‹ L'Emile du dix-neuvième siècleChapitre 29 sur 188 · LE DOCTEUR WARINGTON AU DOCTEUR ÉRASME · texte numérisé non relu

LE DOCTEUR WARINGTON AU DOCTEUR ÉRASME

12 juillet 185...

Je vous annonce, cher monsieur, que vous êtes le père d'un beau garçon, né à trois heures du matin. L'accouchement a été pénible et laborieux. La soirée précédente, je craignais d'après certains signes de fâcheux accidents ; mais la nature est venue à notre secours, et aujourd'hui la santé de la mère est aussi bonne que nous pouvons l'espérer. * Quant à l'enfant, il ne demande qu'à vivre et à vous faire honneur.

Je saisis cette occasion pour vous témoigner toute mon estime et toutes mes sympathies. Si vous avez besoin de mes services, ne m'épargnez en aucune occasion. Je vous en remercierai ; car ce sera le moyen de me prouver que vous vous souvenez d'un ancien ami. Nous autres Anglais, on nous accuse chez vous d'être un peu froids et

réservés dans nos manières, mais peut-être valons-nous mieux que notre réputation. Dans tous les cas, nous avons du cœur et nous honorons l'infortune.

Le vôtre fidèlement.

HÉLÈNE A ÉRASME

2 août 185..

Il faut que je te raconte en peu de mots l'histoire de ce que les Anglais appellent mon confinement.

Selon l'usage, j'avais engagé une garde-malade, ce qu'on nomme ici une nurse. C'est une femme de grande expérience dans ces choses-là, et tu serais étonnée de l'entendre parler médecine, chirurgie, art de soigner les enfants, etc., etc. Il paraît qu'il • existe en Angleterre toute une tribu de ces matrones. Elles donnent des conseils aux jeunes mères, exécutent les ordonnances du médecin, et possèdent elles-mêmes, à les entendre, une foule de recettes infaillibles contre certains accidents. Leur répertoire d'anecdotes est inépuisable, et si je croyais à tous les enfants qu'elles disent avoir sauvés, je ne m'étonnerais plus que l'Angleterre ait trouvé assez d'Anglais pour peupler l'Australie, la Nouvelle-Zélande et toutes ses colonies.

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