II. La vie de Mahomet d'après les cbranlqueim
Il esl instructif de voir Mahomet, jugé par lea chroniqueurs byzantins et le Christianisme apprécié, à son tour, par le fondateur île l'Islam.
D'après Théophane, Cédrénos et Zonaras, le prophète arabe est l'homme le plus odieux et le plus pervers qui ait para sur la terre. Il est • athée, impie, trois lois maudit, ennemi de Dieu et des hommes. » Dans ses pérégrinations en Palestine, il fréquente les Juifs et les Chrétiens et ■ s'en va à la chasse des textes sacrés (1).» Il s'adjoint un moine pire que lui, expulsé pour ses méfaits, et il en fait son conseiller de tous les instants. II s'insinue auprès de la riche Kadidja et s'unit à elle par spéculation. Il l'effraye de ses hallucinations diaboliques et de ses attaques d'épilepsie. Mais le démoniaque a recours a l'imposture pour la
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tranquilliser. «C'est, dit-il, l'apparition de l'archange Gabriel, qui le fuit tomber à la renverse. » Le moine confirme la vérité de ses paroles et déclare Mahomet prophète. Flattée d'être l'épo u se d ' u n prop hè le, Kad i d j adébi te c e 1 f e in ve ntion à toutes les femmes de la contrée, et cellesci la transmettent à leurs maris. C'est ainsi que l'Arabie se trouve un beau jour livrée à d'absurdes doctrines. Il emprunte aux Hébreux l'unité de Dieu , aux Ariens le Verbe et l'Esprit créés, aux Nestoriens l'an thropolat rie. Luimême se fait adorer. Il prétend que la Divinité est l'auteur du bien comme du mal, et lui attribua l'œuvre de Satan. Il divinise la Volupté, c'est-à-dire la Vénus des Gentils, et la donne pour compagne à son Allah (1). Il fait du Saint- Esprit je ne sais quel être subtil répandu dans les airs, de Jésus-Christ le fils du Saint-Esprit, de Marie la sœur du grandrprêtre Aaron. Luimême procèdo du Saint-Esprit, dispose des clefs du paradis; il y est entré un jour avec soixantedix mille hommes ; il y a vu le Christ , qui se défendait d'avoir appelé le Très-Haut son père. Les justes et les affranchis de Dieu et de Maho-
(I) Tf, mtf 1 fcaii.». irppiJfrp ri^irf. Cdilrànos, I, p. I«.
311 CHAPITRE WK-NEl^lÉBK.
met y ont leurs demeures préparées, mais ooa derniers doivent justifier leur qualité. Il existe d'ailleurs trois paradis : l'un lie miel, le second de lait, le troisième do vin. On -y trouve des femmes belles et voluptueuses. Quant aux Juifs et aux Chrétiens, ils ne sont bons qu'a nourrir la feu ()], les Samaritains, qu'à servir les bionheurcux. 11 institue la circoncision pour les hommes et pour les femmes , et autorise tout ce que la toi défend , sauf l'usage du vin ef de la viande de porc.
Certes, il est difficile do reconnaître lo Maliométisme sons ce travestissement. Mais avouons que lorsque Cédrénos s'écrie : a Est-il possible d'adopter de pareilles inepties? » cetle sévère apostrophe rejaillit sur lui-même. Tel est pourtant le Mahomet du lu ffcoml^ grecque," le trois fois maudit (2). »