III. RÛlB do l'empereur
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Au commencement du vu' siècle, les avis étaient fort partagés au sujet de la conduite que devait tenir l'empereur : » Les uns, dissertant
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Dt Expédition Persica, Acr. II, v. 36.
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subtilement sur les maximes et les lois du eom-
p retend aient qu'il était (lange roux d'exposer son prestige aux liasar<l^ des événements. Quelquesuns enfin combinaient dans leur esprit les deux avis opposés, prétendant, en sophistes qu'ils étaient, que le prince devait rester dans son palais et prendre part à la guerre en y songeant (1). » Ces paroles sont suffisamment commentées par les règnes des prédécesseurs d'Héraclius. Justinien lui-même ne s'était-i! pas contenté dé jouer le r ôle de seconde Providence? Maurice, général intrépide avant son élévation, essaya, mais en vain, d'entrer en campagne. On lui suggéra des scrupules : un songe, un mauvais présage, le ramena énervé . et abattu au fond de son palais. Pisidès, qui a d'autres exemples devant lui, s'attache a faire prévaloir d'autres maximes. Il no veut ni d'un empereur fainéant, ni d'une majesté invisible. Faire ia guerre est, à son avis, la première obi i-
De EsptMkhl Finies, Acr. I, ». i la.
galion de l'empereur. S' il daigne commander en personne, quelle pn'eieuse garantie pour ses sujets! « Quand le maître combat pour tous, l'entreprise ne saurait manquer de réussir » (1). On a besoin d'un souverain actif, infatigable, toujours en mouvement (2), t|ui consacre ses veilles aux combinaisons de la politique et de !a stratégie, et ses journées aux exercices militaires et aux délibérations. La prière adressée àDieusemblc seule plus importante que le travail de L'empereur. L'une, en effet, fait pencher la balance en notre faveur, l'autre réalise les décrets d'en haut.
Il y a, dans cette théorie, si on l'examine attentivement, autre chose qu'une mâle protestation contre les temps de lâcheté. Je me méfie d'une époque qui exige tout du souverain et si peu des simples citoyens, et qui nous propose enfin une maxime telle que celle-ci ; « Un seul doit penser pour tous.»
Gibbon nous rappelle quelque part « ces pom-
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De Expédition Ptrna, Àcr. III, v. Kl.
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peuses cérémonies byzanlines qui semblaient seules former la constitution de l'État. » Jl y a là une exagération dont nou* avons luit justice. Mais il importe (le saisir l'ensemble de ce système dont nous n'avons encore étudié que le principe.
Le moine Théophanc nous aidera dans cette tache, u L'empereur Justin étant tombé malade, dit-il, profita d'un instant où il se trouvait mieux : il manda auprès de lui !e patriarche, le sénat, fous les prèlres et les magistrats, et c'est devant tous ces personnages réunis qu'il adopta Tibère (1). »
La hiérarchie est ici nettement établie. Le patriarche a sa place immédiatement au-dessous de l'empereur, comme l'empereur a la sienne immédiatement après Dieu. 11 émane à la fois de Dieu cl de l'empereur dont il partage seulemcntlc pouvoir spirituel. Hâtons-nous de dire qu'à Byzanee le spirituel et le temporel étaient si intimement unis, que le patriarche était le conseiller nécessaire du souverain. « Lorsque
eimi.il. Théopbane, 1, p. 382.
lo vieil Àndronic, écrit Montesquieu, fit dire au patriarche qu'il se mêlât des affaires de l'Église et ie laissât gouverner relies Je l'empire, c'est, lui répondit le patriarche, comme si le corps disait à l'âme : je ne prétends rien de commun avec voua, cl je n'ai que faire de votre secours pour exercer mes fonctions (l).n
Le sénat placé au quatrième rang dans la théocratie byzantine, n'avait rien du prestige de l'auguste sénat romain. Son nom véritable était assemblée, o^ïXii-™;. C'était en réalité le conseil du princo, quelque chose de semblable h noire Conseil d'État. Dans son sein se formaient ces diplomates que Pisidès célèbre ainsi : • Des hommes supérieurs pour l'action et pour la parole qui, dans d'harmonieux discours, proposaient d'interrompre les hostilités et de mettre un terme à de communes inquiétudes (2).=
Dans son allocution a Tibère, Justin ne distingue pas les sénateurs des uutres magistrats : ■ Tu vois ici présents tous les membres de l'État (3J. p
(1) Graniwr et âltadtxce des Romain, cliap. mi. [ïj Bellum JnnmsT, 334.
(S) Tttnw ot; Sifc.ii («as TÎ; «linli; Théophïne, I,