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I. Segmentation et g-enèse des feuillets embryonnaires

Les Saijillii, seuls types dont l'emljryogénie soit connue, sont hermaphrodites, et rejettent dans l'eau leurs œufs, avec leurs spermatozoïdes; la fécondation est extérieure par suite. Les œufs fécondés sont entourés par une membrane vitelline, et par un chorion; les jeunes subissent, à l'abri de cette coque, les premières phases de leur évolution, et ne diffèrent pas trop de l'adulte, au moment où ils éclosent.

La segmentation, régulière et égale, a pour effet de convertir l'ovule fécondé en une morule, puis en une blastule; le blastocœle de cette dernière est étroit, et son blastoderme se compose de cellules cylindriqu(^s assez allongées. La blastule se transforme, par le procédé invaginant, en une gastrule ; le blastocœle disparaît à mesure que l'invagination s'accentue, et le protendoderme va s'accoler exactement au protectoderme. — Pendant que ce dernier phénomène se manifeste, l'entéropore se rétrécit de plus en plus, et ne tarde pas à se fermer. D'autre part, deux des cellules du protendoderme, placées dans une région diamétralement opposée à rentéro|)ore, grandissent plus que leurs voisines, et se distinguent d'elles, grâce à leur taille jtius considérable; elles sont les initiales sexuelles déjà signalées, et se multi]ilient, durant les phases ultérieures du développement, pour engendrer les organes de la reproduction.

Au moment où l'entéropore se prépare à se clore, et où se délimitent les initiales sexuelles, le protendoderme se soulève en deux régions juxtaposées, contigui's à celles qu'occupent les initiales, et de même opposées à l'entéropore. Ces deux zones forment deux replis, dont les parois ne se composent que d'éléments protendodermiques, et à la genèse desquels le protectoderme ne prend aucune part; en s'allongeant, elles s'avancent dans la cavité entérique, et, dans leur extension, elles en- Irainciit avec elles les initiales sexuelles, qu'elles portent sur leur bord liiir(>. A la suite de l'apiiarition île ces replis, le fond de l'entéron, c'est-à-dire» la face opposée à l'entéropore, s'est divisé en trois culs-desac, l'un médian et les deux autres latéraux; le premier est chargé de donner l'intestin défiuilif; les deux autres, joints à toute celte partie de l'entéron qui avoisine l'entéropore, et n'est pas comprise dans les culsde-sac, produisent le cœlome. Chacun des d(Mix replis limite la loge

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médiane triin cùk'", et île laulre l'une des loges latérales; étant données leur origine et leur nature, chacun d'eux se compose de deux assises cellulaires juxtaposées, qui s'unissent parleur bord libre, et se joignent, à leur base, avec le reste du protendodcrme.

Lorsque ces phénomènes ont déjà pris une certaine extension, la cavité entérique se trouve divisée en deux zones : l'une simple, et voisine de l'entéropore, l'autre profonde, et partagée en trois culs-de-sac contigus. Ces derniers communiquent largement, au moment de leur apparition, et pendant leur croissance, avec la zone simple, mais les faits ne lardent pas à changer. — Les deux replis se soudent de manière à fermer l'espace qu'ils ïimiieni (figures 588-500); le diverlicule médian devient ainsi isolé, et indépendant de la zone simple comme de ses deux voisins. Il représente dès lors l'ébauche intestinale, car les culs-de-sac latéraux s'unissent à la zone simple, pour constituer le cœlome par leur ensemble. La majeure partie de l'entéron embryonnaire est donc employée à produire le cœlome, contrairement à ce qu'il en est chez les autres Entérocœlomiens; de plus, l'ébauche de ce dernier, bien que montrant déjà une disposition bilatérale, à cause de la présence des deux culs-de-sac latéraux et symétriques, est simple, et non double, puisque la zone voisine de l'entéropore ne se subdivise jioint. Ces deux particularités éloignent les Chœtognathes de tous les autres animaux, dont le cœlome est d'origine enlérique.

L'entéron de l'embryon s'est ainsi scindé en cœlome et intestin ; de même, le protendodcrme s'est divisé en mésoderme et endoderme. Chaque rejili est formé par une paroi double, et présente deux faces, lune proximale et tournée v(;rs le divcrticule intestinal, l'autre distale d limitant le diverticule cœlomique placé de son côté. Les deux faces proximales des replis donnent la couche endodermique ; et les deux faces distales, jointes au protendodcrme noncomprisdansie soulèvement qui a fourni les replis, produisent le mésoderme.

Pendant que s'effectuent ces divers phénomènes, l'entéropore se ferme, et se trouve clos au moment où l'intestin se sépare du cœlome; ce dernier est ainsi isolé du dehors, lorsqu'il se délimite pour revêtir ses caractères particuliers. D'autre part, une dépression se creuse dans le protectoderme, en une région opposée à celle qu'occupait l'entéropore; elle s'approfondit, et se convertit en un petit tube, qui, tout en conservant son orifice, s'unit à l'ébauche intestinale. Celle-ci communique donc avec l'extérieur par ce tube; ce dernier donm^ le pharynx, cl son ouverture la bouche.

Les trois feuillets blastodermiques sont alors nettement différenciés. Le protectoderme ne subit aucun changement spécial, et persiste comme ectoderme. Le prolendoderme s'est divisé en nK'Soderme et endoderme; r(^n((''ron s'est partagé en intestin et cœlome. Ces diverses régions subissent ensuite de nouvelles modificalions, pour façonner l'organisme définitif.

ci1(«-,T(ii;natiifs 603

FI. Phases ultérieures du développement. — l'.uvi'mi à cet état, l'ombryon est encore cnl'crMié dans sa coque chorionnaire; il est sjplii'riqiie. ou largement ovalaire. Dès l(irs, son corjts va s'allonger pour devenir eviindrique, et se courliera sur lui-même dans l'espace que limite la coque; l'agrandissement est surtout l(^ fait <le la région postérieure de l'organisme. F>e moment de l'éclosion est encore éloigné; il arrive lorsque le petit être a presque coiuplété sa structure entière.

L'ectodernie n'offre aucune particularité saillante, sauf celle de donner naissance aux centres nerveux. Ce feuillet s'('>paissit, en sa région médiane, dans l'extri^mitc' antérieure du corps, et la moitié antérieuie de la partie ventrale. Le cordon, ainsi engendré, est plus volumineux à ses deux bouts qu'en son milieu; il représente l'ébauche des centres nerveux, et se sépare, dans la suite, de l'ectodernie qui l'a produit. Le bout de l'extrémité antérieure donne le cerveau, et la masse de la face ventrale fournit le ganglion ventral; le reste du cordon, qui unit le premier à la seconde, persiste pour former les commissures péri-œsophagicnnes.

L'endoderme et le tuiie digestif ne présentent point, de leur côté, des modillcations bien grandes. L'ébauche intestinale offre l'aspect d'un lube, fermé en arrière, et ouvert en avant par la bouche; sa cavité est fort étroite, et son extrémité postérieure, suspendue dans le cœlome, atteint à peine le milieu du corps. Cette ébauche est composée de deux parties : l'une antérieure, d'origine ectodermique. qui possède la bouche, et produit le piiarynx; l'autre, postérieure, engendrée par l'entéron larvaire, et limitée par l'endoderme, donne l'intestin proprement dit. Celle-ci se rap[)roche, [)ar son extrémité distale, de la face dorsale du corps; elle se soude, sur la ligne médiane, à la paroi de cette région; une ouverture se perce dans la zone de soudure, permet ainsi à l'intestin de comnumiijuer avec le dehors par un second orifice, et devient l'anus. Le tul)(! digestif est alors complet. La perforation, (jui aboutit à la genèse de l'anus, est assez tardive dans les phases du développement.

Les changements les plus profonds portent, dans l'évolution des Chn'tognathes, sur le mésoderme et le cœlome. — Ce dernier grandit beaucoup, de manière à se convertir en une ample cavité, simple en arrière, et poussant deux diverticules vers l'extrémité buccale du corps; étant donnée leur origine, ces derniers encadrent l'intestin. La région antérieure de chacun d'eux se divise transversalement, par une cloison, en deux parts; la première, petite et close, se trouve placée au niveau de l'ébauche pharyngienne; la seconde, plus grande, se continue en arrière avec le cadome simple de la région postérieure de l'organisme. Celle-ci donne le ccelome du corps, et c(dle-là le cœlome céphaliquc, car la partie du corps, qui lui correspond, devient la tète de l'adulte. — Le <'(el()nie c('"piiali(|u<' disparaît par la suite. Le cadome du (MU'ps gi'andit au contraire, et persiste durant la vie entière; comme la cavité céphali(iue est de dimension restreinte, il possède encore l'aspect du cœlome ini-

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