‹ L'Emile du dix-neuvième siècleChapitre 168 sur 188 · HÉLÈNE A SON FILS · texte numérisé non relu

HÉLÈNE A SON FILS

Londres, 22 mai lNii. .

J'aime ta franchise, mon cher enfant, et je me garderai bien de plaisanter sur la dame de tes rêves. 11 y a, je l'avoue, dans ton récit des circonstances qui me donnent à penser; je pourrais relever en ce qui la concerne des détails qui me semblent louches ; mais je m'abstiens de déflorer tes illusions. Souviens-toi seulement que tu es jeune, que tu n'as encore aucune expérience du monde. Hélas ! tu n'apprendras que trop toi à te défier des apparences, et Dieu veuille que ce ne soit point à tes dépens !

Nous nous sommes bien promis, ton père et moi, de ne jamais intervenir dans tes affections. Tu n'as donc rien à craindre de mes censures ; mais étant ton maître, tu réponds entièrement des fautes de ton propre cœur. A ton Age on n'est que trop enclin à se tromper soi-même. Combien de jeunes gens prennent pour de l'amour ce qui n'est que le trouble et le mirage des sens I L'amour vrai est une conquête de l'àme, et il faut le mériter pour l'atteindre.

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