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aye | Voilà les fautes principales dans lesnu- quelles tombent le plus souvent les out à routiniers. On comprend que ces défauts dès suffisent pour conduire une terre à l’ap- : 80 pauvrissement, et le cultivateur à la ruine
et à l’émigration.
L'inatruction agricole est un moyen d'arrêter l’'émigration.—Les données d’un agronome de talent,
OUS avons vu dans un chapitre pré- Ncdent que l’appauvrissemeñt du sol est dû au manque de connaissances agri.
coles, tout. en reconnaissant que nos cultivateurs ont fait des progrès considérables depuis quelques années sous le rapport des améliorations. A près avoir établi cette preuve, nous croyons rendre
service à nos compatriotes en leur communiquant quelques considérations sur l’instruction agricole, que nous regardons comme le plus sûr moyen d’enrayer la marche de l’émigration. Pour cette étude, nous aurons recours aux données d’un agronome de talent et que l’on cite comme une autorité. Ë
& L'agriculture, dit Marshall, même .en la restreignant à l’art de gouverner les terres d’une ferme, et lorsqu’on l’envisage dans toutes ses branches et dans leur plus grande étendue, n’est pas seulement le plus important et le plus difficile des arts mécaniques, mais aussi de tous les arts et de toutes les sciences qui sont du domaine de l’homme.”
Ces paroles d’un savant agronome doivent faire comprendre qu’on ne peut se flatter d’excrcer avec quelque ‘chance de succès une ou plusieurs branches de cet art difficile sans un fonds de connaissances qui ne peuvent s’acquérir que par uno éducation ou une instruction agricole.
Nous regardons les connaiïssances agricoles omme la première et la plus précieuse
des qualités personnelles d’un agriculteur,
parce que, de tous les hom-nes, c’est lui qui peut en faire les applications les plus immédiates et les plus utiles à l'humanité.
La plupart des hommes, au moins ceux qui sont nés au sein des campagnes et qui y font leur séjour habituel, possèdent déjà un ionds d'instruction agricole, fruit des connaissances générales répandues dans le pays ou qu’ils doivent à leurs réflexions, à leurs expériences et à la vue matérielle des objets. Cette instruction est rarement suffisante et el!2 a besoin d’être développée et perfectionnée par des études spéciales.
Par suite de l’inégalité dans la condition des hommes qui composent une nation, tout le monde ne se trouve pas placé dans une situation favorable pour acquérir l’instruction qui est nécessaire à un agriculteur ou pour en doter ses enfants ; mais tout homme d’un sens droit, d’un esprit
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juste, -et qui a la conscience de sa propre dignité et de ses droits, ne doit négliger aucune occasion de s’instruire et de s’écla’rer lui-même, ou de donner à ses eréants une instruction conforme à leur condition. |
Le degré d’instruction peut varier avec cette condition, ct celui qui est destiné À exploiter un petit héritage et qui borne là son ambition n’a pas besoin de connaissances aussi variées et aussi étenduesque celui qui sera un jour appelé à régirun vaste domaine où se trouveront réunies toutes les branches de l’économie rurale.
Toutefois, ce n’est pas d’après ce principe que doit se diriger un homme actif, industrieux et intelligent : tout humble qu’est sa position dans le monde, il doit savoir qu'avec les qualités qu’il possède déjà et un bon fonds de connaiïssances agricoles, il peut parvenir, avec le temps, à étendre beaucoup son héritage ou être appelé à diriger une grande exploitation qui exigera, pour être administrée convenable-
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L'INSTRRUCTION AGRICOLE 55
ment, toutes les ressources de la science et de l’industrie. Les exemples de ces succès agricoles ne sont pas rares dans tous les pays.
M. Mathieu de Dombasle, qui a traité le sujet qui nous occupe, avec cette rare sagacité qu’il apporte dans la discussion de toutes les matières agricoles, s'exprime
ainsi dans le huitième volume des Annales de Roville :
‘“ Le point fondamental dans l’instruction qui peut assurer la réussite d’un agriculteur, ce sont les connaissances agricoles proprement dites que l’on peut considérer sous trois points de vue : les:
connaissances du métier, celles de l’art et celles de la science. :
“ Le métier se circonscrit à des connaissances en quelque sorte matérielles, et, en les bornant à une seule localité et à un mode de culture déterminé, il apprend à connaître la terre, à apprécier les effets des cultures qu’on lui donne dans telle
ou telle circonstance, à juger de l’époque
la plus convenable pour les semailles, la
“manière d'y procéder, les soins qu’exige
chaque espèce de bétail, etc. Le métier
‘ s'améliore par l’expérience, c’est-à-dire par
l'observation des faits, en se bornant aux
conséquences les plus immédiates. au’on
peut en tirer pour un cas particulier.
L'agriculture, réduite au métier, embrasse
encore une carrière très vaste et remplie
| d’une multitude de détails et qu’il n’est pas
à donné à tous les praticiens de parcourir
avec distinction, parce que l'observation
des faits doit venir constamment ajouter à
la masse des connaissances de cette espèce
-et parce que tous les esprits ne sont pas également attentifs et observateurs.
L'art considère la culture de la terre sous un point de vue beaucoup moins restreint que le métier ; il étudie, compare et combine entre eux, maïs toujours en prenant pour boussole la pratique et relativement aux circonstances locales dans lesquelles il y aura à faire des applications,
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les procédés qui sont du métier dans
ji divers pays et diverses situations ; il rai- nl ige sonne ses opérations beaucoup plus que | Hôe le métier ; il calcule les résultats écono- | par miques de diverses combinaisons ou 8ys- Ê ne | tèmes de cuiture, il se rend compte des ji Fr résultats de ses opérations, persévère dans . ll TON la route qu’il avait adoptée ou la quitte | Pa pour en prendre une autre, selon qu’ille ï lie juge conforme aux intérêts de la spécu- à pas lation, is drir ‘“ La science agricole, que je considère [ll ion . comme entièrement distincte des sciences 1 r à accessoires, étudie les rapports entre les * ll èce causes et leurs effets ; elle s’efforce de-géné- | pas : raliscr les conséquences des observations ; À que lui offre la pratique et d’en tirer des | F ui préceptes qui deviendront de l’art lorsque [IG du la pratique les aura confirmés ; elle cher- 11& Dé che dans les autres branches des connais- ait:
sances humaines des secours et des auxiliaires. La science, dans l’acception que j'attache ici à ce mot, n’apportera pas à une entreprise agrcole de grandes chances
de succès et elle peut être quelquefois funeste.
‘ Parmi les conditions du succis matériel on ne peut adnettre exclusivement la pratique du métier, et l’on doit,sans hésiter, regarder les connaissances de Part comme formant essentiellement, sous le rapport de l'instruction agricole, la condition indispensable du succès; mais il faut supposer que dans l’art nous comprenons ici les connaissances du métier ; car, si ce dernier ne suffit pas, l’art manquerait certainement son but s’il Ctait privé de la connaissance de cette multitude de Cétails et de pratiques de tous les instants qui constituent le métier.”
L’agriculteur instruit est donc celui qui réunit à la connaissance pratique du métier toutes les connaissances relatives à l’art ; lui seul sera en état d’obtenir, d’une manière constante et sans essais ruineux, d’un fonds de terre quelconque, tous les fruits que l’industrie humaine est capable
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d’en tirer, et les plus forts profits que notre état social et nos connaissances agricoles permettent d’y recueillir.