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oubliés de l'Egypte et du Sinai cette suite de bienfaits et de châtiments miraculeux qui signalèrent le long séjour des Israélites dans le désert.
Ce n'est pas tout : descendant au gouvernement politique de la nation, il faut que Dieu fixe sa demeure au milieu d'elle, y élèvera toute (i). L'arche est le trône ou il réside, entouré, d'un côté, des pontifes qui par les sacrifices rendent hommage à sa majesté divine , de l'autre, des magistrats et chefs du peuple, qui reconnaissent sa puissance royale en sollicitant ses ordres pour la paix et la guerre. A ces deux classes de ministres, par lesquels il gouverne les âmes et les corps, il ajoute le ministère prophétique, composé d'envoyés extraordinaires, qui, armés de la puissance de la parole et des œuvres, rappellent incessamment les prêtres et le peuple à l'observation de la loi.
De là ce gouvernement à part et surnaturel, cette incessante intervention de Dieu dans les affaires du peuple juif, qui faisaient dire à Moïse : « Quelle est la nation si grande qui puisse se glorifier d'avoir des dieux aussi familiers et acces-
(i) Exode, ch. XXV, 8.
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sibles que le Seigneur l'est pour nous (i)? » Il y a des esprits aussi faibles en philosophie que dans la foi, qui ont peine à croire à ce tissu de révélations et de miracles, à cette grande familiarité de Dieu avec les hommes. Qu'ils nous disent donc quels moyens plus convenables Dieu aurait pu choisir pour sauver du déluge de l'idolâtrie les principes de la rédemption du genre humain, savoir : la connaissance du vrai Dieu et de la création du monde , l'histoire de l'origine de l'homme , de sa chute, la promesse du Libérateur. Si Dieu, usant envers les Israélites de la même réserve qu'envers les autres peuples , les eût abandonnés à leur pente naturelle, il est clair que ces précieux germes de salut eussent été à jamais étouffés. Alors, quels antécédents, quelle tradition eussent pu invoquer Jésus-Christ et ses apôtres, pour établir, expliquer, justifier leur mission, et l'offrir aux hommes comme le développement à la fois naturel et miraculeux des desseins de Dieu sur le genre humain?
Il est assez prouvé, par l'histoire générale de l'esprit humain, que, sans la révélation, l'idée si simple, si rationnelle d'un seul Dieu créateur,
(i) Dtuléronome, ch. IV, 7.