‹ L'empereur Héraclius et l'Empire Byzantin au 7. siècleChapitre 44 sur 90 · SIÈGE DE CONSTANTLV-OPLE PAR LES AVARES · texte numérisé non relu

SIÈGE DE CONSTANTLV-OPLE PAR LES AVARES

si on ne rémonde comme une vigne (I). • » Us pleurs qui naissent do repentir sont comme une rosée bienfaisante (2). » «La foi et l'espérance développent, les noblt's qualités dont nous possédons le germe, de mémo que le soleil fait éclore les plante!? (3). n Cotte théorie est sortie de la nature infime du lias-Empire: en l'appliquant avec lanl de VÏ loueur, le patriarche montrait une admirable intelligence de ses compatriotes. Une autre précaution exeelltnle fut de procurer aux Byzantins un général supérieur à Bonus, supérieur à Héradius lui-même, la Vierge dont l'intervention auprès de Dieu n'est jamais inutile. Il Alpins encore: il leurdonna un signe visiblede | Ja protection de Marie, une image miraculeuse, drapeau déjà arboré par les Romains, et qui, en ce moment, faisait le tour de l'empire Perse. Habilué à s'identifier, pue uno piété et un mysticisme prolonds, avec (es saints, avec la mère du Christ, avec Dieu lui-même, il jouissait,

sans limites, qui tournait fi l'iivanlagc ue tous.

De ces ardentes méditations à une action énergique, il n'y a qu'un pas. Le patriarche, au

(I) il; T !, w -., T ij sfhi;. llcltaw Jtwuin, Y.

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milieu de ses jeûnes, paraissait en public à côté du maître de la milice et des mifristrats, excitant chacun à faire virilement son devoir (!)■ Ses veilles étaient consacrées a la réalisation de ses prières.

Sergiua nous apparaît, non comme un nou-

un nouvel Aaron , puissant auprès de Dieu, obligé parfois de sacrifier aux idoles de son peuple pour obtenir de lui un concours actif.

Cependant le khakan était parvenu il Andrinople. Malgré l'iiTcvocalile sentence prononcée par lui contre la cité de Constantin, il dit ou patrice Athanase ; «Va trouver les concitoyens; vois ce qu'ils veulent mourir pour m'apaiser et m' éloigner [2). » Le Humain partit en promettant au kbakan une entière, satisfaction. Mais, lorsqu'il se présenta au patrice Bonus, il fut bien supris de ne recevoir, pour la mission patriotique qu'il remplissait, que des reproches et des injures. « l'ourquoi humilier ainsi Home et l'Empire devant un barbire?» lui criait-on de toutes parts. Évidemment ce n'était plus la même ville, re n'étaient plus les mêmes

[1) BettunAtariaim, v. 315.

(i) Yoir | 8 técil do la Chronique Poiole, I, p. 7)8.

HÉROÏSME DES OKECS. 22p

hommes, jadis si empressés d'éloigner l'ennemi, non avec du fer mais avec de l'or. — « J'ai lait ce que vous m'aviez vous-même ordonné. ■ — >N'aveï-vous donc pas appris les changements survenus depuis lors, nos murs mis en état de défense, l'arrivée des secours de l'Empereur? » Il n'en pouvait. croire ses yeux, car la letlre tl'Héraelius, les discours cl les actes de Sci'yius, lui étaient inconnus. Muis il voulut s'élever à cet héroïsme, qui était comme l'atmosphère nouvelle de (kmstantinople. L'idée de renouveler le dévouement de Régulus séduisît cediploraate vieilli dans les froids ealruls de In po'ilique. nJe rapporlerai au barbare tout ce qu'il vous plaira, fût-ce une injure ou un défi ! » s'écria -l- il. Afin que son éloquence empruntât .aux faits euxmêmes plus de force et de persuasion, et que sa conscience fût tranquille, on lui montra en détail les préparatifs. On passa devant lui une grande revue, où parurent, dans une attitude martiale et presque farouche, ceux qui avaient forcé naguère les Perses a s'enfuir (1).

AlLunase dut bientôt renoncer à son espoir de dévouement et de martyre. C'est à peine' si le khakan lui laissa prononce]' l'une de cestières

(1) CMmii» VaseaU, p. <18.

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paroles si longtemps méditées : "Sors de nia présence, et va, si tu ie veux, rejoindre les tiens! Mais sachez que si vous ne me livrez pas tous vos biens, je ne luisserai pas pierre sur pierre dans votre cité, et vous serez mes esclaves! (1) o Alors il fit résonner ce fouet qui, neuf ans auparavant, avail gluré J'cuYoi les timides sujets d'iléraclius, mais qui venait de perdre sa vertu. Il poussa, avec résolution celte fois, ses cohortes sanguinaires. Il couvrit ainsi les abords de la péninsule sur laquelle s'élève Conslanlinople, entre la Propontide ei la Corne d'Or, Cette vue, du haut des remparts, près de lu Porte Philosène, émut vivement le diacre Byzantin. « On eût dit que les anciennes lahles, qui nous représentent les géants issus tic: la terre, se réalisaient. C'était hien elle qui, de ses profondeurs, avait vomi ces Barbares. Huit myriades

mêlée et compliquée! le Slave coudoyait le Hun, le Scythe se rencontrait avec le Bulg-are. » Et, faisant allusion au voisinage de Sarbar, le poète ajoutait : oLe Mode était devenu le compagnon du Scythe. Chacun avait sa langue et sa région

(1) Udlum Acuricum, p, 719.

(S) li , v. m.

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