‹ L'empereur Héraclius et l'Empire Byzantin au 7. siècleChapitre 26 sur 90 · I. Le patriarche Serglus · texte numérisé non relu

I. Le patriarche Serglus

La même année {CiO) avait vu l'élévation de l'empereur Héraolius et de trois pontifes destinés à marquer de leur empreinte cette Époque agitée : à Alexandrie, saint Jean-I' Aumônier, qui soulagea les maux de l'invasion persane ; à Jérusalem, Zacharie, qui suivit partout la croix captive ; à Constaatinople, Sergius, qui sauva l'empire (1).

Nul mieux que George Pisidès ne nous renseignera sur celui qui fut son maître et son amï, et auquel il a dédié un de ses poèmes (2).

Le trait principal de SergiuS est une foi ardente et active, à laquelle le souci du salut per-

(I) Ephramios le Jésignt! ainsi, t. 9818 :

(3) Bitlum Avaricum.

i 12 CHAPITRE SEPTIÈME.

sonnel ne suffit pas, mais qui a besoin do se communiquer de proche en proche et de tout embraser. Un esprit de cette trempe a. naturellement beaucoup de prise surlcs autres esprifs, et les' entraîne dans son irrésistible courant. « Il no laisse aucune amc stérile N s'écrie le diacre (f). Cette énerg'ie n'exclut pas les prières, les jeûnes, les larmes, le mysticisme (2). Au contraire, la méditation renouvelle et concentre les forces morales et intellectuelles du patriarche. Par elle, il se met en communication avec Dieu, principalement avec la Vierge Marie, dont rien ne peut suppléer l'intercession (3). Aussi bien l'amitié et la flatterie du poëte le comparent à Moïse (4). De ses entretiens célestes, il rapporte souvent des inventions djvines (5).

Surtout, il sait approprier ses pratiques dévotes aux circonstances (6). 11 sait quelle oraison, quelle offrande, quelle attitude pourront déterminer une intervention céleste et déjouer les

(i)Id., v.496.

(5) H.,ï.9LÎ.

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