LE LUXE
ou l’ornement. Le cuir des chaussures était passé au noir. Aïnsi vêtus et chaussés, nos braves habitants des campagnes arrivaient à la porte de l’église, fiers comme des princes. | Bossuet avait bien raison de dire que tout change, tout s’use, tout s'éteint dans ce bas monde ; aujourd’hui, la physionomie des campagnards est, pour ainsi dire, métamorphosée ; le luxe le plus effréné a remplacé la simplicité de l’âge d’or.
L’étoffe du pays est presque inconnue dans la plupart des paroisses,surtout les dunianches et les jours de fête ; c’est le drap le plus fin et la serge la plus belle q 41 l'ont supplanice. Le règne des boites et des ‘souliers sauvages est passé ; on a presque honte d’en porter ; il nous faut maintenant une chaussure fine, mignonne, luisante, délicate, en veau français ou en chevreau, et plusieurs paires de différentes formes, par dessus le marché. On ne voit plus que des chapeaux de feutre et de castor. Que voulez-vous ? il faut bien suivre les progrès du siècle.
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Puis, les chapeaux de femmes ! C'est la modiste qui les confectionne, et on trouve qu’elle ne met jamais assez de ruban, de fleurs et de plumes sur les véritables tourelles qui surmontent la tête des
jeunes filles. Et la forme (on dit shape),
elle varie à l’infini, à tel point que ce n’est plus un chapeau.
Les robes ressemblent àdes phares lumineux qui guident le nautonnier au
milieu de la tempête ; elles sont d’une
beauté et d’un coloris éblouissants. Plus de petite étoffe ou de poil de bœuf: c’est
de la soie, c’est du chali, c’est du cashmere,
c’est du lawn, et mille autres tissus dont j'ignore les noms. Les manteaux ne Île cèdent en rien aux robes, ct les ivaterproofs sont à l’avenant.
La garde-robe est au complet'; 1l n’y
manque absolument rien. Autrement, si
une ferame ne trouve pas sa toilette con-
venable, elle n’ira pas à la grand’messe : le dimanche. “Je n’ai pas envie, dira
Ô js LÉ.