une certaine complexilé. Ces dei'uiers élahlissent, sous ce rapport, un passage vers les Eiidoparasiles, où ces phénomènes de migration possèdent une grande importance.

Presque tous les Ectoparasites vivent sur les téguments de leurs hôtes. Ceux-ci sont des animaux aquatiques; aussi, les parasites se bornent-ils à rejeter leurs œufs fécondés dans l'eau environnante, et les larves se développent dans cette eau. Après une certaine période de liberté, les larves se fixent aux corps étrangers qu'elles rencontrent; si le hasard les amène sur un être capable de constituer un hôte définitif, elles achèvent leur évolution, et passent à l'état adulte. La migration, dans ce cas, n'existe pas à vrai dire; elle consiste en un transport possible de la larve, grâce à sa période de vie libre, sur un hôte diOërent de celui qu'habite son générateur.

Les faits sont plus compliqués pour ceux des Ectoparasites qui habitent, non les téguments de leur hôte, mais des cavités ouvertes au dehors, et ne s'enfonçant pas trop dans l'intérieur du corps : tel est le Pohjstomum inteyerri/num, qui se trouve dans la vessie urinaire des Grenouilles. Le parasite pond des œufs; ceux-ci, en passant par l'orifice doacal de l'hôte, tombent dans l'eau. Les embryons éclosent; ceu.x qui, parmi eux, arrivent à se fixer sur des branchies de Têtards, se développent seuls; ils se transforment en adultes de petite taille. Pour acquérir leurs dimensions normales, ils sont obligés de passer de la cavité branchiale dans celle de la vessie urinaire, en parcourant l'intestin entier de l'hôte; après quoi, le cycle recommence. — Les représentants de cette espèce, durant leur période de fixation sur les branchies des Têtards, ressemblent beaucoup à des Gyrodactyles, et sont même capables de se reproduire [lar des procédés analogues. Une telle concordance autorise presque à supposer que les (îyrodactyles, avec leur remarquable emboîtement de descendants, correspondent peut-être à des Polystomes dont l'évolution n'est pas terminée.

Les migrations des Trématodes Endoparasites sont plus complexes encore. Ces êtres, lorsqu'ils sont adultes, habitent d'ordinaire les tissus d'animaux terrestres ; et, comme il est nécessaire à leurs larves de se dévelo[)per dans l'eau, le transport au travers de milieux et d'hôtes intermédiaires acquiert une grande importance. — Le cas le plus simple est offert par les espèces, dont les larves se bornent à vivre dans l'eau, et sont absorbées par l'hôte définitif avec sa boisson. Le mode le plus fréquent, elle plus complexe, est celui dans lequel les larves commencent par se déplacer librement dans l'eau, puis vont s'établir dans les tissus d'un ou de deux hôtes intermédiaires, qui sont toujours des êtres aquali(|iies. Tel est le Dislomniii lirpalicuin. Ce Trématode habite, à l'état adulte, les canaux hépatiques des Ruminants, et parfois ceux de l'Homme; ses œufs sont rejetés au dehors avec les excréments de l'hôte, et ceux

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(l'ciilrc eux. (lui lomljent dans l'eau, éclosent seuls. Les larves nagent dans 1(- milieu qui les entoure ; s'il en est, parmi elles, qui trouvent à se lixer sur le corps de divers Mol!us(|ues, t<ds que les Lymnées, leur évolution continue. Elles s'enfoncent dans les tissus île leurs liùtes, s'y convertissent en Sporocystes, et produisent des Rédies, qui engendrent des Cercaires à leur tour. Ces derniers, en traversant de nouveau l'organisme de l'hôte, deviennent libres, et, tantôt se meuvent dans l'eau durant un certain temps, tantôt vont se fixer sur des téguments de Mollusques, on sur des feuilles de plantes aquatiques. En cet état, ils deviennent immoliiies, et s'entourent d'un kyste, composé d'un mucus épais, chargé de granulations, que produisent des éléments spéciau.x, dites cellules ciisto(jènes. Si les Mollusques, ou les végétaux, porteurs du parasite, ou encore l'eau qui les contient, sont absorbés par des Ruminants, ou par l'Homme, les Cercaires sont avalés en même temps, ne sont point digérés, arrivent dans le foie, et s'y transforment en adultes.

Les auteurs décrivent ces migrations comme si les hôtes intermédiaires devaient rigoureusement appartenir à une espèce donnée. Il est probable (]u'il n'en est pas ainsi, et que la tolérance est large. Sans doute, l'habitat intermédiaire normal des larves de Trématodes Endoparasites i^st l'eau. La fixation sur des animaux aquatiques est un phénomène plutôt accidentel, capable d'être omis sans entraver le développement, et qui a surtout pour effet, en donnant aux embryons une nutrition surabondante, de permettre leur multiplication par gemmules.

Cestodes. — Les migrations des Cestodes comportent deux habitats intermédiaires successifs, du moins dans la jdupart des cas : un milieu d'abord, et un hôte ensuite. — Le milieu est l'eau pour les embryons de presque tous les représentants de la classe, sauf pour ceux des Téniadés. Les générateurs, vivant d'habitude dans la cavité intestinale des êtres qui les portent, rejettent leurs œufs, ou leurs proglottis pleins d'œufs, dans cette cavité, d'où ceux-ci sont entraînés au dehors avec les excréments de riiôte. Ceux qui, parmi ces œufs, sont conduits dans l'eau, avant que les circonstances extérieures défavorables ne les aient tués, se développent seuls; chacun d'eux produit une larve ciliée, composée de l'embryon acanthopliore, ([u'entoure l'endamnios; ce dernier porte des cils vibratiles. — Le milieu intermédiaire est le sol pour les Téniadés. Les proglottis sont rejetés au dehors, avec les excréments de l'hôte qui contient le parasite adulte, et tombent sur la terre. La paroi des proglottis se décompose; mais il n'en est pas ainsi pour les œufs, que protègent d'épaisses coques protectrices. Ceux-ci sont capaiiles de résister, pendant plusieurs mois, à la dessiccation, et même de commencer leur évolution, pour la continuer jusqu'à ce qu'ils soient convertis en embryons acantho[)hores.

Quel que soit le mode employé, le petit Cestode doit encore passer par l'organisme d'un hôte intermédiaire, avant de parvenir dans celui de l'hôte définitif. Sous la réserve d'une toléj'ance déjà indiquée, ces

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hôtes intermédiaires appartiennent à un groupe déterminé pour chaque parasite. Ceux des Téniadés sont des animaux terrestres; ceux des autres Cestodcs sont dos animaux aquatiques, des Poissons le plus souvent. — II est nécessaire que cet hôte avale la larve lihre, ou, suivant le cas, l'œuf déposé sur le sol; dans l'un comme dans l'autre procédé, les petits êtres ne sont pas digérés, et arrivent dans la cavité intestinale de l'hôte. Chaque embryon acanlhophore s'y débarrasse de ses enveloppes ramollies par les sucs digestifs. Il perce ensuite, grâce à ses crochets, la paroi de l'intestin, et passe, soit directement, soit en se faisant transporter par le torrent circulatoire, dans la profondeur des tissus; il se convertit alors en Plérocerque, ou en Cysticerque. Les tissus, choisis de préférence, sont les bandes connectives interposées aux faisceaux musculaires, ou aux éléments constitutifs des viscères. La présence de la larve, dans ces régions, a pour effet d'y déterminer une petite inflammation locale, qui se résout par la formation de membranes fibrincuses; l'embryon est ainsi entouré d'enveloppes lui composant un kyste, et l'on dit qu'il s'estenkystê. — Il demeure dans cette situation, et vit à l'état latent, sans compliquer davantage son organisme. Il est capaljle de rester longtemps sans périr, pendant plusieurs mois, et même pendant quelques années; mais une durée trop longue, sous cette forme, finit par lui être funeste. La mort est amenée par le dépôt, et par l'accumulation lente de sels calcaires dans ses cellules.

Si, avant que cette fin n'advienne, les tissus qui contiennent la larve sont mangés par un animal susceptible d'être un hôte définitif, les enveloppes du kyste sont digérées; le petit parasite se trouve ainsi dépouillé, et libre dans la cavité intestinale de cet animal. Il dévagine sa tête, se fixe à la paroi de l'intestin, et se convertit en adulte.

Un exemple du premier procédé, de celui (juise caractérise par l'existence de phases larvaires aquatiques, est offert par un parasite de l'Homme : \e Bothriocepltalits latiis. Les œufs rejetés éclosent dans l'eau; les larves nagent d'abord, et celles d'entre elles qui sont avalées par divers Poissons d'eau douce, tels que le Brochet et la Lotte, se changent en Plérocerques dans les muscles de ces hôtes. Si la chair de ces derniers, cuite d'une manière insuffisante, est absorbée parl'Homme, les embryons se transforment en adultes. — Un exemple du second mode, dans lequel le sol est le milieu intermédiaire, est présenté par un autre parasite de l'Homme, le Tœnia soiiHm.Coxw qui, parmi les œufs expulsés, sont avalés par des Porcs, se convertissent en Cysticerqucs, et s'enkystent dans les muscles de ces derniers; la maladie, occasionnée par la présence des parasites en trop grand nombre, est connue sous le nom de ladrerip. Si, par la suite, la chair mal cuite, ou crue, d'un cochon ladre est mangée par l'Homme, les Cysticerqucs passent à l'état adulte dans l'intestin de celui-ci.

PL\THELMI^THES

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