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DÉBRIS D'ANCIENNES TRIBUS

A la suite des tribus Trarzas (Oulad Ahmed ben Daman et Oulad Daman), Euleb et Loubbeïdat, on trouve aujourd'hui un certain nombre de fractions guerrières que les Maures appellent « beqaïa », id est, restes, débris ». Elles continuent en effet les derniers survivants des tribus arabes qui ont exercé la prépondérance sur la Mauritanie au XV0 siècle (Oulad Rizg) et au xvie siècle (Oulad Mbafek), et qui

furent vaincus et assujettis par une troisième invasion arabe, celle des Trarza.

On a vu dans la première partie l'histoire de ces luttes et leur conclusion. Il suffit de dire que les Oulad Mbarek, n'ayant pas accepté leur défaite, émigrèrent vers l'Est, où on les retrouve aujourd'hui nombreux et florissants dans le Hodh. Ces débris du Trarza sont donc surtout des Oulad Rizg; ils constituent les descendants des premières migrations arabes, venus des steppes du Sous dans le Sahara occidental, Les Zenaga les appellent quelquefois du nom déformé d' Oulad Nirzig.

On en compte actuellement sept petites fractions savoir -

Oulad Behiouk 48 tentes

Oulad Bou Ali (Id ag Badié) 36 —

Oulàd Khalifa 29 —

Taghredient 29 —

Oulad Agohar (Azzouna) 11 —

Les Id ag Badié n'ont pas aujourd'hui d'existence autonome comme fraction, encore qu'ils aient un cheikh : Mohammed Salem ould Moawïa ould Ammar Diop. Ils sont compris dans. les Oulad Bou Ali, dont le cheikh est Ahmed ould Lebbouk ould Ali Ouennas.

Semblable est la situation des Azzouna, compris, dans les Oulad Agehar. Ils ne sont plus représentés aujourd'hui que par deux tentes : les Ahel Bou Bakar et les Ahel Brik.

Les Taghredient renfermeraient dans leur sein les descendants de quelques guerriers marocains de l'Emir Ali Chandora, qui ne fusionnèrent pas, comme la plus grande partie de leurs camarades, avec la tribu Loubbeïdat.

Cette tradition paraît authentique, encore qu'on ne puisse pas citer normalement les tentes qui auraient cette origine.

On désigne généralement ces fractions sous le nom d'Al- Guibla, c'est-à-dire les Méridionales, parce qu'elles sont les plus proches du fleuve. Cette situation géographique leur a

valu de recevoir, depuis Faidherbe, les premiers et plus nombreux coups des Français, ce qui n'a pas peu contribué à leur affaiblissement. Elles sont très fortement teintées de sang noir. Les Maures assurent qu'il y a à peine une demi-douzaine de familles, d'origine vraiment pure, telles les Ahel Lebbouh ,chez les Oulad Bou Ali, et les Oulad Amar Titou, chez les Oulad Khalifa. Toutes les autres tentes ne seraient que les descendants de leurs anciens captifs et clients.

On les désigne encore sous le nom d'Arabes Regueïtat, ou arabes venus du Sahara du Sous.

Plusieurs fractions Oulad Rizg autrefois florissantes ont disparu aujourd'hui : telles les Oulad Mazzoug, les Sekakna, les Djaafra, les Oulad Agbat, les Oulad Othman, les Oulad Rahmoun et les Zebeïrat. Les Zebeïrat se seraient reconstitués au Tafilelt, où ils émigrèrent, à la suite de leur ruine au Trarza.

Leur population totale est 143 tentes, 221 hommes, 286 femmes, 239 enfants, 83 serviteurs.

Les Oulad Bou Sba

Les Oulad Bou Sba sont originaires du Maroc, où ils constituent encore dans le Houz de Merrakech une puissante tribu. Leur arrivée en Mauritanie remonte au milieu du xviii6 siècle, mais ce n'est qu'au début du xixe siècle que se produisit la principale de leurs migrations, celle qui allait leur permettre de jouer un rôle politique. Ils attribuent cet exode de leur pays au désir de se soustraire aux mauvais traitements des chefs auxquels le Makhzen les avait rattachés, à savoir les caïds des Abda et des Haha. Après un séjour de quelques années dans le Sous, ils pénétrèrent dans le Sahara sous la conduite de leur cheikh Moulay Ahmed ould Bechiga, des Oulad Beggar.

Ils n'acquirent le droit d'y avoir leur place au soleil qu'a-

Cheikh Sidi Mohamed Yahdhi, cadi des Oulad Bou Sba.

près s'être affaiblis par des luttes intestines entre les familles dirigeantes Ahel Minahna et Oulad Boudda, les premiers appuyés sur les Oulad Al-Lab et les Trarzas, les seconds sur les Oulad Delim; et surtout après de nombreuses et sanglantes luttes avec leurs voisins, dont la tradition est restée vivace chez eux. Faidherbe disait, en 1859, dans le Moniteur du Sénégal :

« On trouve dans les environs de l'île d'Arguin, sur la « terre ferme, un certain nombre de villages en paille d'Ou- « led Abou Sebâ : le chef de cette tribu était, il y a huit <i ou dix ans, Mohammed el Omar, de la famille des El « Omar ould Mimin-Mahna. Il était nommé par Mohammed « El Habib (1) pour les Oulad Abou Seba de son territoire, « et reconnu par les Oulad Abou Seba du Tiris. IF fut tué « dans une guerre intestine excitée par Mohammed El « Habib; il s'agissait d'un navire naufragé. 'Mohammed El « Omar prit de force les naufragés d'entre les mains d'une « partie de ses sujets qui lui faisaient opposition et voulaient « les donner à Mohammed El Habib. Il les amena à Saint- « Louis et un bateau à vapeur les reconduisit à Arguin. De « là, la colère du roi des Trarza, et la fuite de Mohammed « El Omar, quoique celui-ci eût donné, pour apaiser la co- « 1ère de son suzerain, deux juments et un captif.

« Des six fils de Mohammed El Omar, le plus jeune, « Mohammed Saloum vengea son père en tuant le chef du « parti ennemi dans une embuscade et il se réfugia à Saint- « Louis où il est encore, suivant assidûment l'école des « frères.

« Un frère de Mohammed Saloum a été autrefois emmené « en Angleterre par un bâtiment de guerre anglais qui vi- « sitait Arguin et y a appris l'anglais. Il est aujourd'hui « chez les Trarza.

« Mohammed El Habib a nommé pour chef des Abou

(1) L'Emir des Trarzas.

« Seba un simple tx'ibutaire, pour abattre entièrement la « famille des El Omar ould Minin-Nahna, »

Quant aux luttes des Oulad Bon Sba avec les tribus voisines, on peut les énumérer ainsi, d'après la tradition :

i° Luttes avec Sidi Mohammed le Kounti, fils du grand Cheikh de Tombouctou, Sidi Mohammed ould Cheikh Sidi Al-Mokhtar. Dans cette guerre, les Kounta ne suivirent pas leur chef. Il eut en revanche sous ses ordres les contingents des tribus Aouïssïat et Djaafrïa de l'Adrar. Les Oulad Bon Sba que commandait toujours Moulay Ahmed ould Bechiga furent vaincus entre 1860 et 1862, à Reddar Talhou et Glibat Leffouda. Ils y perdirent beaucoup de monde et durent refluer vers l'Oued Dra. Là ils s'assurèrent l'amitié des Tekna et des Aroussïin. Fortifiés par des contingents Iggout et Izerguïïn (Tekna) et Aroussïin, ils prirent leur revanche à Gneïfida, près de Zemmour (1870 environ). Le Cheikh Kounti, Sidi Mohammed, et son fils Sidi Mohammed y furent tués.

Les Oulad Bou Sba purent dès lors s'installer dans l'arrière-pays du Rio de Oro. Ils y prospérèrent rapidement.

3° Luttes, vers jSSo, avec les Oulad Al-Lab. Le Cheikh d'une fraction Sbaï, Baba ould Hareïtani ould Moska fut tué avec un grand nombre des siens à la journée d'Arouïet dans l'Adrar Sottof. Par la suite, les Oulad Al-Lab subirent des pertes à leur tour. La guerre prit fin par une réconciliation entre les deux tribus.

30 Luttes, vers 1888, avec les Kounta de l'Adrar. Ces luttes, qui furent très meurtrières, s'achevèrent par la défaite des Kounta à Al-Arguïa et par la mort des chefs des deux partis : Sidi Ahmed ould Baba ould Abidin, des Kounta, et Mohammed ould Mekhiter ouïs Khennous, des Oulad Bou Sba. Les deux tribus firent la paix.

4° Luttes avec les Oulad Ammoueui, de l'Adrar, à partir de 1900. Les deux chefs y furent encore tués : Cheikh Al-

Graa des Oulad Aininoueni, et Cheikh Siyed ben Abd Allah ben Lazraui, des Oulad Beggar. A la même époque, lutte avec les Regueïbat. Décimés au combat de Foucht en 1902, les Oulad Bou Sba durent évacuer l'Adrar et se retirer vers l'Oued Noun. C'est là qu'une grande partie de leurs Campements est encore installée. Ils marchent avec le groupe Ait Bella, de la confédération takna. En 1905 enfin, les Oulad Bou Sba surprirent à Negfir le campement de l'émir de l'Adrar, Sidi Ahmed II ould Aïda, le massacrèrent, ainsi que ses haratines, et le razzièrent de fond en comble. Ses chevaux notamment furent tous enlevés.

C'est à partir de cette date que les Oulad Bou Sba négligèrent leur commerce et devinrent tous guerriers et brigands de grand chemin. Ils se mirent à rançonner les caravanes et à mettre à mort les voyageurs qui ne possédaient rien. C'est ce qui amena leur conflit récent avec les Tadjakant et les Oulad Biri. Ces deux tribus maraboutiques y perdirent sans profit la fleur de leur jeunesse.

Un certain nombre de guerriers Oulad Bou Sba ont em= brassé la cause des Ahel Ma el-Aïnîn. Ils y yoy aient, outre les bénéfices de pillages escomptés, l'honneur de rentrer au Maroc par la large porte du Makhzen du nouveau sultan. Ces espoirs se sont évanouis, mais beaucoup de ces hommes bleus du cheikh de Smara ne sont plus revenus dans le Sahara, et depuis cette date, les exodes individuels vers le Nord continuent. Les Oulad Bou Sba sont de grands nomades de trop fraîche date pour avoir pu s'habituer aux dures conditions de la vie saharienne.

La tribu a prit part à l'ensemble des combats que notre pénétration a provoqués en Mauritanie mais sans grande vigueur, semble-t-il. On retrouve leurs contingents dans les bandes ennemies de 1903 à 1909. En juillet 1909, le mouvement de soumission s'ébauche. Deux membres de la Djemaa des Demouissat, suivis de 20 tentes et de 110 fusils

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se présentent, le 7 juillet 1909, à Nouakchot et demandent l'aman. Ils sont accompagnés de leurs Zenega Legouidsat et Oulad Brahim, que suivent de nombreux troupeaux.

L'aman leur est accordé aux conditions suivantes : Versement des armes 1886 et 1892.

Paiement d'une contribution de guerre, évaluée approximativement au 1/10 de leurs chameaux.

Paiement annuel de l'impôt, évalué au 1/40 de leurs troupeaux.

Ces conditions étant acceptées, le plus grand nombre des campements Bou Sba se présente à Nouakchot, en décembre 1909, et sous la conduite du Cheikh de la tribu, Sidi ou Sidna Mbarek, fait sa soumission.

Ils étaient armés, à ce moment, de fusils modèle 1874, et de Martini-Henry, et possédaient un grand nombre de cartouches, de marque allemande et espagnole.

A la même époque (janvier 19 10) la fraction Ahel Sidi Abd Allah faisait sa soumission dans l'Adrar, avec son chef, Alioun Al-Merrakechi.

Il y eut un certain flottement alors pour la création du commandement indigène. Les fractions se partagèrent entre Sidi Mbarek et Alioun Al-Merrakechi, les Demouissat tenant pour le premier qui est des leurs et dont la famille a de tradition fourni les cheikhs de la tribu, les autres se rangeant sous les ordres d' Alioun, à qui sa valeur personnelle et ses manières affables avaient attiré beaucoup de sympathies. Par la suite, le tassement s'est opéré ; les fractions se sont partagées au gré de leurs intérêts, entre le Trarza et l'Adrar, et chacune a reçu son cheikh particulier.

L EMIRAT DES TRARZAS 20Q

Schéma généalogique des Ahel Cheikh Mokhtar, famille dirigeante des Oulad Bon Sba.

Cheikh Mokhtar

Ali Cheikh Mbarek

Abd Al Bari, Mohammed Ahmed Baba Mohammed Mokhtar

marié tout / ; j v\

d'abord à la Hareitan Sidi Mbarek Mohammed Rouïchi

femme d Ah- « Abd Allah

med Baba > : v

3 fils fille mariée Yahdih à Rouïchi

Sidi Mbarek, Mohammed Abd Allah, et Rouïchi sont les personnages notoires actuels de Demouissat. Cette famille a été inféodée jadis à Ma Al-Aïnin et, quoique ayant abandonné la cause de ses fils, leur conserve des sympathies religieuses.

Yahdih, frère de mère de Sidi Mbarek et son ennemi, est le cadi des Oulad Bou Sba. C'est un lettré et un jurisconsulte éminent. Il a rendu, il y a quelques années, cette fetoua célèbre qui autorisait les Oulad Bou Sba, en leur qualité de Chorfa, à prélever sur les tribus maraboutiques le tiers de leurs revenus. Ce fut un beau scandale dans le monde des Zouaïa maures. Les luttes des Oulad Bou Sba avec les Tadjakant et les Oulad Biri en furent en partie la conséquence.

Les Oulad Bou Sba ont rendu quelques services depuis 19 10, en poussant de vigoureux et lucratifs contre-rezzous chez les Tekna et les Oulad Delim. C'est surtout leur utilité actuelle de servir de couverture à la Haute-Mauritanie. Plus tard, il sera possible sans doute d'utiliser leur génie commercial.

Les Oulad Bou Sba sont partagés administrativement entre le cercle du Trarza et le cercle de l'Adrar.

xxxvi. 14

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Les fractions relevant du Trarza (Résidence de Merderdra)

sont :

Demouissat '• • 33 tentes

Ahel 5idi AW Allah 30 —

Oulad Azzouz 18 —

Ahel Abd AI~Ou;ahhab 20 —

La population totale est de roi tentes, 175 hommes, 182 femmes, 195 enfants et une trentaine de captifs.

Les fractions de l'Adrar beaucoup plus populeuses, sont :

Ahel Sid Siyed.

Ahel Taîeb Abd Allah, Oulad Al-Baggar.

Ahel Taleb Tahar, Oulad Ahmeïda, Ahel Hadj Ahmed, Oulad Amran, Jemnouda.

De nombreuses tentes de ces fractions de l'Adrar, sans distinction d'origine, sont venues s'installer chez leurs cousins du Trarza.

Il y a encore un certain nombre de campements, dont l'exode depuis deux siècles n'est pas achevé, et qui sont établis sur les rives de l'Assaka et du Dra.

Quelques petits campements Oulad Bon Sba sont installés près de N'Diago, à une vingtaine de kilomètres au nor4 de Saint-Louis, dans le triangle Océan-fleuve Sénégal-Marigot de Maringouins. Ils y paient l'impôt de capitation, comme les noirs, depuis le premier jour de l'occupation de la Mauritanie. Ce sont surtout des Oulad Al-Beggar. Les autres nomadisent dans le Haut-Trarza, de Novakchot à la baie d'Arguin, se reliant ainsi aux Oulad Bou Sba de l'Adrar.

Les Demouissat ont leurs pâturages dans l'Adrar Sottof. Ils boivent aux puits de Bou Gueffa, de Guendouz, de

Techba, de Maatallah, Souih al-Abiod, d'Hassi-Farès, d'Iïassi-Taeliektemt, de Taguerzimet, et à plusieurs puits d'eau du Rio de Oro.

Ils ont de très nombreux troupeaux de chameaux, mais ni bœufs, ni petit bétail. Ils n'ont pas de captifs, ni de serviteurs noirs et font un commerce des plus actifs entre les Kçour d'Oued Noun, l'Adrar, le Tagant et Saint- Louis.

Les Oulad Azzouz nomadisent avec les Oulad Delim, du côté de Negjir, Bir Nethram, Reg, Inejdeïlen, Zemlet Djedari, Jouaïat, Lahfour et Khat Semsarou.

Les autres fractions Bou Sba du Trarza, ainsi que les fractions de l'Adrar, sauf toutefois les Oulad Al-Baggar et les Oulad Ahmeïda, nomadisent dans le Tiris et boivent à Zougrat Ahel Hadj, Meregba, Gnifat Al-Rechioua.

Les Oulad Al-Beggar nomadisent dans l'Agchar, le Tijirit, l'Azeffal et le Tiris oriental. Ils boivent à Ben Amira, Labba, Mouileah, Ouadi, Akouinit, Idachar. Ils possèdent dans l'Adrar des maisons et des palmeraies.

Les Oulad Ahmeïda nomadisent et boivent à Al-Aouj, Fédirek, Zel Al-Meleh, Mijek, Al-Orguïa, Tourarin du côté de Magtir, Zadnas.

L'arrivée des Oulad Bou Sba dans le Sahara méridional est trop récente pour qu'ils aient le temps de se couler dans le moule de la société maure. Aussi ne voit-on pas chez eux cette distinction de personne en clans ou castes : guerriers et marabouts. Ils se sont asservi toutefois des fractions zenaga. Ils sont tous sur le même plan, comme les membres d'une tribu de l'Afrique du Nord, et leur origine chérifienne (cette prétention est d'eux) les a tous nivelés. Ils peuvent donc sans déroger porter les armes, se livrer à l'étude, faire du commerce et élever des troupeaux. C'est pourquoi l'étude est fort en honneur chez ces guerriers.

Les Oulad Bou Sba sont d'infatigables pillards.- Leurs rezzous de dissidents s'aventurent de nos jours encore, pour enlever captifs et troupeaux dans le Hodh et jusqu'à Ras El- Ma, dans la vallée du Moyen-Niger.

Parmi les tentes réputées pour leur science, il faut citer — outre les Aliel Sidi Mohammed Tichiti, de l'Adrar, dont la réputation est universelle dans les pays maures :

Les Ahel Abd Allah Mâti ould Ahmed, le Jemmoudi.

Les Ahel Mohammed Mokhtar, Ahel Sidi Si}'ed, Mohammed Mokhtar, chef de la fraction, fut tué à Arouïnt dans les luttes avec les Kounta. Son fils Hommadi l'a remplacé.

Les Oulad Mbaïrik ould Ahmed Fal, des Oulad Ahmeïda. Ils sont les élèves des Ahel Mohammed Salem, la célèbre Zaouïa nomade universitaire de l'Adrar.

Les Ahel Khorchi, des Oulad Azzouz. Les membres les plus notoires de cette famille sont : Mohammed Mbarek et Ahmed Baba ; enfin Mohammed Yehdih (id est, « que Dieu le garde ») qui a été vu plus haut.

Les Oulad Bon Sba donnent certaines étymologies fantaisistes de leur nom. Leur ancêtre éponyme serait un chérif du nom de Bes, grand commerçant devant l'éternel, sur qui on ne pouvait avoir d'autres renseignements, quand on s'enquérait de sa santé, de ses migrations, que celui-ci : « Bes est en train de vendre » (bes baa).

D'autres disent que ce chérif, dont on ignore le nom, était ordinairement suivi par un lion, qu'il avait approvoisé, d'où son surnom « l'homme au lion » (Bou Sbaa).

D'autres enfin disent que Bou Sbaa veut dire simplement F « homme aux sept » (femmes, enfants, tentes...)

Les Al Gcra sont une petite fraction d'origine Oulad De-

L EMIRAT DES TRARZAS 2J3

lim, qui vivent, au nombre de 21 tentes, dans le Haut- Trarza. Les Al Gora sont d'ailleurs partagés entre les cercles du Trarza et de la Baie du Lévrier.

Ils constituent avec les Oulad Lab la fraction des Oui ad Chouikh (Oulad Delim). Chouikh et Remeith étaient les deux fils de Delim. Leurs descendants sont devenus les Oulad Chouikh et les Remeïthia. Seuls aujourd'hui les Remeïthia sont compris couramment sous la domination Oulad Delim. Cette origine n'est d'ailleurs pas refusée aux Oulad Chouikh, mais pratiquement, il n'en est pas tenu compte.

Les Al Gora ne sont pas de pure origine delimia, La tradition fait de leur ancêtre un « hanif » des Oulad Al-Lab, c'est-à-dire un individu qui vint s'installer chez les Oulad Al-Lab, s'y maria, y eut des enfants et finalement fut considéré comme faisant partie de la tribu.

Les Al Gora se subdivisent en :

Oulad Mehelhel,

Dokhon,

Leheminat.

Leur cheikh est Ali ould Sidi ould Al-Hiba. Ils comprennent 41 tentes, 71 hommes, 76 femmes, 83 enfants, et une dizaine de captifs.

Ils nomadisent au nord de Nouckchot, du cap Timiris à la baie du Lévrier, en bordure du pays Trarza proprement dit. Ils vivaient jadis avec les Oulad Al-Lab, leurs cousins. Ils s'en sont séparés et marchent maintenant à la suite des Oulad Bou Sba. Ils n'ont pas de Zenaga.

La population totale des tribus guerrières de la Résidence de Alederdra est de 980 tentes, 1.600 hommes, 1.748 femmes, 1.543 enfants et 346 serviteurs des deux sexes.

H. — Zenaga tributaires

La plus grande partie des fractions zenaga de la Résidence de Méderdra, ainsi que plusieurs tribus, fractions ou canlpetàaits extérieurs au Trarza, déclarent avoir une origine bèrbëre et une dénomination commune. Ils se disent Yafallen. Ils sont d'ailleurs incapables de donner quelque explication sur cette appellation qui remonte aux temps lés plus reculés, et qu'ils se sont transmise, alors que leurs fractions fusionnaient, se fondaient dans d'autres tribus, essaimaient dans tout le Sahara méridional ou émigraient.

Le lien qui les Unit est Un simple souvenir traditionnel, n'entraînant aucune sympathie ou relation spéciale.

Se dénomment Irallen les Aroùeïjat, les Agfoulaten, les Irenbaten, les Oulad Abd Al-Ouahad, les Oulad Rahmoùn, les Oulad Mbarek, les Al-Omch, les Smaïd, les Soueïlat, les Sbiat, les Seguïat, les Loumagui, les Id Ag Jemouella, les Leboured et les Touabir. On retrouve des représentants de ces tribus dans toutes les régions maures, dépendant de l'Afrique Occidentale française.

La plus grande partie des Zenaga est constituée en fractions autonomes avec leur chef et leur vie propre. Il y a cependant un certain nombre de tentes zenaga qui vivent isolées dans les campements des guerriers et des marabouts, et sont comprises avec eux et à leur suite.

Les Aroùeïjat se partagent entre les Résidences de Bou Tilimit et de Méderdra. Ils ont été étudiés supra, à la section de Bou Tilimit.

Là population totale des Aroùeïjat de Méderdra est de : 131 tentes, 179 hommes, 219 femmes, 166 enfants, 48 serviteurs des detix sexes.

Les Rehahla se partagent entre les Résidences de Bon Tilimit et de Méderdra. Ils ont été étudiés supra, à la sev* tîon de Bou Tilimit.

La population totale des Rehahla de Méderdra est de 264 tentes, 342 hommes, 376 femmes, 266 enfants, 68 serviteurs des deux sexes.

Les Zembott (au singulier Zombotti) sont des baratines et comprennent trois sous-fractions :

Afleïlïat 65 tentes

Reghiouat 58 — -

Zeïlouf a , 37 —

Les Afleïliat sont en général les descendants de captifs affranchis par les Ahel Agmouttar (Oulad Daman).

Les Reghiouat sont les descendants de captifs affranchis par les Ahel Abolla et les Oulad Ahmed ben Daman. La tente, qui jouit de la meilleure réputation, possède le tambourin et fournit les chefs de la fraction, est celle des Ahel Endiagmaye, d'origine ouolofe.

Les Zeïlouf a sont les fils d'affranchis de toutes les fractions Oulad Ahmed ben Daman.

On voit que les Zembott, fils de captifs affranchis, sont loin d'avoir une origine commune. C'est cette diversité d'ascendances que désignerait leur nom, vocable soudanais, qui signifierait : « mélangés, sangs-mêlés, bariolés ». Zoinbott signifie aujourd'hui en maure, « collier de femme aux perles multicolores ». Cette basse extraction comporte pour les Zombott un certain mépris de la part des autres tribus.

Les Zembott sont guerriers à la suite des Oulad Ahmed ben Dâmân. .

Ils campent dans le Chetnama et le Khechouriia, de Biakh

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à la hauteur de Richard Toll, sur la rive 'droite. Ils passent d'ailleurs très facilement sur la rive sénégalaise, où ils ont souvent des campements. On les comprend avec les autres tribus maures riveraines sous là dénomination générale d'Al^ Guibla, id est, les gens du midi. l*

Ils possèdent quelques troupeaux de bœufs de chameau:}: et de petit bétail, amis sont surtout des cultivateurs. Ils labourent et ensemencent une portion de Chamama inondé.

Leur population totale est de 158 tentes, 193 hommes, 232 femmes, 186 enfants, 109 serviteurs. I

Les Oulad Aïd ne sont pas à proprement parler des Zenaga, car ils ne sont inféodés ni aux Oulad Daman, ni aux Oulad Ahmed ben Daman et ne leur paient aucun tribut. Ils marchaient autrefois tantôt avec l'une de ces tribus, tantôt avec l'autre, et quelquefois se désintéressaient de Tune comme de l'autre.

Les Oulad Aïd se décomposent aujourd'hui administrativement en :

Oulad M'hairaned

... 31 tentes

Oulad Ahmed

Lebnaïb

Legteïbat

Lebreïkat

soit un total de 172 tentes, 205 hommes, 238 femmes, 190 enfants, %% captifs. Si toutes ces sous-fractions sont d'origine Oulad Rizg elles ne sont pas toutes de pure origine Aïd. Il est constant en effet, d'après la tradition maure, que les descendants et clients de Rizg, constituaient au commencement du xvti6 siècle une tribu affaiblie qui tînt tête à Daman et à ses fils, dans l'Inchiri et les battit même à Nich, mais la mort de leur chef Mahinin ould Aïssa entraîna leur

ruine. Ils durent reculer vers le Ned et se partagèrent en deux groupements : celui des Oulad Aïd qui s'établit dans la région de Choubouh, avec Tin-Yaci comme puits ; les Legteïbat, qui nomadisèrent de Nouakchot à Tilmas.

Sous la pression de nouvelles luttes avec les Trarza, les Oulad Rizg ont dû à nouveau reculer vers le sud et s'établir dans le Chamama. Mais tandis que les Oulad Aïd s'adaptaient à leur nouvelle vie et se mettaient au travail de la terre, les Legteïbat entamaient de nouveaux combats contre les Peul du Fouta et s'usaient peu à peu. Ils ne sont plus aujourd'hui qu'une douzaine de tentes, constituant un petit campement des Oulad Aïd.

Des sous -fractions Oulad Aïd jadis florissantes, tels les El-M'hamid, les Oulad Salem, les Jeradat, ont aujourd'hui disparu. Les quelques tentes qui en restent se sont fondues dans les autres campements Oulad Aïd.

Le Cheikh des Oulad Aïd est Al-Oualed ould Al-Oualed ould Endiawara.

Cette tribu est campée aujourd'hui dans cette partie de Chamama, dite de leur nom, la Dakhla des Oulad Aïd, près de l'Idawfal. Ils cultivent la terre comme les noirs qu'ils entourent.

Ils ont rendu de précieux services à Coppolani qui trouva en eux des guides et des agents de renseignements. Leur désintéressement de la cause des Trarzas, qui furent leurs oppresseurs séculaires, servit bien la politique française. C'est pourquoi Coppolani les groupa en fraction autonome et leur donna comme chef l'un d'entre eux, Hassan ould Tal.

Sous le nom de « Beqaïa Zenaga » les maures du Trarza désignent un certain nombre de campements, installés dans le sud du pays et dont les origines, pour être berbèresçanhadja, sont fort mal définies» Ce sont les

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Legneïdat 12 tentes

Loumagui J

Soucilat > 45 —

Agfoulat. (Ig. foulaten) . . . . \

Oulad Abdi Àl-Ouahhab .... 25 —

Ils comprennent au total 82 tentes, 85 hommes, 92 femmes, 87 enfants et une vingtaine de captifs.

Les Legneïdat sont d'origines très diverses. Une partie d'entre eux aurait pour ancêtre un certain Nouaffout, nom qui arabisé était Bou Rekeïba, « l'homme au petit genou ». Une autre partie descendrait d'Id-Eïfou, c'est-à-dire Bou Rouis, « l'homme à la tête bourgeonnée ». Les autres enfin seraient des Derakîa, c'est-à-dire les Oulad Laôuer ou fils du borgne. Les Legneïdat sont tous d'origine çanhadja, mais les Derakla seraient d'origine juive, venus de chez les Berbères. Il est regrettable que l'absence de toute autre tradition ne permette pas d'approfondir ce renseignement si intéressant.

Les Legneïdat sont les « aïal » des Ahel Abd El-Ouahad (Oulad Bou Sba), c'est-à-dire que leurs biens leur ont été donnés par cette fraction et que celle-ci est toujours maîtresse d'en disposer. Pratiquement, il n'en est plus ainsi. Les Legneïdat doivent simplement nourrir et hospitaliser leurs patrons et à l'occasion leur faire des cadeaux. En revanche, ils recevraient une certaine protection contre les pillages des hassanes.

Les Loumagui, Soueïlat, Agfoulat et Oulad Abd Al-Ouahad sont d'origine çanhadja, du clan des Irallen. Les Soueïlat comptent avec les Aroueïjat, à qui les unissent des liens traditionnels d'amitié. Les Agfoulat auraient pour ancêtre Othman, des Irallen.

-tt -X-

Les Lemradines (au sing. Merdâni) sont d'origine çanhadja. Ils comprennent les deux sous-fractions

L EMIRAT DES TRARZAS 2îg

Outad Abâ AlrOuahad.

Lemnacir (sing, Mançouri).

au total 62 tentes.

Ils ont la plus mauvaise réputation. Les Maures jouant sur le nom d'un de leurs campements, Anatit (sing. Antouti), les appelaient Henatit, c'est-à-dire « les voleurs à la ruse ».

Le surnom que leur a donné Faidherbe <c Lemradine- Bla Dine » c'est-à-dire « Lemradine — Gens sans religion » leur est resté dans le Trarza.

Leur recensement accuse 71 hommes, 84 femmes, 127 enfants et une vingtaine de captifs.

Les Lemzazga (sing. Mezzagui) descendraient d'un certain Mezzagui, arabe venu de l'Iraq et qui s'établit dans l'Adrar, à l'ouest d'Atar. Aussi appellerait-on encore aujourd'hui la piste qui s'enfnoec d'Atar vers le Saheî, la Mezzaga. Les enfants vinrent dans le Trarza, il y a plusieurs siècles et y forment aujourd'hui une fraction de 172 tentes.

Leur recensement accuse 290 hommes, 336 femmes, 372 enfants et une cinquantaine de captifs serviteurs.

Ils sont les tributaires des Euleb, sur le territoire de qui ils vivent.

La population totale des tribus zenaga de la Résidence de Méderdra est de 1.041 tentes, 1.365 hommes, 1.524 femmes, 1.394 enfants et 401 captifs-serviteurs des deux sexes.

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