‹ L'Emile du dix-neuvième siècleChapitre 7 sur 188 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

solide, et je l'ai arrangé de manière à ce qu'il jouât le rôle d'un moule de bouton. Pourras-tu lire mes pattes de mouche ?

Après-demain, je retournerai à la prison où l'on a promis de me recevoir à une heure. Peut-être cette fois retrou verai-je le fil de mes idées.

Au revoir. Je t'embrasse de toutes les forces de mon âme.

ÉRASME A HÉLÈNE

16 janvier 185. .

U est six heures du matin. A sept, on a enlevé une vingtaine de détenus pour la prison de *** et je suis du nombre. L'ordre du transfert est arrivé, dit-on, de Paris, pendant la nuit. Aucun moyen de te prévenir. Aucune espérance de te revoir. Quand tu recevras cette lettre, je serai déjà en route pour l'île à laquelle on me destine.

Adieu. Je t'aime à travers tout.

HÉLÈNE A ÉRASME

17 janvier 185..

Je me suis présentée aujourd'hui à la prison, et figure-toi mon saisissement quand j'ai appris que tu n'y étais plus. Folle que j'étais, un instant j'ai cru qu'on t'avait rendu ta liberté. Le secrétaire du greffe ne tarda point à me détromper et à m'apprendre que tu étais dirigé (ce sont ses termes) sur l'île de*** A travers les mers je te suivrai. Où que tu sois, fûtce au bout du monde, il n'y aura pour moi ni soleil brûlant, ni désert, ni chaînes de montagnes quand il s'agit de réunir ma vie à la tienne. .Écris-mal, que je vienne te retrouver.

ÉRASME A HÉLÈNE

2 février 185. .

Tu m'aimes : Juis-moi. Je te le demande au nom de ce qu'il y a de plus sacré au monde.

Certes, il y a un mois ou deux, dans l'ignorance

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