‹ L'empereur Héraclius et l'Empire Byzantin au 7. siècleChapitre 55 sur 90 · III. Révolte de Sarnar, de Siroes et de tous · texte numérisé non relu

III. Révolte de Sarnar, de Siroes et de tous

Sarbar, en restant immobile S. Cbalcédoine, avait involontairement causé la destruction de Dastagerd. Aussi, le grand roi avait-il conçu contre lui un vif ressentiment. Les courtisans exploitèrent à l'envi cette circonstance. Il fut bientôt de modo nu palais de prêter à Sarbar toutes sortes de propos blessants et de desseins criminels. On lui attribuait, entre autres, ces paroles pleines .d'orgueil et de mépris : «La' libertin Chosroès passe tout son temps dans i'ivresse et au sein de la volupté. Mais qu'il sache que je garderai pour moi les pays que ma valeur a conquis » \'2\. On iiilail môme jusqu'à dire que II' général conspirait la cllule et la mort de son souverain. Les plus indulgents

(I) Voir !» Chrmnqùt Paicale, n. 731 ol su i un la a. (S) Voir le Journal Aiiatvpît, Inc. cit.

RÉVOLTE DE SABBaH. 237

l'accusaient de pactiser avec les Romains et de laisser insulter le drapeau Perse en Asie- Mineure et eu Assyrie (1).

Le grand roi écrivit, sous l'empire de ces

un ordre destiné au lieutenant de Sarbar, Curdarega. Il lui prescrivait de mettre son chel à mort et de conduire l'armée à son secours. Mais ce billet terrible tomba entre les mains des Grecs, lorsque l'envoyé royal franchissait la frontière deGalalie. On se balade le transmettre au gouvernement byzantin. Celui-ci vit le prolit qu'il pouvait tirer de celle précieuse capture. On demanda une entrevue nu généralissime.

Le nouveau Constantin, le Patriarche et Sarbar s'y rendirent. La lettre de Chosroès fut mise sous les yeux de ce dernier. Alors les trois personnages imaginèrent une ruse digne de la Perse et de By/ance. A la sentence de mort prononcée contre le chef des troupes royales, on ajouta une lisle de proscription qui portait les noms de quarante généraux ou satrapes.

On imita, à s'y méprendre, le sceau royal.

Sarbar convoque alors tous les généraux sous sa tente , lit a haute voix l'ordre de Chosroès ,

(11 fe «...

Tliëophano, I, p. 497.

258 CHAPJTHE SEmÈUE.

et se tournant du côté de Cardarega : « Eh.

bien, es-lu prêt à exécuter ce qu'on le demande?" Les cris de colère couvrent sa voix.

Tous s'écrient que Cln.iii'oi'S est déchu du trône, et que la révolte est un devoir. Il faut, répètet-on, traiter avec Héraclius et marcher sur Ctésiphon pour châtier ce despote sanguinaire. La paix est signée entre le nouveau Constantin et le Sanglier royal, qui, mettant fin à quinze années de ravages, abandonne Chalcédoine et l'Asie Mineure.

Cependant Cliosroès, dont la folie et la fureur étaient au comble, rassemblait autour de lui les seigneurs de ses Étals et leur reprochait , au milieu de l'épouvante universelle, "de n'êlre pas tous morts en défendant la patrie» (1). Ces sinistres paroles tirent disparaître de tous les cœurs les dernières traces de l'amour et du respect. Cette immense terreur engendra une audace sans égale.

Accablé de tant de revers, il tomba dans une sombre mélancolie; il fut saisi d'uû mal cruel et sentit les atteintes de la mort. Siroês, l'aîné de ses enfants, élail son successeur légitime. Mais la belle Schirin régnait plus que jamais sur

[i) Voir le Journal -Isialiouf, loc. cil.

Je cœur de son vn]n[ilni'iix époux. Elle lui arracha un décret qui désignait, comme héritier présomptif de la couronné, son fils Merdasa.

C itait imiter David et heaucoup de souverarns orientaux , mais cet tu mesure provoqua une conflagration dans toute la Perse.

Le grand rot quitta (iuéi.leser et se rend avec Schirin àCtésiphon, pour poser lui-même lacouronne des Séleuoides sur la tète de Merdasa.

Il laisse au delà du Tigre Siroés, ses autres fdsetla multitude dp ses épouses. Siroùs réussit h s'échapper du sérail et envoie au général Gundornaspe ce simple billet : * Passe le fleuve, cl je m'entretiendrai avec toi. "—"Écris-moi! n répond le chef Persan. Alors le prince, enhardi, expose, dans une lettre, ses secrètes résolutions : "Tu le sais, c'est par Cho^roès, eet homme abominable, que périt la chose publique. Voilà maintenant qu'au mépris de mon droit d'aînesse, il intronise Merdasa. 11 dépend de la volonté de

le rang qui m'est dû. Si j'y parviens, j'augmenterai la solde , je conclurai la paix avec l'Empereur, et tout l'entrera dans l'ordre, tout prospérera de nouveau. Quant à toi , je te comblerai d'honneurs et tu ne quitteras plus ma per-

2fi0 CHAPITRE SEIZIEME.

sonne. * Gundarnaspe prend un engagement solennel et réplique quelques jours après :

«Vingt-quatre généraux, un grand nombre de soldats sont déjà gagnés à ton parti.» — « Eh bien ! mande enfin, Siroès, le 23 mars je me présenterai, avoe quelques jeunes recrues, au pont du Tigre; nous nous réunirons et nous marcherons ensemble contre Chosroès » (i).

Ce terme fuldevaneé. Gundarnaspe reçut de Siroès une mission importun le. 11 rejoignit Hcraclius ùBaiza, enlnî Siarzur et Tau ris (2). « Siroès, lui dit-il, est un milieu de l'armée persane avec les deux fils de Sarbar et un grand nombre de seigneurs illustres. S'ils réussissent à se défaire de Chosroès , la question sera tranchée. S'ils échouent , Siruès et tous les satrapes

a empêché le prince de venir lui-même te par-

qui devait la vie et le trône aux Romains, ne leur a fuit que du mal. Le misérable a tellement déshonoré la nation qu'il gouverne, que c'est à peine si j'ose espérer de loi quelque confiance

H) Tbéophane, I, p. KM.'

(ïj M., p. m.

RÉVOLTE DE SIBOKS. 361

Héraclïus répondit qu'il donnai! son assenii- ' ment à celte proposition, pourvu qu'on délivrât immédiatement lescaptifs Romains.» Qu'od leur fournisse des urines, s'écriîi-t-il.ct on aura une année pr£(c à frapper Cliosroùs ! ■ (1) Il garda auprès de lui Gundunu^pe qui lui servait d'otage et d'inlcrpi'èlc (2). Il se lintaux écoutes. Malgré les neiges qui couvraient les chemins, il suivait les progrès de la révolution, par l'entremise d'éclaireurs grecs et sarrazins , qui poussaient jusqu'au petit Zab et au paradis d'Yesdem (3).

Tout était consommé depuis plusieurs jours.

Les seigneurs et peut-être Sarbar lui-même se rendirent de nuit a. la résidence de Chosroès, et placeront des gardes pour le surveiller. I.e grand roi bondît de frayeur, disent les Arméniens; il changea de vêtements et sncaclia derrière un Imuquet d'arbrisseaux. Mais il fui bientôt découvert. On lui lia le» maios derrière lo dos; on chargea son rou et ses [lieds de lourdes ehaines. Im le jeta dans celle sinistre tour des Ténèbi-es qu'il avait bâlie

(I) ThéophanH, I, p. 501.

(i) Cerf la Chronique Pauali qui l'affirme, T, p. 131 ; Tlicopfcane dil lo contraire, T, p, 501.

(3) Iquil» ™. in a -i. ^,j.-: t :[jT-.ï ipï* noivrlia.. CAro-

' nique Pucah, I, p. 130.

562 citapttre mmmnr,.

dans sa jeunesse (I). On ne lui donna d'eau et de pain que ce qu'il fallait pour prolonger son agonie. » Il perd il (ouït; e^piVe d'intelligence ; il soupirait, géunssai!. éprouvait de continuels soubresauls. » L'odieux Sirops se plut à contempler et à redoubler les tortures de son père : « Mange, lui disait-il, cet or que lu as extorqué par lous les moyens, et pour lequel lu as • fait périr tant d'hommes! » Les satrapes avaient ordre de bafouer le monarque enchaîné. Terrible justice doqt un misérable était l'inalmmenl. Merdasa, encore paré du diadème, et tous les autres enfants de Chosroès furent successivement conduits dans sa prison et massacrés sous ses yeux. Le cinquième jour, on mit fin à ses atroces souffrances en le perçant de flèches ; supplice raffiné dont put jouir le bour-

Aussitôl le Parricide, suivi d'un nombreux cortège, parcourt à cheval les rues de Gtésïphon. Des hérauts proclament l' avènement de Siroès : « Que celui qui aime la vie et veut cou-

(I) Ri; m tltivToi «m'mii, dit Théupiianc.

(S) Pour loill ce nir.it , voir !o J.«r»s! Asiatique, Inc. cit. — DBftftwTài irmii» lArtUlnfr, dit ThtSopWe, [, p. 50î.— S4 février m.

1er des jours prospères aille au-devani du roi des rois! >(tl.

Les portes de la forteresse de l'Oubli s'ou-

secouent leurs chaînes, se répandent dans la ville, se mêlent fi la suite de Siroès et bénissent

Certes, c'était un spectacle à la fois touchant et triste que ces acclamations qui saluaient l'avènement d'un parricide! Chosroès était tellement odieux que son fils, maigre - ses crimes, fut considéré comme un bon roi. « Il élait indulgent et bienveillant pour lous ses sujets et serviteurs, Il demanda lu paix à fous les rois, et délivra les captif.-; qui liinjniisaaient dans les cachots de son père. 11 adressa des harangues par toutes les frontières de son royaume, souhaitant à tous de vivre dans la joie et dans la gaieté. Il exempta tous ceux qui vivaient dans son empire des impflls el de l'octroi pendant trois ans, cl s'efforça d'arriver à ce que personne ne ceig-nit l'épée pendant toule la durée de son règne (2). •

Le véritable vengeur, le véritable libérateur,

H) Voir lu Journal Aiiatiqni, loe. cit.

(S) Id., itlA

La letlro du Parricide à -Héraclius noua est parvenue horriblement mutilée. Il se félicite d'Être monlé sur le trône u sans difficulté, » et o par la fjràce de Dieu, « 11 annonce l'élargissement des prisonniers. » « S'il eslquelqu'e chose qui puisse être utile au genre humain, cela se fera, ou plutôt c'est déjà fait.» Son inleolion est de vivre en paix avec l' Empereur des Romains, son frère, et avec tous les peuples voisins. » Il rappelle habilement qfic « sa Fraternité » lui a déjà udressé des félicitations pour son avènement (i).

On signala bientôt à Hérnciius l'approche des ambassadeurs persans. Mais ils hésitaient a s'aventurer jusqu'à Tauris : ils avaient rencontré, au milieu des neiges de l'Assyrie, plus de trois mille e;i<iavres do leurs eompatriofes, dernières victimes de la dernière campagne d'Héraclius. On leur envoya pour les rassurer Gundarnaspe avec Elie, maître de la milice (2). Ce n'est que le 3 avril que la grande nouvelle fut apportée par le secrétaire du roi, Phaïao, au

;i) Chronique Puait. I. p. 7ÎÏ.

RÉVOLTE IÎE SIEOÈS. 265

camp des Romains, et de la, transmise au gouverneur et aux habitants de Tau ris, dispersés, nous le savons, dans les forteresses voisines. Dès que le traité do paix fut annoncé, les Perses, enfin rassurés, se mêlèrent aux Romains, et les montagnes de l'Afropalène retentirent des imprécations conlre Chosroès et des louanges d'Héraclius.

L'Empereur écrivit aussitôt une lettre confidentielle au grand roi : « Mon cher fils, jamais je n'ai eu la pensée de détrôner un souverain, quel qu'il fût. Lors même que Chosroûs, ce fléau des Romains ot des Perses, serait tombé entre mes mains, je ne lui aurais fait aucun mal, je lui aurais rendu sa couronne. Mais Dieu qui connaissait ses desseins pervers, l'a puni justement pour le salut du monde, et c'est ainsi qu'il nous a accordé la paix et le repos I

Héraclius, Siroès : il est pénible de voir ces deux noms associés dans l'histoire! Mais l'alliance de ce pieux roi et de ce parricide était toute politique. L'Empereur commençait à comprendre que la décadence de la domination Persane allait poser de redoutables problèmes.

Le mois d'avril se passa tout entier à Tauris: (1) Nicdplioro, p. Î3.

Sfifi CHAPITRE BEIXlbHB.

on nég-oeiait avpn l'haï se. Un lin, le 8 mai, Héraclius se dirigea vers IWiMiénie. C'est de ce pays, théâtre de ses exploits militaires, qu'il data sa célèbre lettre ïnserite dans la Çlirooique Pascale.

Le 1S mai 628, joui 1 Je lu Pentecôte, fut pour Constanlinopie plein d'une indicible allégresse. Scrgius gravit, au milieu du recueillement des fidèles, les degrés de l'ambon, et donna lecture du message d' Hé radius.

Rien n'est plus curieux que cette lettre. Elle nous montre, par un singulier mélange, le Chrétien enthousiaste et dévot, et le Romain. C'est à la fois une hymne en l'honneur de Dieu, une exhortation religieuse, un sermon Ihéologique et un bulletin do victoire.

« Que la terre entière se réjouisse cl rende

(I) BtrtdMot Aer. 1, v. Si

2SS ; CHAPITRE 1>lJL-SEPTlÉMK.

grâces à Dieu ! Servez le Seigneur dans la joie, et sachez que c'est Dieu qui est le Seigneur 1 C'esf lui qui nous a faits. Nous no nous sommes pas faits nous-mÈmes. Nous sommes son

dans son tabernacle en chantant ses louanges I Confessons-nous à lui. Louez son nom, car il est le Christ : sa miséricorde et sa vérité s'étendent à tous les siècles et à toutes les générations. Que les cieux se réjouissent, que la terre tressaille, ainsi que tous ceux qui l'habitent! Et nous, Chrétiens, louons, bénissons Dieu seul, réjouissons-nous sans mesure en sou saint nom! Il est tombé l'orgueilleux, l'impie ChosroSs! Il est tombé, il a été précipité dans les enfers, et sa mémoire a été effacée de la terre I Cet homme superbe tenait des discours pleins d'orgueil et 'd'injustice; il aiïectait le mépris pour Notre-Seignoui' Jésus-Clirislquî est le vrai Dieu, pour sa mère sans lâche, notre souveraine à jamais bénie, la Mère de Dieu, Marie toujours Vierge. L'impie est tombé avec fracas! Son travail s'est retourné contre sa tète ; il a été frappé par sa propre iniquilé 1 »

t Siroès a misa mort, au milieu des tourments, l'ingrat, l'impie, le vain, le blasphéma-

LETTRE D'iIÉRACMUS. 269

leur Chosroés.nfin de lui apprendre que Jésus est né de Marie, que Jésus u étéci'ueiiié suivant, ses propres parole;?, que celui cjn'îl accablait d'injures étaitle Dieu tout puissant et qu'il lui devait une réparation, comme je le lui avais écrit (1). 11 est mort à celte vie, l'impie ! Il s'en est allé par le mémo chemin que Judas Iscariote, dont le Tout-Puissant avait dit: Il eût mieux valu pour cet homme n'<Hre jamais nél 11 s'en est allé dans les flammes, pour y brûler avec Satan et ses pareils! »

Tel est le début de ce document. Nous y trouvons un enthousiasme manifeste, qui n'ose s'affranchirdes formules eoosiiiTér's parle rituel, et un fanatisme violent qui glorifie le parricide.

Eh bien 1 tous les Gtlt.'s partageaient ces sentiments. A puine le Maruli ruoul impérial était-il connu, que Georg-os Pisiilés s'empressa de célébrer loi victoire d'Héraelîus et la chute de Ghosrès : voilà l'objet du poènic de ¥ Rêractiade.

D'après l'Héraeliaili', ciniiuii' d'après le Mandement, on voit, qu'aux yeux des Byzantins l'immense résultat de la campagne de Dastagerd, c'est l'anéantissement de la religion de

(I) K>[ i.ûtji <i;i ri n! j.ii., • ^'.i-,Ti sùtSi. CAroniJIlc

Ptumle, p. m.

270 (JHàWTBB DIX- SEPTIÈME.

Zoroaslre (1). De là celte joie sans mesure, presque Féroce , ces imprécations contre le Sassanide qui avaient livré aux Majfus, » ces éternels imposteurs o, {2) l'Asie, l'Afrique, et jusqu'à l'instrument de la-Hédemplion. Pour eux, Chosroès était l'homme ennemi de Rome, ennemi du Christ, ennemi de la Perse elle-même, à laquelle il imposait son despotisme et ses faux dieux, et qu'Héraclius venait enfin de délivrer (3). Ce point de vue tout chrétien excuse bien des déclamations forcenées , bien des paroles cruelles (4).

Que l'on compare le bulletin d'Héraclius et le poëme de Pisidès, et on se convaincra que tous les deux obéissaient à la même inspiralion : celui-ci a mis en vers la prose de celui-là.

' n. Renommée d'Hèracliua d"après George pisidès.

■ Pour la première fois, dit Pisidès, des esclaves peuvent sans danger porter des lois qui

(1) V. Hcradiadoi Acr. I, V. 1 et seq.

(S) QoO ( J3?K Tiv intr,ali.T Hi-,., ;

(3) T» KOftflmi, tit Smxnn OipnW*,

[lâU-Of Ji T6Ï v&tfli-.a. /ai 1-ir* Ilipctôa.

llœtiemvnn, v. 1845.

(4; Reliai. Ti Tipripo.

Hmuliadei Acr. II, v. 53.

l'h&bacliâde de pisidès. 211 concernent leurs maîtres!» ()). C'est qu'il vient d'être (ëmoin d'une résolution toute spontanée dans celte ville, d'ordinaire sans initiative matjfré sa turbulence. Tous les citoyens ont décidé par arrlamnlinr: qn'Hi-i-m-lum porterait le nom de » nouveau Seipiou «, el que ses enfants euxmêmes s'appelleraient o 1rs Sripions» ^2). • Conlirirn la loi par ta sanction », dît le flatteur d'une voix suppliante.

11 ose davantage encore. 11 voudrait simplement que l'on réunît toutes les vertus des héros de Plutarque, pour avoir une faible idée du Maître. Avant l'histoire, il met à contribution la mythologie.

C'est que le vieux monde finit avec Héraclius. A cotte heure suprême, le dernier des poètes grecs évoque autour de lui toute l'antiquité grecque. Héraclius est pour lui Hercule, Persée, Alexandre, Timothée, etc. Plutarque, Homère, Démostliones , Apelle, sont priés de mettre eh commun leurs génies pour o'Irlirer dignement

Heracliadoi Acr. I, v. 99.

(3) ^ kififf,^^

id., Il>id., Acr. I, T. 97.

le héros incomparable (1). En réalité, la mythologie et l'histoire ancienne, ma! interprétées, travestissent îi leur tour le Christianisme. 11 faudra, on le comprend en lisant ces vers, un déchirement prufond pour séparer l'ancien et le nouvel homme : tel sera le rôle du Mahomélisrne. Ces rapprochements, dont le mauvais goùl et l'exagération nous semblent intolérables, furent alors sérieusement inventés et sérieusement, admis.

i Tu as accompli d'une manière sublime la quintuple course, dit le poète à l'Empereur. Les cochers qui te précédaient lurent saisis de stupeur, quand ils virent que, dans une si longue épreuve , les roues de ton char restaient inébranlable;. Alors toutes les nations de l'univers, aux quatre points cardinaux , t'applaudirent sur le théâtre de la vie. Tous, à ton approche, ornent leur ville et te couvrent de fleurs et de bénédictions. C'est que l'arbitre des jeux t'ouvre à deux battants les portes du monde , et tu t'avances, athlète vainqueur, tenant dans tes mains l'image sans souillure! n (2)

|l) Voir VHèrùctiaii, iinsiim.

Btrooftatu Acr. I, v. 235.

'l'empereur au palais d'héréb. 973 Ce hc.au (ableau nous ramène à l'armée d'Iîéraclius.

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