PERTE DE LA VRAIE CROIX
l'Eglise Je laîîésunwlioii, le paliînrche Zacliario conduit en Assyrie. C'ijlait une nouvelle captivité de Bubyloue. qui s'annonçait. Thëophane nous assure que 90,000 chrétiens, lâchcment livrés par le Sanglier royal, prirent delà main des Juifs. Ces derniers étaient tellement domines par la haine, qu'ils rachetaient les prisonniers, afin de les immoler aux mânes de leurs aïeux. Personne ne fut épargné; mais les prStres, les moines et les religieuses furent particulièrement traqués et impitoyablement ég-orgés. Ainsi, ce que Titus avait accompli a l'égard des sccfaiciirs de Jchovah, Chosroi'S, l'acfomjili-isail, n nus dans des proportions bien plus pTundcs, à lYjj-rii'd des scclateurs de Jésus 1 L'Orient Hellénique allait périr, et le Christianisme allait être effacé des lieux mêmes
Apres cet événement, rien ne semblait plus devoir arrêter les Perses. Eu quelques mois, l'Egypte et la Libye [\nviit envahies, cl des milliers d'habitants entraînés vers l'Luphralo et vers le Tigre. Cbosroès reçut à la fois les dépouilles d'Alexandrie et eelles de Cbalcédoînc. Du port même de Conslantiiiople, ih'r.iclius voyait les ravages et entendait Us insultes des contemp-
leurs du nom chrétien et du nom romain.
Le roi Sassanide semblait destiné a réaliser la désastreuse lenlntivi.: du Xcrxf'rs. C'est que l'héroïsme grec avait fait place à une lâcheté
Ibon, un nouveau Satamineî La dernière heure était venue : personne n'en doutait. Tous se résignaient à cette pensée, le souverain et les sujets.
La Vraie Croix était profondément révérée des chrétiens d'Orient. C'était, à leurs yeux, le symbole de lu religion i l Ift palladium de l'empire. « Le Bois, i tel est le nom simple, mais singulièrement prestigieux qui la désignait.
Hélène, mère dit grand Constantin, après les désastres de Maxonee ol <U: Licinius, s'était rendue à Jérusalem, avec la mission spéciale de reehereber l'instrument du supplice de Notre Seigneur. Saint Maeairo, patriarche de Jérusalem, se joignant à elle, avait poursuivi cette enquête, au moyen de prières, de jeûnes et de /ouilles minutieuses. Son attention ne tarda pnsà se fixer sur un lieu où s'élevaient le temple
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et la statue de Vénus n qui est un démon impur, ' s'écrie un moine du vm' siècle. L'impératrice en ordonna la destruction. Tous les édifices que l'empereur Adrien avait bâtis furent renversés par une multitude fervente. La colline sacrée du Calvaire se trouva révélée. Elle recékit trois croix. Mais quelle était celle qui avait porté le Sauveur? Ce doute était une cause de tristesse au sein de la joie même. Une inspiration de l'évôque coupa court aux incertitudes. Une dame de haute naissance, atteinte d'une maladie mortelle, gisait, incapable d'aucun mouvement. Saisissant l'une des croix, saint Macaire l'approcha de la mourante. A peine l'ombre fut projetée sur son visag-e, qu'elle se leva, par une vertu divine, marcha au milieu d'une nombreuse assistance, et entonna une hymne en l'honneur de Dieu. La pieuse piinoesse, tremblante et ravie tout ensemble, enleva le bois précieux, et en fit deux parts, dont l'une fut envoyée à Constantin, l'autre déposée dans l'église du Calvaire, pour y recevoir les hommages de la plus lointaine postérité. La Sainte Croix de Jérusalem (i) resta dès
(i) Voir Théoplutis, I, p. 31. Voir aussi M. A midés Thierry, .. HiiKirnï Attila, lomell, p. 51.
lors enfermée, dans un étui d'argent ciselé, garni d'une scmire don! In patriarche avait la clef, elseellé du sncsiii épiseopal. De nombreuses générations s'étaient sur cédé depuis ce jour, illustre dans les fastes du Christianisme. Les pèlerins se pressaient en foule, chaque année, dans ia cité de David pour l'adorer. Ceux qui n'avaient pas le bonheur d'en approcher, ceux que leurs occupations retenaient à Cartilage ou à Conslanlinople, avaient que cette ■ sainte relique protégeait la chrétienté tout entière. S'ils attachaient une si grande vertu à une image miraculeuse, quelle ne devait pas être l'efficacité do ce signe visible de la rédemption I Quand on apprit qu'il était devenu la proie des mages, on put croire que Jésus-Christ lui-même, en négligeant de se défendre, avait renié son peuple et reporté son affection sur des hommes moins indignes. Ainsi l'espérance était interdite et la foi ébranlée. Disons, néanmoins, queSarbar se montra respectueux, ou plutôt défiant et réservé à l'égard de la Sainte Croix. Chosroès, qui avait ordonné de fondre tout l'or et tout l'argent pris dans la ville, respecta ce joyau divin. Elle fut transportée d'abord en Arménie, où, d'après la légende, il en demeura quelques par-
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celles, puis au fond de lu Perse. Ce h'esi qu'après quinze auntc-s qu'elle revint dans son antique séjour, reconquise par Héroclius.