‹ L'émigréChapitre 9 sur 18 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

Dans les premiers jours du mois de mars de cette année 1907, plusieurs des convives qui avaient pris part, quelques mois auparavant, au dernier dîner de chasse que dût jamais donner le châtelain de Grand» champ, se trouvaient réunis, après le déjeuner, dans un des petits salons de l'hôtel Charlus. C'étaient Florimond de Charlus lui-même, et sa fille Marie, laquelle avait fait les honneurs de ce repas, en l'absence de sa mère toujours souffrante, au ménage Sicard et à Louis de Bressieu. Dès le café, était arrivé le petit de Travers, l'ami trop intime de la petite Mme de Sicard, et Valter ego de son minuscule mari. On se souvient du mauvais quolibet sur la taille et le nom des figurants de ce ménage à trois : « les Trois Demis. » Elzéar de Travers, avec son nez rose au vent, sa blonde moustache en l'air, ses gros yeux bleus à fleur de tête, représentait un type accompli du colporteur de potins, qui court de cercle en cercle, de salon en salon, avec un : « Vous savez la nouvelle?... » suivi d'ordinaire du plus insignifiant des récits. Il n'avait pas manqué, cet après-midi, à son habitude :

— « Devinez qui j'ai rencontré hier soir, partant pour l'Angleterre, à la gare du Nord, où j'étais allé accompagner lady Semley, qui m'a chargé de vous dire ses compliments? » Il s'était tourné vers Simone de Sicard, qui lui sourit. « Geoffroy de Claviers, qui va acheter là-bas des chevaux î... »

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