‹ L'empereur Héraclius et l'Empire Byzantin au 7. siècleChapitre 21 sur 90 · II. L'Orient hellénique au VII' siècle · texte numérisé non relu

II. L'Orient hellénique au VII' siècle

L'Orient hellénique, que Chosroès convoitait et qu'il allait ensanglanter, mérite, autant que l'Occident latin, de fixer l'attention de l'histoire. La Grèce avait gagné à sa langue et à sa civilisation l'Asie- Mineure, la Syrie et l'Égypte, comme Rome elle-même avait transformé la Gaule, l'Espagne et la Numidîe. Mais, toutd'a-

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bord, tandis que le nionrlo romain avait eoneervé un centre commun rjni attirait les nations organisées par lui, le monde grec, au contraire, ne possédait ni métropole ni capitale La cause de ce phénomène est (hi'ile a saisir. L'expansion hellénique s'était faite sans dessein, suivant les hasards del'énii^ratinn ; la eonqu^ie d'Alexandre n'avait été qu'une aventure qui avait jeté brusquement hors de la mère-patrie les hommes les plus intelligente et les plus braves. Les cours d'Alexandrie, d'Antioche, de Pergamo. avaient perpétué cette absorption. Ainsi, la vie s'était portée aux extrémités. Si la littérature, grâce à des influences étrangères, avait perdu ee parfum d'atticistne qui élail particulier àlallellade, ■ elle s'était renouvelée sur un autre sol, sousun autre climat, et avait fourni, de génération en génération, des floraisons fortes et variées.

Lorsque Rome fut livrée aux Barbares, Constantinople devint, fi son tour, le centre d'un monde. Elle exploita, comme sa devancière, les ressources matérielles cl intelleefuelles des provinces. Mais elle vit se poser devant elle les mûmes problèmes, dont le premier était naturellement le maintien do sa domination, car une si forte tète ne pouvait subsister unie à un

corps chélif cl grille. Voilà . ommeiit Juslinien avait été entraîné à rattacher à son empire l'ILalie et l'Afrique. La possession des pays do l'Asie aurait été bien plus avantageuse. Ce qui le prouve, c'est que, à l'extinction de la maison de Thraee, ce furent la Cappadoce, l'Isaurie el la Phrygie qui fournirent a Constanlinuple de nouvelles dynasties. Quand, par des pertes successives, la domination grecque se trouva réduite à l'Europe, ia Macédoine fut mise à réquisition. Mais, de nouveaux désastres ayant complètement isolé la ville, celle-ci, qui ne pouvait plus choisir, prit dans son sein des princes dégénérés. Les anciens cadres existaient encore, mais ils restaient vides. 11 y eut des empereurs sans empire, une capitale sans provinces, une tête sans corps. Ou plutôt, c'était le régime impérial qui avait pour sphère d'action une grande commune. Conslanlùioplo, suivant, quoique lentement, la voie où s'était précipitée Rome, devait mourir du mal qui, tôt ou lard, doit atteindre les agglomérations factices, de

Or, cette redoutable question Était posée au moment où Héniclius prenait les rênes du gouvernement, ha finisîo pntili'Fue rlclustînicn, qui

avait préféré une gloire éphémère ù l'intérêt permanent, la générosité imprévoyante de Maurice, l'ineptie de Phocas, avaient tendu au même résultat: le démembrement du monde grec, l'isolement de Constaniinople. Il fallait préserver cet empire, après l'avoir sagement délimite. S'il réussissait, une renommée incomparable le suivrait à travers les siècles. S'il échouait, il expierait toutes les fautes accumulées par ses prédécesseurs : il en répondrait, non -seulement devant ses contemporains, mais devant l'histoire. L'histoire dirait que, sous Héraclius, le mondi 1 greo avait été mis en pièces, comme le monde romain sous Honorius. Triste perspective qui s'imposait â ses méditations, qui alfligeason aini 1 généreuse, nu'i! voulut écarter, mais ne put finalement éviter. Pour être justes, voyons dans quelle situation Phocas laissait

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