‹ L'empereur Héraclius et l'Empire Byzantin au 7. siècleChapitre 28 sur 90 · III. Lettre de la Chance liai' le grecque a Chosroés · texte numérisé non relu

III. Lettre de la Chance liai' le grecque a Chosroés

L'Empereur, cîe retour à Consfantiuople, tint dans son palais un conseil, où il appela le pa-

(I) Nicéphorc, p. II.

triareho cl les principaux magiilrala. Il proposa d'envoyer au delà du Tigre une ambassade solennelle. L'avis fut approuvé a Y unanimité. On délégua Olympius, chef du prétoire, Léonce, préfet de laville, et Anastuse, économede Saillie- Sophie. On rédigea une lettre qui devait Cire remise au roi Chosroêa.

Cette pièce est l'une des plus curieuses de la Chancellerie grecque. Nous y rencontrons une théorie sur la royauté, laconiquement formulée (1), une explication toute religieuse des malheurs de l'empire grec (2), une exacte détermination des rapports traditionnels des deux Etats (3), une certaine dignité à coté d'une humilité profonde (i). Mais ce qui nous frappe le plus, c'est l'historique de l' avènement d'Héraclius. On rejette tous les torts et lous les mal-

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heurs sur Phoeas. On constate que c'est malgré lui que le fils de l'exarque est empereur, afin de dégager sa responsabilité. Pour ex pri mer toute notre pensée, ce document, avant de plaire à Chosroés, doit tranquilliser Héroclius (I). En lout cas, malgré les incertitudes et les contradictions de Nîcépliorc et de la Chronique Pascale, c'est à l'époque où le souverain était redevenu digne do lui et lorsque les discussions intestines s'apaisaient, qu'il a été écrit. Les prières du début et de la fin trahissent la main d'un prêtre, mais d'un prêtre habile qui sait passer sous silence lu Tri ni If' et la Vierge Marie, et prononcer seulement le nom de Dieu en parlant à un sectateur d'Oromaze. L'inspirateur a éle" Sergius, le rédacteur probablement l'isidès, si certaines expressions caractéristiques sont une preuve suffisante.

Si on s'étonne qu'Héraclius se soit ainsi dissimulé derrière ses ministres, songeons que ses messages étaient restés sans réponse, et qu'il désirait laisser la conduite de - l'affaire à Saën et ùses propres ambassadeurs.

Dès que Saën eut connaissance do départ de ces derniers, il retira ses troupes de Clmlcé-

(1J ÇkrmiquiPatealt, p. 707.

130 Cir.U'ITBE HUITIÈME,

doine et ae dirigea sur la Perse. La colère du grand roi fut vive lorsqu'on l'informa que son lieutenant battait en retraite, et qu'au lieu de lui amener captif lléraclius, il l'avait accueilli et honoré nomme un souverain légitime. Perverti par la fortune inouïe qui depuis un quart dû siècle le poursuivait, il voyait souvent dans ses rêves Héraclius enchaîne" à ses pieds, et les Mages l'avaient confirmé dans son chimérique espoir 1 Saén crut alors se faire absoudre en jetant dans les fers et en livrant à son maître les envoyés impériaux. Mais le despote ne loi pardonna pas sa faiblesse: il le fil écorcher vif. Il se plut à torturer dans ta prison les malheureux Romains qui le qualifiaient de « Clémence ■> et de i Mansuétude. »

Celait un second échec pour Héraelius. Mais en poussant Chosroùs à un acte de violence brutaleetcriminelle, il avait déposé dans le royaume de Perse le germe d'une guerre civile, qu'il saura développer.

LA FORCE DES ORr.cn SE BiVÉLB.— LA REFOMBB DE CIIOSIlOKi. LES RÉSOLUTIONS d'hÉRACI.WB. — ÉTAT 11E LAME YIRfl L'AN Hiî. — LA RETRAITE ET LES ETUDES D'BKBACUlia.

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