Oulad Reguïeg
Il n'y a rien de particulier à dire sur les sept premiers
campements qui sont les Oulad Ahmed ben Daman authentiques, dans les appellations desquels on reconnaît les noms des émirs trarzas des trois derniers siècles, et qui, à ce titre ont, avec leurs cousins Oulad Daman, dirigé l'histoire générale du Trarza. On signale la réputation de droiture et de justice dont jouissent les Ahel Tounsi dans les tribus mara= boutiques. Ce sont de « bons Hassanes ».
Les Ahel M'haïindat sont les descendants forts réduits de M'haïmdat, frère de Dârtiâtt.
Les Ahel Abella et les Ahel Ag Mouttar sont des Oulad Daman qui ont lâché leurs frères, pour venir camper avec l'Emir. Le chef des Ahel Abella est Mohammed Fal ould Samba Fal. Le chef des Ahel Ag Mouttar est Oulad ould Aleïouika. Agmouttar, fils de Daman, et ancêtre éponyme de la fraction, est enterré à Mouniri dans l'Iguidi.
Les Oulad Bou Al-Alïa ont été étudiés avec les Hassanes de Bou Tilimit. Un campement de cette fraction est venu prendre place sous l'autorité d'Ahmed Saloum III.
Les Ahel Abd Al-Ouahhab sont une fraction de lointaine origine trarza, vivant avec les Ahel Tounsi.
Les Oulad Reguieg sont une fraction de guerriers qui depuis deux siècles vivent dans le village des Ahel Ali Chandora. Leur fidélité a valu à ces descendants d'un forgeron une situation, acquise désormais, de Hassanes. Ils sont les suivants de l'Emir, sa garde, son conseil, ses agents de perception, de justice et d'administration. Les Trarzas les appellent les « Merakebin ». Une semblable ébauche de cour (terkib) existe dans l'Adrar, où ces agents sont dits « Abid » et chez les émirs Ida Ou Aïcli, où ils sont dits « Aggarid ».
Leur légende nationale rapporte que l'ancêtre de la fraction Reguieg était un artisan, chargé de la gestion des biens privés d'Ali Chandora. Il accompagna son maître dans le voyage que celui-ci fit auprès du sultan du Maroc. Le sultan répondit à l'émir, qui lui exposait sa requête : « Elle est
accordée, si tu accomplis trois faits : i° m'apporter les petits d'un lion terrible qui dévaste les campagnes; 20 grimper au sommet d'un arbre, qui est ici et dont la tête est si élevée que personne n'a jamais pu y passer Une nuit sans y mourir de froid ; 30 couper cet arbre dont le bois est si dur qu'on n'ait jamais parvenu à l'entamer ».
L'Emir accepta, et partit sans retard pour la brousse avec son forgeron. Ils en rapportèrent bientôt les petits du terrible lion.
Il dit ensuite à Reguieg : « Monte au sommet de l'arbre, j'allumerai du feu; tu verras la flamme et elle te réchauffera ». Reguieg monta; Ali Chandora attisa le feu toute la nuit, et son serviteur put descendre au matin, transi mais bien vivant.
Aussitôt après, l'Emir et Reguieg entourèrent le pied de l'arbre d'une couronne de feu, à la façon saharienne. Il se consuma lentement et finit par s'écrouler.
A la suite de ces exploits, le sultan tint sa parole et accorda à Ali Chandora les secours qu'il lui demandait.
Les Oulad Ahmed ben Dâmân de Méderdra comprennent aujourd'hui 303 tentes, 530 hommes, 728 femmes, 428 en» fants, 125 captifs des deux sexes.
Les Euleb se Sont partagés entre la résidence de Bou f ilimit (déjà vus) et celle du Trarza occidental.
Ceux-ci, amis et compagnons de guerre des Oiilàd Ahmed ben Dâmân, comprennent les trois fractions :
Ai-Kohol (35 tentes), chef : Mon. ould Ma Yarba (id est, il ne
craint pas).
Lgouafif (30 tentes), chef ; Mokhtar ould Ali,
Legneïdiat (42 tentes), chef : Moh. ould Debezni (id est, il m'a frappé).
Leur cheikh général est Ahmed Saloum ould Moulay. Ils comprennent 202 hommes, 246 femmes, 245 enfants, et une trentaine de serviteurs.
Deux des principaux Cheikhs Euleb dissidents, Mokhtar Fal et Bakkar ould Mohammed Na, ayant été pris dans un contre-rezzou au printemps 1905, furent internés avec le cadi de leur tribu à Khroufa. Ils tentèrent de s'évader, une nuit, et furent tués par la sentinelle. Ces morts pouvaient soulever des haines inextinguibles contre les Français. On trouva cette solution élégante de faire mettre en liberté le cadi Euleb prisonnier et de lui confier en toute liberté l'instruction de l'affaire. Il opéra avec soin, établit les responsabilités, et amena l'apaisement.
Les Loubbeïdat se subdivisent administrai vement, ainsi qu'il suit :
Loubbeïdat :
Lehnamcé 1 26 tentes
Oulad Bou Sliman 34 —
Lougf eïf at 38 - —
Oulad Hennou 15 —
Oulad Chouikh 72 —
Les Lehnancé sont dits Loubbeïdat Sahelïin (les occidentaux), ou Loubbeïdat Chouk (les Loubbeïdat, des épines), parce qu'ils habitent le Dahar Noualalane, région de gommiers et d'épineux à l'est de l'Aftout.
Les autres Loubbeïdat sont dits « Cherqïin » (les orientaux). Ils pâturent d'Ammidir à Jejaïat.
Les Lehnancé se subdivisent originellement en Kreïba et Oulad Hennou. Ce n'est que de nos jours que les Oulad
Hennou ont été constitués pour les besoins de l'administration, en fraction autonome. Le chef des Lehnancé est Ahmed ould Sidi ould Othman.
Les Oulad Bou Sliman ont pour cheikh Brahim ould Cherqi.
Les Lougfeïfat comprennent trois sous-fractions : les Ahel Brahim et les Ahel Hellal, dont Mokhtar ould Ali ould Mohammed est le cheikh, les Ahel Amor, dont Nbeïga ould Othman est le cheikh. Ces Ahel Amor sont d'origine Oulad Yahia ben Othman de l'Adrar.
Les Oulad Chouikh se partagent en :
Al-Aleïoua.
Ahel Bou Zid.
Oulad Moumen. |
Ahel Telmoudi. ( Cheikh Brahimi ould Yali-
Le cheikh général de la fraction est Mohammed Salem ould Ghali.
Parmi les Ahel Bou Zid, on distingue une tente : les Ahel Sidi Mbakour qui sont marabouts, et se sont même fait une certaine réputation d'instruction et de sainteté. Le chef de ces Zouaïa est Sidi Mouïla ould Alïm ould Sidi.
Les Oulad Moumen et les Ahel Telmoudi sont des Trarzas, c'est-à-dire des descendants de Terrouz. Ils sont réputés comme les meilleurs et les plus honnêtes des Loubbeïdat.
Les Loubbeïdat comprennent 285 tentes, 351 hommes, 430 femmes, 353 enfants, 68 serviteurs.
Les Loubbeïdat sont guerriers à la suite des Trarzas. Ils ne paient donc pas de redevances. Leur fidélité à l'Emir, quel qu'il soit, pourvu naturellement qu'il soit de la famille d'Ali Chandora, est une tradition chez eux. Ce fait confirme la légende qui fait des Loubbeïdat, au moins partiellement,
les descendants des contingents marocains que l'émir AH dhandorâ reçut du sultan Moulay Ismaïl.
Les Loubbeïdat jouissent d'une excellente réputation auprès des Marabouts. On s'accorde à les reconnaître comme des guerriers presque corrects. Ils ne sont inféodés religieusement à aucune obédience, mais il est d'usage chez eux, quand Cheikh Sidia se déplace pour un grand voyage, de lui envoyer un chameau par tente. C'est tout au moins ]e principe.
Les Loubbeïdat possèdent de très nombreux troupeaux : bœufs, petit bétail, chameaux. Pendant la saison sèche, ils passent au Sénégal et y font le transport des arachides dans le Diolof, le Càyor et le Baol. On rencontre leurs caravanes, à leur propre compte ou au service des commerçants d'autres tribus, dans toute la basse Mauritanie.
Ils n'ont pas de marque spéciale, mais empruntent celles des tribus m arabou tiques sur lé territoire desqueullës ils
vivent : îe lam-alif des Naba, le & USSfc» des Tâchedbit
l'outarde, grande 1 des Oulad Diman} ou petite g des Tendgha.