I. Les Perses, Us Sassonides, le Magisme, Choaroés
Le plateau de l'Iran est entouré, de tous les côtés, de hautes chaînes de montagnes qui servent d'appui au Taurusclû. l'Himalaya. Chacune de ces chaînes a donné, à des époques fort diverses, des dominateurs à la Haute-Asie. Des monts Elbourz, sont descendus les Mèdcs ; des monte Elvend, les Perses; des monts du Khoraasan, les Parlhes; des mon ts Soliman, les Ghaznévides ; de i'Indou-Kouch, les Afghans.
Les Perses sont, parmi tous ces peuples, celui qui attire le plus les regards. En effet, ils ont, par deux fois, formé des empires qui le cèdent à peine, en éclat et en étendue, à l'empire ro-
Le second de ces empires, le seul qui doive
souverains aussi célèbres; il a soutenu des luttes aussi acharnées, remporté autant de victoires,
l.KS rEKSE-IH, [.US iJAS-AM!)!-:.., J,F. 3!.U;i.J>]E, rHllSKOW. 85
subi autant de défaites. Il offre avec lui de nombreux rapprochements. A coté de la similitude des noms, il y a la similitude des physionomies et des actions.
Au commencement du m" siècle de l'èreclirétienne, la résurrection du Ilotisme, qu'une longue idolâtrie et d'innombrables schismes ' avaient dénaturé, porta sur le trùne desAchéménides, restauré npn's ciinrj siècles, la dynastie, de Hassan, gardienne du culte des ancêtres et de l'orthodoxie.
Quatre-vingt nnlle prêtres, rôunispar Arlaxercès, se présentèrent pour desservir les lomples purifiés. Les seetis dissidentes, les religions rivales, telles que le Christianisme, furent persécutées par les grands rois avec un zèle de néophytes. Mutés, sous Sapor; Mazdak, sous Nouschirvan, expièrent dans les supplices leurs lé mérai re s in n o va tio n s .
Cette fureur de prosélytisme, l'amour du pillage, d'inévitables compétitions, mirent aux prises les Perses et les Romains. Un empereur romain servit de marche-pied au roi des rois ; un empereur romain trouva la mort sous les murs de Ctêsiphon, capitale des Sassanides (1). (I) Valoriun al. Julien.
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La destruction d'un temple du feu, à Suse,
ment constitué, une guerre de religion, qui eut surtout pour théâtre l'Arménie, que le christianisme et le mazdéisme se disputaient, et qui, à travers bien des partages, finit par se ranger do côte" de l'Evangile.
Sous )cs règnes de .ftisLinicn et de Nouschirvan, la lutte, plusieurs lois reprise, aboutit à un traite honteux pour les Koniains qui se soumirent à un tribut annuel.
A la mort du plus illustre des Sassanides, commencèrent des troubles civils qui, renouvelés un demi-sièelii après, devaient désorganiser la domination persane. La Perse apparut alors aux Grecs comme une arène, où les crimes les plus odieux étaient accomplis de sang-froid (1).
ChosroâB, qui fut tour à tour un nouveau Cyrus et un nouveau Xerxè.-i, devait toute sa fortuneà Maurice, IMit-hls dugiaiidiS'ouscbirvan, filsderimbécilc Hormisdas, il avait été privé de l'héritage paterne! par Bahi'am. Héfugié sur le territoire de l'empire, il sollicita le secours des Romains auxquels il promit de faire de nom- (I) BtnxliadiH Acr. II, v. 173.
LES PEliSES, LES SAS SAN DES , T.E MAI.ilS.NHi, ClIOSKOÈS. 87
breuses concessions. Suivant les historiens arméniens, Maurir.'i.! soumit la question au sénat. La réponse des patriciens ne fut pas favorable : ' Les Perses, dirent-ils, sont un peuple faux et injuste. Dana le danger, ils promettent beaucoup. Délivrés du péril, il's nient la parole donnée. Nous avons essuyé bien des maux do leur part. Qu'ils s'exterminent les uns les autres. Nous nous reposerons» (i). Mais l'avis de l'auguste assemblée ne s'imposait pas aux décisions du monarque. On se lança dans les aventures. Chosroès, rétabli, tint d'abord ses engagements : « II ordonna de détacher pour l'empereur une portion dus trésors provenant du butin (2). » Il abandonna aux Bomaïns Nisib, Dara, et une partie de l'Arménie.
Il se proposa de surpasser ou magnificence tous les Sassanides. Le Persan Mirkhond a vanté a la fermeté de son jjouvr.'nicment, la sagesse de ses vues et son intrépidité dans l'exécution, la multitude de ses armées, la richesse de ses trésors, la sûreté des chemins sous son règne, la rapidité et l'exactitude avec lesquelles il se
(i) Voir In Jour>ia'.ni;::-i«? ÏVnh'i -ui.Lri ISWi), arlicio de St. Prinl'hemeic sur \'U\!ti>\rc du îiusa.-ii'ilti Je Palbniajl.
faisait obéir. » C'était d'ailleurs un roi tout
jeunes filles aussi belles que la June, aussi suaves que l'odeur di"; lnmbre. » Sa Favorite était Schirin, chrétienne de la Susiaoe ou du Liban, qui réunissait t les quarante qualités d'une beauté parfaite, » et à laquelle il resta fidèle jusqu'à la mort. Un orgueil démesuré le possédait. 1! s'appelait lui-même « maître des nations et dieu très-illustre " (1). Il exigeait qu'on l'adorât à l'égal d'Oromaze.
Les Sassanides, établis en Assyrie, avaient donc subi, à leur tour, l'influence des traditions babyloniennes. Le sens des rits zoroaslriens s'était perdu sous les derniers successeurs d'Artaxercès. Au delà du feu et de l'eau, du soleil et des astres, on ne savait plus distinguer le Créateur de tous les êtres (2). S'il fallait en croire George Pisidès, on en serait venu à une sorte de fétichisme (3).
Las d'un long repos, Gbosroès résolut de
[1] v. TMophylaett SimooUa, P . 17B.
(î) C14mi>nl il'AiexaiKliïn, Ciàort,, jj. M, avait fort bien dit:
•A-[âl««T* [>i> Oitû cii ïi! ii'r.,: Oïïiii.yji.ii, ÏXM.n;... &Oi
rfj ;i soi M»p m tû.'.i-, I /ni' j-n riv. Ilt'rtnJolp, liv. I,c. 31, al l'isirlf'i beiutC0U[> moins iiicn avisé, i)t Kjj i cil iîi<i m fei-n'ts, 1er. [, v. 18.
(3; i)e tVjind'ti'dK Pu-noi, iiii.
l'orient hellénique AU VH" SIÈCLE. 89 profiler du crime terrible qui avait mis au tombeau Maurice cl toutes» dynastie. Fils adoptif île l'empereur, i! pirleMu les st'iitiments dont l'humanité s'honore le plus, pour accomplir, contra le monde romain, les projets les plus perfides. II prétendît avoir recueilli Théodore, l'aîné des enfants impériaux et la première victime de Phocas. En réalité, s'inspii'anf des idées de ses ancêtres, il voulut conquérir les anciennes possessions des Achéménides. Il mettrait ainsi le comhle à sa grandeur politique et religieuse. Aux églises, il substituerait partout les temples du feu. Ses trésors regorgeraient de richesses ; son sérail deviendrait plus populeux, et la terre entière, soumise par ses armes, adorerait le dieu Ghosroés.