‹ L'empereur Héraclius et l'Empire Byzantin au 7. siècleChapitre 42 sur 90 · II. Dicisioiis touchant Cgnuttritinople · texte numérisé non relu

II. Dicisioiis touchant Cgnuttritinople

Héraclius adressa ses instructions ù Conslanlinople,se reposant, pcer leur exécution, sur l'intelligence et lu fidélité- éprouvées du patriarche <'l du mettre de la milice. Il envovn au khokan le palrice Alhariase, interprète habituel de sa poliii-[oe à l'égard des Avares, muni di>s pouvoirs et Burtoul flVs offrandes: inséparables d'une tells mission. On mil Inut en ■ I livre pour soustraire la capital h une si dangereuse épreuve. Aucune démarche ne fui négligée, dans le but d'obtenir des délais et d'adoucir, par la force des raisonnements et par do riches présents, cette nature insccioble. Mais le Réprouvé (c'est désormais le nom que loi donnent les Byzantins) (1), garda les dons et les envoyés impériaux, et jura de porter lui 7 ra6me sa (épouse au palais dos Césars. Héraclius écrivit alors à ses ministres une lettre , où il

[1) ètutm^ns.

entrait dans 1rs moindres détails des préparatifs el de la défense. Il reeommanduil "le nouveau mur», «les fortifications», nies hautes tours

et sa pénétration ! Mais rien ne tut plus décisif que les exhortations véhémentes où il excellait : «11 nous enflamma, dit un témoin oculaire , comme le feu contraint le bois inerte a s'allumer ! » (3) Ces citoyens qui , la veille encore, avaient protesié contre la cherté des vivres, jusque dans l'église de Sainte-Sophie , par des cris séditieux . et

Ire des finances (4), endurèrent sans murmures des privations excessives, liienlût mime ils donnèrent l'exemple.* Les chefs-, les étrangers furent entraînés» (H). «À un tel maître, il fallait

(1) JWittm .4rari™»i, v. W~.

de tels serviteurs 1 () ) • s'écrie le diacre enthousiasmé.

C'est que leur admiration pour le Maître était aans bornes. Lesbîaiu esprits répétaient «qu'il restai tau milieu des imrbures commence rose au milieu des épines qui l'entourent. * Tous célébraient "ses In lis L'Xpnlitiuns. »» ses rali^-nes ror- .porelles» si noblement supportées, ses marches forcées au ceeur île l'hiver. \ *:. snnriiioerle ses nilVetions de Famille à la patrie et à la religion, enGti «ce génie qui faisait mouvoir le monde, n

Les prévisions d'Héraclius se réalisaient : de loin il était encore plus puissant que de près. Lorsque les vétérans du Taurtis et du Caucase débarquèrent à Byzanee, la confiance parut encore au gui en 1er •2). Ce peuple, naguère si pusillanime, commençait à reconnaître la grandeur du spectacle que présentait le double assaut soutenu en Asie et en Europe (3j.

ENTREVUE d'hÉRACI. JUS A.VEC LE KltiS DES IUUZAR5. 2 lô

III. Entrevue d'Herncllus avec la Khan des Kaaiars en Lbèrie.

Iléraclius présida à la campagne de son frère Théodore, comme aux travaux du patries Bonus. II se tint assez rapproché de lui pour le secourir en cas d'échec. L'issue des opérations ne fut pas longtemps douteuse. C'est aux confins du Pont et de la petite Arménie, sur l'Euphrate supérieur, que Saiis vint offrir la bataille aux Romains, a Dieu accorda tout ' aux prières de sa mère » dit le moine Théophane (1). En effet, au milieu de. l'action, un violent orage se déclara. Tandis qu'une ffrt'ic épaisse sévissait du côté des ennemis, l'armée romaine était complètement à l'abri. • Dans ecs conditions, la victoire fui facile même sur les soldais à la lance d'or etsur les Immortels. L'infortuné général, qui connaissait le caractère irascible cl implacable; de son maître, tomba dans une mélancolie et un désespoir qui le conduisirent au tombeau. Chosroès ie fit embaumer d'une manière grossière et outrageante et transporter à Dastagerd. Il s'acharna

(OTniophano,!, p. «5.

sur fie corps inanimé, l'insulta, -le frappa de verg>es. La loute-jiuissance et le malheur l'avaient précipité dans la folie I (i)

Tandis que Chosroès perdait lésons, Hérnelius poursuivait l'une de ces aventures, si nombreuses dans son existence, qui nous révèlent son lacl merveilleux (2). Arrivé chez les Laies, il apprit que les Khazars, appartenant à la même race que les Huns et les Avares, venaient de faire une descente dans l'Atropatène et se dirigeaient avec leur butin vers le détroit de Derbetit. Depuis longtemps, il. désirait les connaître et se les concilier. Aussi bien dépêcha-t-il vers eux un messager et des présents (3;. Il leur désigna pour lieu d'entrevue les environs de Tiflis, jovcux d'en rendre témoin la garnison persane. Les Romains, des- I cendant le Cyrus, ne lardèrent pas à rencontrer les Khazars qui le remaniaient. Le khan Ziebil, comme fous les chefs barbares qu'Une fourberie savante ou native n'avait pas pervertis, fut ébloui à la vue de l'Empereur, qui se présenta à lui dans le majestueux appareil de Sélymbrie.

ENTREVUE d' FIERA «JUS AVEC LE KHAN DES KHAZAR6. 217

Par un mouvement plutôt spontanû que réfléchi , il se précipita à genoux devant cette couronne ci cette pourpre. Son armée tout entière adora Héraclius. Mais après leur avoir imprimé un respect salutaire, le fouverain voulut les gagner par des prévenances et des caresses. Il dit hii-mfim; ii Ziebifque, si son intention était de conclure une alliance solide

sier et de s'approcher. Cela fait, il l'embrassa, l'appela soa (ils. plaça sur sa tê(e ce diadème qui avait ébloui le barbare et qui maintenant le séduisait II l'invita :< un splendide festin, et lui donna, avec toute l'argenterie, un vêtement royal , de précieux pendants et des diamants d'une grande valeur. Il fit, de sa propre main, une dislribution semblable aux principaux officier. Mais il n'avait pus ciifiorc épuisé son art de charmer les cœurs. Dans un de ses entretiens familiersj où la curiosité du klian était habilement piquée et ^ntisfiiile avec une discrétion non moins politique, il exposa inopinément à sa vue le portrait d'une belle jeune fille. Comme ses regards ne s'en détachaient point, il lui dit d'un ton solennel : g Tu as devant toi ma fille Eudoxie, impératrice des Romains. Dieu a voulu,

qu'en ce jour, tu devinsses mon fila. Qu'elle

contre mes ennemis U A ces mils, Ziebil se livra, d'une manière naïve el touchante, à sa joie et à son amour. En échange d'un portrait et d'une promesse, il donna à son futur beaupère une armée de quarante mille Turcs. Obligé de s'éloigner et de suivre le gros de sa bande, il lui confia son lils pour l'élever et l'instruire. C'élait une nouvelle garantie de fidélité el de dévouement.

Que penser de cette anecdote piquante que nous a transmise au complet le patriarche Nicéphorc? Ilérarli'is imilait les politiques, qui, deux siècles auparavant, avaient fiancé au roi des Visipoths Ataulphe la fille du grand Tliéodose. Il lenrdi à exécuter ponctuellement sa parole, et Eudoxie, bientôt mandée en Asie- Mineure, aurait épousé Ziebil, sans la mort prématurée de ce dernier. Dans tous les temps, la faiblesse des Élats a contraint les souverains à de pareilles humiliations. Encore les Khazars n'avaient-ils pas, comme !es Viaigotha, les muins l(*intcs du sang des Romains.

Héracliua conduisit ses nouveaux alliés dans l'Alropnlène qu'il mil une seconde fois à feu

ENTREVUS d'hÉRACLTUS AVEC LE KITJN DES K1WMS. 219

et à sang'. Nous ne pouvons le suivre dans cette nouvelle guerre, su? Inqocllo nous ne possédons auoun détail. Il aurait été intéressant de l'observer duns son rôle, à coup sûr très-bien compris, de khan des Klmzars. Convenons toujours que rien n'est plus in«-( nicux que d'avoir, avec les barbares Mongols de l'Asie, rendu vains les efforts des barbares Mongols de l'Europe. En eflel, Sarbar. obligé de distraire de son armée plusieur s milliers d'hommes, fut, pour ceux-ci, un allié sans valeur.

CHAPriRE QUINZIEME

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