‹ L'empereur Héraclius et l'Empire Byzantin au 7. siècleChapitre 78 sur 90 · LE KALIFE OMAR · texte numérisé non relu

LE KALIFE OMAR

gèresde ce monde, » mais il voulai! «obtenir la faveur de Dieu et de soit apôtre (ï). a Son extérieur négligé, qu'un moine byzantin appelle, « une hypocrisie diabolique (2), * trahissait une piété intime, une profonde austérité. Omar, lui aussi, était wi moine, mais en qui l'amour de la controverse n'affaiblissait pas la foi ardente et aelivo, dont lavolonléélail ii l'abri des intermittences, et qu'une inlellio-iwe sans cesse éveillée mettait ùmCmedc coordonner cl de prévoir toutes choses. Ce fui une grande infortune pour l'Empereur, déjà, si crui -J I ■ ■ ri ï ■ n! frappé par Mahomet et par Kbaled, de voir surgir, lorsqu'il commençaitàse rasséréner, " le vicaire du prophète, u

Le premier acte d'Omar fut un coup de suprême hardiesse ef de suprême équité. Il enleva des mains de Khaleil l'épée de Llieu et la remit au clément et habile Obéidah (3). Le vainqueur d'Aïznadin, à la nouvelle de l'élévation d'Omar,

364 CHAPITRE YINOT-TROCSJËMR.

s'était éorîé : « Je ne suis 'donc plus général ! » Il se résigna avec une magnanimité qui est l'indice d'un grand cœur et d'une grande époque.

«J'obéirais iï un enfant, si le- kalife lui avait donné le commandement do l'armée ! •disait-il, quand son ancien lieutenant, aujourd'hui son supérieur, réclamait assistance. Il continua à exécuter les plans de campagne médités par l'esprit plus rélléclii et plus calme d'Obéidah.

Omar songea ensuite à faire revivre le respect des chefs et de la loi, « Nos Musulmans ont appris en Syrie à boire du vinn, écrivait ie généralissime. ■ — " !'!''.'vui , ii. : ïiti'-iiL\-. : ïvji'i ndail le kalife, méritent d'être privés de tous les biens

sensuels, qu'ils observent les commandements de Dieu, qu'ils croient en lui, le servent et lui rendent grâce. Que ceux qui ont bu du vin reçoivent quatre-vingts coups de bâfon sur la plante des pieds ! » I'ariui les coupables, ce fut à qui se dénoncerait le premier et expierait le plus rigoureusement les infractions au Koran. Sergius n'imposailàses fidèles qu'une confession générale. Omar osait davantage et taillait dans le vif.

Line année entière s'élnit passée à soumellre

les villes de l'Orcmic siipùi-icui', Emèse entre autres. Des trêves et des capitulations avaient été accordées pour effacer le lugubre souvenir' de Damas. Cetlo longue inaction avait rendu quelque espoir à Héraclius. La compétition de Baane n'avait pas été sérieuse. Jean Catéas, gouverneur de l'Osrhoène avait conclu, au nom do l'Empereur, un pacte honteux avecYézid: il s'était engagé a payer un tribut annuel de cent mille sesterces aux Sarrasins, à condition que ceux-ci ne passeraient point l'Euphrate. Il fut désavoué, accusé du crime de lese-majesté et privé de son emploi (i). Son successeur Plolémée reçut l'ordre de mieux interpréter Ses sentiments romains et de se concerter avec Rustam, commandant des armées persanes. Par un effort inouï, l'Empire avait réuni, si nous en croyons' les Orientaux, 210,000 soldats placés sous les ordres de Manuel, général résolu, et destinés à ramener la guerre sur les confins de l'Arabie par une course rapide dans le Liban. A l'avantgarde'devaitmareherJabala.roi chrétien des Arabes de Gossan, que les Héraclides honoraient de leur amitié. • Il n'y a rien de tel que le diamant

(I] Tkéophaoe, p. Ml.

l'habileté consommée do ce grand politique qui. du fond de son oratoire, dirigeait les Slaves et lesPersescl comptait ^rnirlnsSarmsinseomme les Avares.

Malheureusement, Omar devina en temps utile ces beaux projets. Il concentra ses troupes en deux corps sur les rives du Jourdain et de l'Euphrale. U empêcha la jonction des Grecs et des Perses. Puis il prêcha de nouveau la guerre sainte. Les bénédictions d'Omar el d'Ali, les prières des veuves du prophète enilammèrent tous les cœurs.

Deux grandes batailles livrées la mErnc année, peut-être le infime mois, décidèrent du sort de de deux empires (2).

II. Deuxième campagne de Byrle : batailles de Cadesiah et âe l'Yermouk (636J.

La cavalerie arabe et la cavalerie persane se rencontrèrent dans la plaine de Kadcsiah, à l'extrémité orientale du désert. D'un côté commandait Saïd, l'un des plus valeureux et des plusrigides sectateurs de l'Islam, de l'autre Ruslam,

(l)Blmuin.

(i) Novembre 636.

BATAILLE DE CADÊSIAH. 381

formé à l'école de Sarbar, courageux, il est vrai, mais nageant dans le faste et dans les délices. Trente in il te hommes prirent position en face de cent vingt mille. La bataille se renouvela trois fols. Ajournée du secours fut signalée parla venue de sk mille auxiliaires Syriens qui grossirent les rangs ilosSamisin^; \\u' 1 i/i , iu < 'r '/■■ , ri'/ininl''»>i'tit. yine une action générale et désordonnée ; la journée du rugissement, par des cris sauvages qui retentissaient au milieu d'une attaque nocturne. L'aurore fut témoin du triomphe de Mahomet sur Zoroastre. Une violente tempête, soulevant des il liages de poussier, di'i'olm aux yeux des Perses les Arabes qui pillèrent le camp et les trésors de Ruslam. L'étendard des Sassanides, le tablier de cuir du Forgeron, fondateur de la dynastie, fut.aveclatêto de Hustam, le plus glorieux trophée de celle lutte prodigieuse, où la monarchie et la religion persanes, si profondément atteintes par le glaive d'Héraclius, reçurent le coup de grâce pour le malheur de ceux qui chantaient naguère une victoire transformée en défaite par la Providence !

lié radius, dans ses heures d'enthousiasme, n'aurait pas choisi d'autre champ de bataille que celui que Manuel allait illustrer si tristement.

L'armée grecque avait traversé à Génézareth le fleuve sacré du Jourdain et campé sur les bords de l'Hiéromax, son affluent. Elle suivait donc les traces adorcesdu Christ dont cilo voulait venger les injures. Le mont ïhabor était à l'horizon, sollicitant leur foi et leur dévouement. Mats, chose triste à confesser, un tel spectacle ne disait rien à ces mercenaires. Les officiers euxmêmes souillaient celte terre de - sainteté et de prodiges par des violences criminelles qui leur aliénaient les populations chrétiennes. Le roi de Gassan se heurta des le premier jour contre Khaled et fut mis en pièces. Désormais, c'était entre l'infanterie grecque et la cavalerie arabe que le débat devait se trancher. • Moslems, songez que le paradis est devant vous, le diable et le feu de l'enfer derrière 1 « Telle fut la harangue des émirs, o L'Épée do Dieu ■ réclamait le poste d'honneur. Obéidah, sentant que l'ardeur de son lieutenant pouvait seule avoir raison de celle multitude d'ennemis , lui céda le commandement et vint se placer à l'arrière pour contenir les fuyards , si cela était nécessaire. La sœur de Dérar et les femmes arabes, ces amazones musulmanes , dont l'habileté à manier l'arc et la lance était déjà bien connue

BATAILLE DE LTERMOUK. 369

des vaincus de Ilosra et de Gabatha, occupaient la derrière ligne. Les archers arméniens pensèrent un instant triompher de l'ardeur des Moslems. Ib visaient avec une si gronde précision qu'ils crevèrent un œil à sept cents Sarrasins! C'était, comme l'ontdit les chroniqueurs orientaux, la de f <.'■'■':■"■;■ j k m en!. Un sauve

qui peut s'annonçait. Abou - Obéidah et les héroïnes ramenèrent à Khaled ceux qui iui échappaient. "Les infidèles partagent vos maux, mais ils ne partageront pas vos récompenses I » leur répétait le modeste, mais utile général. L'action présenta bien des péripéties et peutêtre dura-l-elle plusieurs jours. D'après les auteurs chrétiens, les Arabes entourèrent leur camp d'une rangée de tentes qu'ils flanquèrent de chwneaux (Joui ils avaient lié les pieds [{). Les • ne surent pas se garantir du piège.

Ceux qui étaient embusqués se précipitèrent sur les assaillants, " Ine frayeur, inspirée |N»r lo Seigneur», saisit ces derniers. En voiu ib voulurent tourner le dos. Leurs pieds s'enfonçaienl dans les sables de l'Hiéromax. Un soleil ardent les accablait; l'ennemi les poursuivait

(li Sdpioa.

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