C.UiPilfiNE D'ATROrATÈSE
trésor qui, selon Cédrénos cl Théophane, était !a dépouille opimc du l'iimeuN Oésus, Un trésor plus précieux encore, et qui devait tenter davantage Héraolius, c'était la Vraie Crois, mobile supérieur de toutes ses pensées et de toutes ses actions. Le nom moderne de l'Atropatène, Aderbnidjo.ii ou Pays du Feu, dît suffisamment quenulle parties Magies et lesPvrécs n'étaient plus nombreux C-t plus révérés. C'est h Thébarme, à l'ouest du lac d'Ourmiab, qu'était né Zoroaslro, te foudiitmir fie celle religion si odieuse aux Romains et aux Chrétiens. Conquérir l'AIroputéne cl Théhiii'me, c'était ruiner les faux dieux.
Le grand roi, qui avait dirigé Barbar vers la Blthynle et vers Chalcédoine, le rappela précipitamment. II fit une levée dans foule la Perse, et confia ces forces a Saës, l'un de ses généraux.
Cette détermination aurait pu ébranler le courage des Grecs. Ainsi bien l'Empereur leur tint un do ces discours virils cl pathétiques, dont il avait le secret : « Ayons de Dieu une crainte salulairc, et vengeons ses injures. Songeons à la honte qui nous flétrirait, si ta majesté de l'Empire romain, intacte, jusqu'ici (1),
(1)Tï ii, h,fà», «^.«.Théoplisne, I, p. 473.
venait & périr enlre nos mains ! A ces ennemis sacrilèges (i) opposons nos poitrines. D'ailleurs nous sommes au centre de l'Empire perse, et la fuite serait pour nous le plus grand des dangers. Vengeons donc nos vierges insultées, nos compatriotes mutilés! Ne soyons pas insensibles à ces crimes et à ces tourments ! Le péril que nous courons aura sa récompense et sera suivi d'une gloire impérissable. Dieu nous viendra en aide; il détruira nos ennemis, s
A l'inspiration du général répondait celle des soldats. L'un d'eux s'écria avec un enthousiasme et une liberté dignes des meilleurs temps de Home : • Ta parole nous a donné des ailes, elle a aiguisé nos glaives. Nous rougirions de nous exposer moins que toi. Nous te suivrons partout -(2).
Héroclius continua sa course dans l'Atropatène. II détruisait les villes H. les villages, obéissant à un fanatisme qui n'avait ni crainte ni scrupule, On vit dans la rosée qui tempéra l'ardeur d'un été brûlant un signe de la satisfaction céleste.
Chus roès occupait Tau ri s avec iu,000 hommes.
(11 à^.W,. Thôophane, \, p. 47Î.
(Ij ld., p. 473,
cjuipagnf. d'ahïopat&kb. 193 Héraclius y courut tout droit. Une cohorte de Sarrazins, sans doute celle qu'il avait recueillie prés du Pyrame, et dont il se servait pour éclairer sa marche, tomba àl'improvïste sur la garde royale, et la mit en déroute en faisant un grand nombre de prisonniers.
L'indigne petit-lils de Nousehii van , épouvanté, abandonna précipitamment la ville et ses défenseurs, et s'enfuit dans la direction d'Arbèles. Mais son valeureux adversaire donna la chasse à ces troupes privées de général, les décima et les dispersa dans [ous les sens.
11 enlra dans Tauris consterné. Là était un temple du Soleil avec son li.-u perpétuel. Quels ne furent pas l'êlonnemcnl et l'indignation des Grecs, à la vue d'une statue de Cliosroès, entourée de génies ailés, du soleil, de la lune et des astres, objets de ses adorations I Des appareils ingénieux, bien que grossiers encore, imitaient la pluie et la foudre (i). Tout cela fut détruit par les zélés sectateurs de la Trinité divine. Mais leur fureur redoubla, lorsqu'ils apprirent que la Croix avait précédé en Mésopotamie le Roi des Mages. Ils se ruèrent sur Thé-
<«j Céd-ents, y. MI.
lîli CHAPITRE TREIZIÈME j
barme : éteindre !e feu du temple de Zoroastre et livrer aux flammes sa ville natale, fut, à leurs yeux, une action sainte et la juste vengeance de si nombreuses profanations.
Sarbar n'avait pas encore atteint !e Tigre.
Aussi bien, on harcela quelque temps Chosroés dans les délilés do lu Médii'. toujours renversant les villes et dévastant les campagnes)!). L'hiver s'annonçait, I'eut-èlie aurait-on pu gagner Clésipbon avant l'arrivée des généraux, perses.
La plupart le demandaient à grands cris. Nous penserions volontiers qu'Héraclius se montra trop circonspect. S'il eût osé et réussi, la guerre était terminée quatre ans plus tôt. Toutefois, il désira consulter Dieu lui-même, avant de se résoudre. 11 ordonna un jeûné général de trois jours. Le quatrième, il ouvrit les évangiles, lut le verset qui s'offrit à ses regards, et déclara que la volonté du ciel était qu'on hivernât en Albanie. Est-ce par superstition ou par ruse qu'il agît alors? Selon nous, il fut heureux de légitimer ses calculs politiques par une sentence divine. Il donna le signal de la re-
( ^ J D' Atiti [ l«, Jf t ; m o r t s tl..- f " -J .-u .-;=■.■» e.'r.( / ju rrip I it»w,t. jEXXIl , p. SS9-S70.
CAMPAGNS D'ATROrATÉNB. 19.)
Il emmenait avec lui 50,000 prisonniers perses el beaucoup d'obj!;ls pm'ioiix. Les barbares dû Ghilan firent de nombreuses incursions sur ses derrières, mais 11 eut pour auxiliaires le froid et les neiges. Ne pouvant nourrir ni garder tant de captifs, il ksur donna lu libellé, et prodigua aux blessés les remèdes et les soins. Quand ces malheureux, si peu ménagés par leur propre roi, se virent gracieusement traités par leur ennemi, ils firent éclater leur reconnaissance, et formèrent hautement le vœu que la mort du féroce Cbosroès mît un terme a leurs souffrances. Humanité vraie et louchante dont profitait la
C'est probablement pour remercier Dieu de ces triomphes du Christianisme sur le Mazdéisme, que Sergius établit de nouveaux rits et de nouvelles prières (2),
Au milieu de celte glorieuse expédition, Martina, compagne assidue de son époux, avail donné le jour à un fils, lléracîéoiias.
(!) Th<S«phana, I, p. *7B.
(2) CAronigiw Pascale, I, p. 714. - liai 631.