‹ L'empereur Héraclius et l'Empire Byzantin au 7. siècleChapitre 14 sur 90 · SO C1JAT1TRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

SO C1JAT1TRE TROISIÈME

voyants, quand la Grèce, épuisée par ses conquêtes, ses émigrations, ses dissensions locales, devint la proie des Romains. A la faveur d'une expérience qui leur coûtait cher, les Grecs so rendirent mieux compte des vices de leur constitution. I'oiybe suivi! avec un sang-froid peu patriotique, mais iliyne d'Avislote, le travail do la conquête romaine, et le premier, parmi ses compatriotes, eut l'idée d'une nalion, d'un empire, dece que nous appelons aujourd'hui un Etat.

Quel merveilleux rqieelaelc. que celui de tant de cités, différentes de mœurs, de langues et de cultes, réunies sous l'autorité du sénat et du peuple romain! Cette -domination ne pouvait être comparée à celle d'un Cyriis ou d'un Antiochus : c'est ù îles cites oi-gunisées, non à des villes despotiques, que Rome avait affaire. Si elle limitait leur indépendance, elle ne (es asservissait pas; si elle leur enlevait leurs droits, elle leur conférait les privilégies romains.

La Grèce, tout d'abord, vit plutôt les inconvénients que les avantages de celte révolution. Apollonius de Tyane écrivait à un empereur :

« Vous avez privé ma patrie de lu liberté qui lui avait été rendue; je ne suis plus des vôtres » ()). (1) Pbilostrate. Induction de M. Chassang.

Plutarque se montrait plus résigné, sinon plus satisfait ; « Contenions-nous de ce que les maîtres nous laissent : nous ne gagnerions probablement pas à avoir davantage » (1). Il se réfugiait dans sa bien -aimée petite cité de Cliéronée, où il eoneen Irait son amour, en digne descendant des Léonidas tl des Xcnophem. Il écrivait ses parallèles, opposant palrioliquement aux Romains illustres des Grecs non moins fameux.

Mais, peu à peu, les Grecs oubliaient leur glorieuse histoire, à la vue d'une domination presque aussi féconde et plus éclatante que leur ancienne liberté. Eux-mêmes y participaient tous les jours davantage. Ils figuraient au Sénat, que l'auteur des Annales nomme avec respect la tête de l'empire, et qui renfermait les illustrations do toutes les provinces. Au second siècle, Lucien, un Grec né sur les bords de l'Euphrete, qui ne connaît même pas les chefsd'œuvre de la littérature latine, est fonctionnaire romain, et surveille l'exécution des décrets de l'empereur (2). Bientôt le rhéteur Aristide

(I) La mirait dam Plularqiie, par M. GriNird, p. HO.

(!) Lucien : Apologie pour cens qui nmlma oagu Sa grands, Dbap.li. - 11 est Tral qu'il dit dans VEhge de /a Poiré: «On peu t admirer [a grandenr^la bMOtë^st la magnificence! des

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