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du ressort de la législation impériale, le parlement était compétent pour en décider. Tel n'était pas l'avis du gouvernement et de TEmpereun Nous avons rapporté de quelle manière le monarque intervint directement en contestant au parlement le droit de s'ingérer dans les actes de gouvernement du roi de Prusse. Malgré cette défense, au mois de janvier, il s'engagea sur ce sujet une vive discussion, dans laquelle les catholiques et les libéraux progressistes prirent fait et cause pour les Polonais, Deux jours après le discours royal aux chambres prussiennes, le parlement de l'Empire vota, à une grande majorité, une motion par laquelle il déclarait les expulsions ni justifiées ni conformes aux intérêts nationaux de l'Empire allemand.
A l'exemple de l'Empereur, les chambres prussiennes s'élevèrent contre la résolution du parlement, non en l'attaquant directement, mais en faisant d'avance acte d'adhésion aux mesures que le discours d'ouverture avait annoncées contre le polonisme. A cette occasion le prince de Bismarck déclara en propres termes qtf il s'agissait d'une véritable campagne contre l'élément polonais. « Nous avons constaté », disait-il, « que tous les efforts pour gagner la noblesse polonaise à l'Al- » lemagne ont été stériles, et qu'il faut changer de système, » diminuer la population polonaise afin d'augmenter la popu- » lation allemande. Nous avons assez de nos Polonais à » nous ; il faut nous débarrasser des Polonais étrangers. » C'est une mesure politique que nous maintiendrons éner- » giquement, et vingt votes du parlement de TEmpire n'y » changeront rien. »
Les mesures législatives ne se firent pas attendre. Plusieurs projets de loi, déposés par le gouvernement prussien, avaient pour objet la création d'un fonds de cent millîonsde marcs pour
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acheter les terres des Polonais dans le but d'y établir des colons allemands et pour construire des écoles et des églises allemandes ; un autre projet enlevait aux communes polonaises le droit de nommer les professeurs de leurs collèges et de leurs écoles, et transférait ce droit au gouvernement.
De ces divers projets c'est celui relatif à Tachât de propriétés en vue d*y appeler des colons allemands qui suscita la plus vive sensation. Ces propriétés, dans la province de Posen, sont en majeure partie celles de Taris tocratie polonaise, et elles sont grevées d'hypothèques. L'État compte donc proflter, pour les acquérir, de la pénurie de leurs propriétaires, qu'il considère comme les ennemis de TEmpire allemand. C'est une sorte d'expropriation dans un but politique.
Vivement combattues, aupoint de vue humanitaire et beaucoup aussi & celui des principes conservateurs, ces mesures ne pourront, en tout cas, produire que dans un avenir très éloigné TeETet qu'en attend le gouvernement prussien. Elles ne feront pas disparaître l'antagonisme entre les deux races et ne supprimeront pas non plus la question polonaise, qui n'est pas uniquement prussienne et allemande mais aussi russe et autrichienne, et qui pourra renaître avec toute grande secousse en Europe, en se posant sous la double forme internationale et révolutionnaire.
Il faut remarquer que la question polonaise a eu pour effet de mettre à jour un certain désaccord entre la représentation nationale de l'Empire allemand et les chambres prussiennes. Ce n'est pas la première fois qu'un fait de ce genre se produit. En 1848, l'Assemblée nationale de Prusse s'était élevée contre les empiétements du parlement allemand de Francfort; aujourd'hui encore, d'après ce qui vient de se pas-
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ser, il semble que les chambres prussiennes soient plus prussiennes qu'allemandes.
Parleur altitude dans le parlement, c'est-à-dire par leur opposition à la politique du gouvernement, les groupes dont nous venons de parler devenaient naturellement gênants et incommodes : Guelfes, Danois, Alsaciens-Lorrains et Polonais s'attiraient ainsi le nom d'ennemis de TEmpire. La môme qualification fut encore décernée au groupe le plus compacte de l'opposition, aux députés catholiques qui forment le parti du centre. L'action de ce parti se rattache au grand conflit entre l'État et l'Église dans l'Empire allemand, conflit dont nous allons parler.