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LES PROJETS D^ALLIANCES

peu, puisqu'il avait apposé sa signature au bas de la convention d'indemnité. A quoi bon lui demander une renonciation, à laquelle il ne se croirait plus lié le jour où la situation générale de l'Europe se modifierait en sa faveur?

Les chambres eurent à peine, grâce à ce raisonnement, approuvé les conventions, que le gouvernement prussien en relira le bénéfice au roi de Hanovre et à l'Électeur de Hesse. Le premier, retiré à Hîetzing, près de Vienne, entretenait des rapports suivis avec les fidèles de son ancien royaume. On lui envoyait des députations, on organisait des manifestations loyalistes. Le roi Georges en outre, autorisait et subventionnait l'entretien, en France, d'une légion hanovrienne, composée d'anciens officiers et soldats de son armée et recrutée môme, en partie, de jeunes gens du Hanovre. De son côté, l'Électeur de Hesse mettait également à profit la fidélité de ses partisans, qu'il encourageait par des subsides pécuniaires. Il avait envoyé aussi aux gouvernements européens une protestation .formelle contre l'usurpation dont il se disait victime. Tels furent les faits par lesquels M. de Bismarck motivait la confiscation de la fortune et des revenus antérieurement assurés aux deux princes. Une ordonnance royale fut rendue à cet effet, prononçant le séquestre de ces biens pour en réunir les revenus dans un fonds commun, administré par l'État et destiné soit à combattre les projets hostiles des deux ex-souverains, soit à en affecter certaines portions à des amé>liorations intéressant leurs anciennes possessions. Les chambres, déjà opposées dès l'origine aux largesses que le gouvernement avait accordées aux princes, s'empressèrent de sanctionner la confiscation.

Le môme accord entre le parlement et le gouvernement se

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maintenait sur le terrain fédéral. Le travail d'unification législative s'accomplit promptemenl, soit qu'on appliquât les lois prussiennes à la Confédération, soit qu'on remplaçât les lois particulières des divers Etats par des lois fédérales. Ainsi la loi prussienne sur le service militaire devint loi fédérale ; la représentation diplomatique des États fut remplacée par des agents fédéraux nommés par le roi de Prusse. Les crédits pour l'armée furent votés sans opposition et sans réduction. Le parti libéral ne les marchandait plus, comme avant la guerre de 1866. Et lorsque quelques rares voix vinrent se lamenter sur les gros budgets militaires, le général de Mol tke les fit taire, en exposant que le seul moyen de diminuer ces dépenses était de former au centre de l'Europe une puissance qui, sans être elle-même conquérante, serait assez forte pour défendre h ses voisins de faire la guerre : dans l'esprit du général, cette puissance ne pouvait être que la grande Allemagne unie.

Mais, en acceptant le concours du parti libéral suivant les convenances de sa politique, le gouvernement eut soin de repousser toutes les motions intempestives en faveur de Tunification. De ce nombre fut la proposition, émanant de ce parti, de créer des ministères fédéraux et responsables. M. de Bismarck s'y opposa avec énergie, au nom de l'autonomie des États fédérés. Il ne voulait pas d'unitarisme, disailil, lequel était contraire aux traditions historiques de l'Allemagne; le particularisme, cause de faiblesse, avait fait pourtant la force de l'Allemagne. Il ne cessait de recommander, de ne rien précipiter, de laisser le temps faire son œuvre.

L'œuvre à laquelle on travaillait le plus activement à Berlin, c'était le perfectionnement du grand appareil militaire.

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