‹ L'emouchet; Le tue-belettes; Merlin;Chapitre 8 sur 9 · FULGENCE · texte numérisé non relu

FULGENCE

Florestine essuya ses paupières, s'appuya sur le bord de son lit et, mélancoliquement, se prit à réfléchir. Elle ne savait pas pourquoi, mais à présent ces quelques lignes lui paraissaient prêter à équivoque. Il y avait trois semaines qu'elle avait reçu le billet de Fulgence et, depuis trois semaines, Fulgence ne lui avait plus donné signe de vie. Il ne s'était pas éloigné de CoUeville, cependant, et, après lui avoir prodigué de sages conseils, de pressantes objurgations, sa promise ne laissait pas de craindre sérieusement qu'il n'en tint compte trop volontiers.

Les quinze premiers jours, encore que surprise des airs embarrassés et du mutisme persistant de Brunei, Florestine avait pris son mal en patience parce que les deux valets étaient astreints à une certaine réserve. Maître x\chille ne se doutait toujours de rien et s'abstenait de

toute ronde nocturne, mais il continuait de tonitruer contre les belettes et de « .baguenauder » dans son clos. Qui mieux est — prodigalité inouïe! —, il avait rapporté de Fécamp un énorme traquenard, une manière de piège à loups, grâce auquel il se promettait

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