‹ L'empereur Héraclius et l'Empire Byzantin au 7. siècleChapitre 3 sur 90 · IV. Circonstances an milieu desquelles a grandi Héracllus · texte numérisé non relu

IV. Circonstances an milieu desquelles a grandi Héracllus

Bien que lu partie de la Cappadoce où se passa son enfance n'ait été mentionnée par aucun historien, le théâtre même des hostilités contre les Perses désigne à notre attention la ville de Mélilène. Là, quatre siècles auparavant, avait eu Lieu le miracle de laLégion Fulminante, objet de l'une des plus belles légendes du christianisme. Or, il était à peine âgé de six ans, quand, dans le même endroit, s'engagea une grande bataille entre les adorateurs du Christ et ceux d'Oromase. C'est ce jour-lù que le redouté Nouschiivan, forcé de fuir pour la première fois de sa vie, prononça de terribles imprécations contre quiconque, parmi ses successeurs, ferait la guerre en personne; défense qui, quarante années plus lard, fut si profitable à l'adversaire de Chosroès. La lutte se prolongea néanmoins. Deux Cappadociens s'y distinguèrent à la lèfo i1i;k n cm i 'r.-. romaines: Maurice, bientût élevé à l'Empire, et le futur exarque qui n'était encore (jue lieutenant et patrice. Celui-ci, chargé de réparer lesfautes de ses supérieurs, remporta à Daras une grand victoire ;

il s'illustra encon; à Sisih, cl provoqua une révolution <[ui jiennil aux (îrci-s di: reprendre haleine. Iléraclius, âgé de seize ans, assista peutêtre au dernier fait d'armes. En tout eus, il séjournait dans la Cappadoce, ou milieu dos scènes les plus grandioses que puisse offrir la nature (i). Surtout, il s'habituait à associer dans

efliisions de sang 1 , la vue des églises et des pyrées, <|ui se disputaient les ruines des temples païens, agirent puissamment sur son esprit que tout contribuait a rendre sérieux et réfléchi. De là une maturité précoce, de nobles idées et de beaux rêves. Les idées du jeune homme prirent, pour quelques années du moins, un.

autre cours, et ce n'est qu'a la faveur des événements que le théologien et le croisé, déjà en germe dans son âme, apparurent réellement.

Eu effet, son père et sa mère l'amenèrent à Constantinople ei a Carlhage où il se livra entièrement aux éludes qui conviennent à l'homme d'Étal.

Vers i'àge de trente ans, il joignait à la per- (i)Voir Strabor, liï. Xil.

feciion morale des dchoi-s virils et séduisants à

la fois. L'un de ses bisluriens nous a tracé avec comploisance et détails son portrait. Il nous le montre « doue d'uni: grande force, large de poitrine, les yeux beaux quoique tirant sur le gris, la peau blanche, les cheveux blonds, la barbe longue et bien nourrie p> (1). Ces qualités physiques étaient très- appréciées des Grecs du Bas-Empire cl leur imposaient-, George Pisiciès n'a garde de les oublier dans son panégyrique. Il se récrie sur 1rs agréments de son visage, et il demande à Dieu que ses fils reproduisent trait pour irait l'effigie paiernclle(2). La médiocrité des médailles byzantines ne nous permet jinw d'insister sur ces éloges (3). liais constatons qu'Héraclius dut beaucoup à ees dehors avantageux qui, plusieurs siècles après sa mort, gravaient encore

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li. no-.«.i,.;.i™?ii m; !]<■". ri'lltl?, I, p. 114.

(SJHsrarfiodoj.Acr. I, v. 143. — De Eipedilion Pirtica, Acr.

Leleui. — Revue numismatique, irlhéleroy. — Borj,'hesi : Disierla-

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profondément son souvenir dans l'imagination populaire. N'est-il pas remarquable de voir un versificateur grec de la fin du moyen âge l'appeler» un Hercule pour la vigueur » (1), un autre le surnommer» l'homme aux bras .vigoureux « (2), enfin un chroniqueur latin de Bourgogne nous affirmer qu'il tuait des lions dans l'arène (3)7 Tour expliquer la légende d'fléraclius, on doit tenir grand compte de ces avantages que le penseur voudrait négliger.

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