IV. État de l'Asie vers l'an
Considérons le monde vers l'an 622, moment solennel dans l'histoire. Nous ne rappellerons ici ni la GrÈce, réduite au dernier degré de la misère, ni la Perse, qui regorge des dépouilles de sa rivale. Si nous porlons nos regards au delà dés deux empires, nous voyons plus de sujets d'espoir que d'appréhension pour Héraclius. Les Francs, servant d'objectif aux Germains, empêchciifuit '.Us iiKniviTiicnts de populations, quiauraient eu infailliblement leur contre-coup au delà du Danube. Les Avares, qui seuls étaient tentés de franchir leurs frontières méridionales, ne pouvaient foire sur le territoire de l'empire que de rapides excursions, car ils étaient eux-mêmes surveillés par les Bulgares et les Lomhards. Les Slaves, dont les Huns avaient fait « leurs chiens de chasse,» se groupaient silencieusement, pour échapper à
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une servitude abrutissante. Le royaume ries Wendes, centre d'une résistance héroïque sur les bords de la Drave et de, ln Save, prenait pour roi le Franc Samo, qui armait ces anciens esclaves et leur inspirait des pi'iitiinents d'hommes libres. La Barbarie Icnnit donc elle-même en échec et dans une sorte de pondération. On
tique impériale pouvait donner aux hordes du Turkestan et de la Caspienne une direction salutaire, détourner le courant de l'occident vers le midi, c'est-à-dire vers la Perse. Grâce à cette diversion, on était sitr qu'en Europe comme en Asie, on n'aurait affaire qu'à un seul agresseur, obligé lui-môme de se défendre. La possibilité d'une liguo et d'un effort eommun des Perses et des Avares contre Constantin ople ne s'offrait pas à l'esprit des hommes d'ÉEat, et l'expérience montrait nue la flotte romaine était capable de les déjouer. Aucune complication ne s'annonçait dans les régions africaines. Si une révolte éclatait, le grand roi seul en souffrirait. L'Arabie était en proie à une guerre civile; mais, divisée contre elle-même, elle ne causail aucune inquiétude. On ne soupçonnait
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pas dans le prophète de la Mecque, dans le chef de Lande do ,M6liiu>, lo prometteur d'une religion fanatique e[ d'une invasion universelle. Bien plus, si Hërnclius éinit informé de eel obscur événement, il se réjouissait sans doule 'de voir la cavalerie sarrasine, dont le privait laconquête persane, retenue sur les bords de ta mer Rouge.