‹ L'empereur Héraclius et l'Empire Byzantin au 7. siècleChapitre 11 sur 90 · III. L'élévation et U oosnoBamut d-eeraclins · texte numérisé non relu

III. L'élévation et U oosnoBamut d-eeraclins

La soudaine et foudroyante expÊdilion d'Héraclius avait rempli les Grecs dclonncmcnt et d'enthousiasme, Ne trouvant pas dans l'histoire de délivrance aussi inespérée, c'est à la mythologie qu'ils demandaient des comparaisons et des souvenirs. Pour eus, Héraclius C"lait un nouveau Persée, un nouvel Hercule. Mais entre le héros de la l'aLle cl Je lier as authentique qu'ils avaient sons les yeux, leurs préférences

rieux d'avoir exlerniiné l'hydre de Lerne que d'avoir mis à mort le tyran qui, suivant l'énergique expression du poëte, * moissonnait l'empire tout entier »(1).

Après une action aussi éclatante, il n'y avait ou monde qu'un seul homme qui pût régner à Constantinople, et cet homme était Hérach'us. Mais le vengeur de Maurice, le libérateur des Grecs, malgré la convention établie par son père avant le départ, ne montra pas d'empresment à recueillir la récompense que la voix publique lui offrait (2). 11 se détourna tout d'abord

(1) iiX itîi; v tin Tilmtu tôt. Htradiadoi. Acr- [I, v. 33. [S] CfirDFiijue FokoJi, p. 108.

des insignes impériaux .que l'on faisait briller devant lui. Peul-âtre ia destinée de Maurice et les infamies de Phoons en ternissaient l'éclat à ses yeux. Mais il obéissait surtout aux préoccupations de sa conscience. Il savait quelle responsabilité il allait assumer en acceptant l'héritage douteux des Césars. 11 serait obligé de changer sa manière d'être et jusqu'à son caractère. Habitué ù l'étude et à la méditation, il serait contraint d'agir. Autre chose était d'avoir pris dans une occasion solennelle, et sous l'empire d'un irrésistible: enthousiasme, une patriotique résolution, autre chose de disposer à toute heure d'une volonté énergique. Il se connaissait, ayant longtemps vécu avec luimême, loin des discussions do la grande capitale. H pensait bien que la cour de Byzance ne ferait qu'aggraver son défaut originel , et l'exemple de Maurice, général intrépide et empereur indolent, était trop récent pour que la signification lui en échappât. Son premier mouvement fui de s'écrier qu'il était venu non pour usurper, mais pour accomplir une œuvre de haute justice. Il exhorta Crispus à monter sur le trône, d'où Phocas venait d'être précipité. Mais Crispus, à son tour, refusa celte périlleuse digni-

té (1). Le sénat et le peuple redoublèrent leurs prières et leurs exhortations. A la fin, Héraolius fut ébranlé. La défiance de soi-même le céda apparemment à la pitié, fi lat^mpefAw.EntratnS au palais par le palriarcbe Sergius, homme résolu qui devait. avoir sur lui une puissante influence, ïl fut couronné dans l'oratoire de Saint -Etienne. Il ne ceignit pas seul le bandeau impérial : il le partagea avec sa fiancée Etidoxie, sorlie du monastère où le tyran l'avait reléguée. Suivant l'expression de l'un de ses historiens, le même jour le vit époux et empereur (2). Coïncidence salutaire, car, après la crise qu'il avait traversée, il pouvait épancher au sein do la famille son émotion, où entrait tant do .joie et tantde douleur!

Lorsque son cousin Nicétas atteignit Chalcédoine, la nouvelle royauté élait consacrée et inaugurée. Héraclius, qui l'aurait cédée bien volontiers, élait enchaîné au gouvernail de l'Etat par son devoir et par ses serments. Mais, pour lui témoigner ses regrets et son estime, il lui éleva sur le forum une statue équestre avec une

(I) Slciphoro.p.ï.

(!) Théophane, I, p. 481. - Le 7 octobre 610. .

inscription louangeuse (1). Unis comme deux frères durani leur existence, rien ne troubla leur amilté, et on ne sait ce qu'il faut admirer davantage, de la résignation de Nicétas ou de la confiance d'Héraclius.

(i) Yoir VAilhologtigrtcque.èAil. Jacobs, l. Il, p. 63, épigr. iC>

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