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répondre à cette question : c’est que votre voisin ne néglige aucune occasion de s’instruire et d’entrer dans la voie du progrès agricole que nous constatons de'nos jours, tandis que vous, vous croupissez dans l’ornière de la routine.
La routine, voilà une des principales causes de l’appauvrissement du sul. Quand il s’agit de suivre un chemin tout tracé, il ne faut pas un grand effort d’intelligence pour marcher droit devant soi:
C’est ce que font ceux qui suivent la vieille routine. I'sureusement le nombre en est assez restreint aujourd’hui—mais il est encore trop grand—; car on comprend que la routine empêche le progrès, que le métier seul n’est pas suffisant, et qu’il nous faut des cultivateurs instruits et capables de donner l’élan à l’art agricole. Cependant il y a encore des gens qui sont opposés aux améliorations et qui se moquent de ceux qui veulent placer l’agriculture à la hauteur des exigences actuelles. C’ést le plus grand malheur
dans lequel une industrie puisse-tomber, car cette industrie est alors bien près de sa ruine. :
En agriculture, bien plus que dans toutes les autres industries, le progrès est essentiellement nécessaire ; cartout cultivateur qui ne progresse pas, recule. Il faut à l’agriculture un progrès continuel et graduel qui marche sûrement et lentement, mais non un progrès passager que l’on abandonne bientôt pour retomber dans les anciennes fautes. Lorsqu’on voit le cercle des connaissancés humaines s’agrandir avec une extrême rapidité, serait-il juste de condamner l’agriculture à l’inaction, celle qui doit marcher à la tête de toutesles industries? N’imitons pas ceux qui disent: ‘“ Nos pères cultivaient leurs terres de telie ou telle manière, et ils vivaient heureux et contents ; la prospérité régnait toujours au foyer.
Nous suivons leur exemple, et nous pou.
vons compter sur le succès.” Ce raisonnement est faux pour la bonne raison que
les circonstances ne sont plus les mêmes :
la terre ne produit pas comme autrefois ;
elle s’est appauvrie d’année en année, et
les récoltes ont diminué du tiersau moins,
Si voüs suivez l’exemple de vos pères, elle . deviendræ de plus en plus stérile, et avant longtemps elle ne produira pas assez pour subvenir à l’entretien et à la nourriture de
vos familles: C’est ce que nous consta-
tons bien que trop souvent. Vous serez :
alors obligés de recourir aux achats pour combler les déficits, c’est-à-dire que vous commencerez à vous endetter, et, une fois sur cette pente, vous glisserez vite au fond * du précipice. Pour éviter cet écueil si funeste aux agriculteurs, il faut de toute nécessité entrer dans la voie des améliorations, du progrès moderne, tout en tenant compte du capital dont on peut disposer.
La terre n’est pas aussi riche qu’autrefois, et les besoins sont devenus plus urgents. La valeur productive diminue, mais les dépenses augmentent de jour en
. | jour. Ainsi, aujourd’hui, on se construit
To de plus belles maisons et des granges
ot: plus confortables qu’il y a cinquante ans ;
de . on porte une toilette plus riche ; la table 1 4 re | est plus abondamment servie, et l’ins- 1 nt truction est plus répandue. Par consé- | il nt : quent, tout cela entraîne des dépenses de bien plus considérables ; pour rencontrer pa ces dépenses, nous devons nécessairement eZ Ù augmenter la valeur productive des terres, ur © et, pour arriver à cet henreux résultat, did nous devons améliorer nos terres et leur is faire produire deux épis de blé 1à où nd elles n’en produisaient qu’un auparavant ;
gi : nousdevons forcer nos animaux, en les
te soignant mieux, à nous donner une plus
7 grande quantité de lait, de beurre, de fro- .
on mage et de laine; nous devons, en un
ut mot, travailler de toutes nos forces à faire
disparaître les nombreuses fautes qui se sont glissées dans notre système de culture,
7 et, chaque fois qu’une faute disparaîtra, ; nous ferons un pas vers le progrès.
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Le routinier ne réussit pas dans l’exploi-
tation d’une ferme, et sa culture ne le paye pas, pour plusieurs raisons ; nous énumérerons lessuivantes : 10 le cultivateur routinier ne recueille pas assez bien ses engrais ; 20 il ne sait pas les utiliser ; 80 il ne combine pas assez bicn ses assole-
ments ; 40 il n’accorde pas assez de place
aux plantes fourragères ; 6oil craint trop de remplacer ses vieux instruments aratoires par des outils perfectionnés ; 60 il ne soigne point assez bien ses travaux de culture ; To il n’ameublit pas assez bien sa terre, ne la nettoie pas et ne l’égoutte pas convenablement ; £o il ne veut pas proportionner l’étendue de sa culture au volume des engrais dont il dispose ; 90 il achète trop facilement à crédit, comme si les échéances ne devaient jamais arriver ;- 100 il dédaigne trop les connaisgances théoriques et ne se tient pas même au niveau des connaissances pratiques de l’époque ; 110 il ne cherche pas à connaître les progrès réalisés dans les autres parties du pays.