LA CRISE DE L'EIIPIBE BYZANTIN
immoler sur les lieux mêmes où avait souffert leur époux et leur père.
Quand on lit la liste des crimes accumulés durant un régne trop long, quoique éphémère, on comprend que Pisidès, aprôs vingt années, éprouve encore une indignation généreuse.
Il lui donne des surnoms injurieux dont le plus significatif eslcclui de lu iiomy-Hfi Gorgone (i). Ce dernier mot exprime la laideur physique et morale du personnage. » La Gorgone, » tel fut apparemment le surnom de Phocas, quand sa disparition eut enhardi ses sujets.
Il y avait moins de timidité chez les odversairesdu nom romain. Couvranll'avidité et l'imposture des beaux titres de juslice, de légitimité et de restauration, les Perses ravageaient la Syrie, l'Arménie et la Cappadoce , punissant tout le monde du crime d'un seul.
Deux hommes étaient seuls jugés capables à ce moment do renverser Phocas et de chàlier Chosroès : Narsès et l'exarque Hérnclius.
Narsès se laissa gagner par des promesses hypocrites et crut naïvement à la bonne foi de Phocas. Le lâche centurion lit périr sur le bû-
HJYoir la Atani, v. 49, et l-Hiracliaii, Acr. I], t. 5. (ij TJn'iîjihiane, I,p.4!B.
'M CHAPITRE IiHUXJÈSIE. «
cher le général auquel l'empire devait tant de victoires et dont le nom épouvantait les enfants des Perses. Ce précédent devait rendre le gouverneur d'Afrique circonspect, car l'abaissement du peuple grec ne lui permettait guère d'espérer qu'une révolte l'aiderait dans son entreprise. Chaque jour, Phocaa coupai! des tPtes, elles citoyens, énervés, laissaient faire,. comme s'il se fût agi des Avares ! A peine remarquaiton quelques grossières invectives lancées aux jeux du cirque par les Verts et réprimées d'une manière terrible. Cependant on lui adressait de fréquentes sollicitations. C'étaient les Bleus auxquels on interdisait les fonctions publiques, c'était le sénat, e'était le g'endre même de Phocas, le patricien Crispus, qui avait excité la jalousie de l'ombrageux tyran.
Il est probable que l'exarque aurait abandonné les choses à leur cours naturel, s'il n'avait eu a ses côtés le3 deux jeunes g-ens avec lesquels nous avons fait connaissance, son neveu Nicétas et son fils Héraclius.
Malgré la distance qui séparait Carlhag-e de la capitale de l'empire, le contre-coup des événements s'y faisait vivr-mout sentir. Point de doute que l'esprit profond et méditatif d'Héra-
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clius ne s'en emparât avec une ardeur fébrile et ne les transportât jusque dans ses rêves. Il lui fallut longtemps toutefois, avant de concevoir la pensée qu'une résolution sortirait de ces
bord se répandre en élévations religieuses, en prièj'es ferventes. Maïs, comme son âme avait plus de ressort que celle de Maurice, dont elle se rapproche en ccrtnins points, ces effusions stériles ne lui suffirent plus.
Aquels sentiments ubcissuit-il ? A la piété, à ta sympathie, à la dignité romaine. Il n'ignorait pas que le christianisme était aux prises avec le culte du feu, sur les lieux témoins de la mission de Jésus-Christ. L'ne décadence d'un siècle et deux ou trois mémorables catastrophes ne lui dérobaientpoinlle glorieux passé de Rome. Enfin les lamentations de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique trouvaient un écho au plus profond de son cœur.
Il ne se résolvait pas encore 1 Pour qu'il suppliât son père, pour qu'il obtint de voler au secours de Constantinople, il avait besoin d'une raison plus intime, il avait besoin de l'adhésion même de la Divinité, d'un signedu Ciell
Or, ces deux conditions se rencontrèrent.
L'exarque, qui devait toutes ses dignités, sa fortune entière à l'empereur Maurice, refusait depuis deux ans le tribut b Phocua et empêchait les arrivages du bit: si nécessaires h l'existence du peuple et à ];i sécurité du monarque. I 1 tracas apprit un jour que la femme du gouverneur rebelle et la fiancée du jeune Héraolius demeuraient ft Byzanec, et qu'il disposait ainsi des plus précieux otages. Les enfermer dans un monastère et les soumettre à une garde sévère, fut une décision bien vile prise et exécutée aussitôt.
A partir de ce jour, il n'y eut plus un instant de repos et de bonheur pour la famille, surtout pour le fils de l'exarque. Le premier vaisseau, dont on signalerai L l'arrivée, allait peut-Être lui annoncer l'immolation du ces êtres chéris! On comprend qu'une telle anxiété le pressait de partir, au risque de précipiter le dénouement et de périr lui-même de la mort de Maurice et de Narsès.
Ici entre en scène un nouveau labarum, destiné a un rôle aussi inattendu et aussi prodigieux que celui de Constantin. Nous voulons parler de l'image de la Vierge, que la main d'un peintre n'avait jamais effleurée et que