‹ L'empereur Héraclius et l'Empire Byzantin au 7. siècleChapitre 38 sur 90 · II. Campagne d'Albanie · texte numérisé non relu

II. Campagne d'Albanie

L'Albanie, qui gardait les défilés du Caucase, élait une contrée fertile, habitée par une race guerrière. L'Empereur, en l' occupant, al lait pourvoir à l'approvisionnement de l'armée, retenir dans ses rangs les tribus du Caucase, qui ne l'auraient pas suivi au-d-jlù du Tuui'us, semettro en relation avec les Khazars, attirer & lui les forces Persanes, les déroute]', les surprendre et les décimer. La campagne de 623 avait consistéen courses longues et harassantes; îa campagne de 624 serait une guerre d'embûches. A peine quitterait -on l'Albanie, pour faire de

Cliosroès avoilhùlo de se venger de sa frayeur récente. Ses palais cf sok leinplirï; réduits en cendres, son prestige détruit, la juste colère des Mages, réclamaient le châtiment de celui que naguère on traitait d'esclave, et auquel on commandait d'injplorcr pardon. A cet ellet, i! choisit Sarablagas, seigneur superbe, et lui confia le corps d'élite des Immortels (1). Ayant pénétré en Albanie, au confluent de l'Araxe et

(t) Ou des Choarudgcncs.

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du Cyrus, suivant toute apparence, il se montra d'une timidité extrême : il n'osn pas affronter l'Empereur. Mais il occupa les défilés et les chemins qui conduiraient eu Perse. Toutefois la ligne du Cyrus est bien étendue : il négligea forcément tout le cours supérieur. Héraciius rangea a droite le Caucase, el passa le fleuve bien au-delà du confluent. 11 s'imposait ainsi un grand retard, (nais s'assurait des subsistances, et mettait en défaut Surublngas. Ce dernier, quine manquait pas d'babileté.se contenta de prendre une roule très-étroite et très-raccourcie qui d'Arménie menait en l'erse, objectif supposé des Romains (l).II savait d'ailleurs que Sai bar, si longtemps fourvoyé, entrait enfin dans l'Arménie pour s'opposer à la course d'Héraciius, et son intention était de le joindre avant de rien hasarder.' .Mais cela même ralentit sa marché, tandis que son adversaire redoublait de vitesse el le débordait.

Si, comme raffirmc-'J'héopluuic, Héraciius avait souhaité un iastant de fondre surCliosroèsen négligeant ses généraux [2), il aurait été détourné

BlpitltC, TMophana, I, p. 473.

198 OUffiM TREJZlÈllE.

de ce dessein par tes Lazes, les Abasges et les Ibères. En vain il leur répondait : ■ Frères, il est conslant que les l'ci-sos errent à l'aventure dans des lieux impraticables, que leurs cbevnux sont surmenéscteux-nièmt s démoralisés!» Ils se mu* linèrent : l'avance qu'on avait acquise fut perdue, et l'on apprit qm.> Injonction de Sarbar et de Sarablagas allait s'opérer duns l'angle formé par les deux cours d'eau. Aussitôt l'armée reconnaît su faute : tous se jettent aux genoux du prince en versant d'abondantes larmes :

a Seigneur, tends-nous la main, que nous la baisions avant de mourir : nous irons où tu l'ordonneras I »(1)

L'Empereur, se précipitant avec impétuosité, saisit Sarablagas, met en déroule ses avantpostes ou son arrière-garde, le relance tantôt la nuit, tantôt le .jour, l'étonné et l'épouvante. Puis il l'abandonne et semble ne se soucier ni de Sarbar, ni de Sarablagas. a 11 marche contre Chosroés", dit le moine byzantin, c'est-à-dire vers l'Arme. *

Les deux généraux, enfin réunis, furent informés que le grand roi envoyait une troisième

là- mi,i-iW> iilos. TIjcl' ni' I. [i. .,(,.

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