‹ L'empereur Héraclius et l'Empire Byzantin au 7. siècleChapitre 82 sur 90 · AVENTURES DC RENÉGAT YCKINNA · texte numérisé non relu

AVENTURES DC RENÉGAT YCKINNA

défia le plus hardi des Sarrasins. Trois se présentèrent et périront. J, 'héroïque Sergiabil affronta le terrible vainqueur : il allait subir une semblable deslinée. Tout à coup un cavalier s'élance des rangs chrétiens , abat d'un revers de sabre la lè le du pi'ovoeulcur et va rejoindre le drapeau d'Isnini-l. C'i'hiit Tuléia, l'un de ces prophètes qui avaient voulu supplanter Mahomet et que l'Empereur avait recueillis. Le patriotisme l'avait emporté sur la reconnaissance. Yukinna, de son côté, prenait des villes avec ses ruses accoutumées. Il venait d'entrer dans Tripoli , lorsque cinquante vaisseaux arrivèrent chargés d'armes et de vivres. Il les retint et

nicuses conquêtes. Il se présenta devant Tjr, comme amiral d'Héraclius, et ravitailla la place à sa manière. Introduit dans les murs, il eut bien des combats à livrer, il fut même un instant prisonnier. Mais sa verve égalait sa bonne fortune, et il finit par convertir tous les Tyriens, en les menaçant du glaive d'Yézid.

Le nouveau Constantin s'empressa de quitter le théâtre de son infortune et de sa honte. La chute de Césarée entraîna celle de Beryle et de Joppé.

380 CHAPITRE YINOT-TROISlBiat.

C'en était donc fait ! Los Chrétiens avaient perdu le berceau de leur religion. Douze siècles se sont écoulés et Mahomet y règne encore!

Lorsqu'on bâtissait la mosquée de Jérusalem, on vint dire à Omar, que l'édifice chancelait. Il en demanda la cause. Les Juifs lui répondirent : <. N'espérez pas que votre mosquée demeure ferme tant que la croix so dressera dans le Jardin des Oliviers.» Toutes les croix furent aussitôt abattues (1).

V. Conquête de lu Mésopotamie : fondation de Baieorah et de Bagdad.

Une perte cruelle décima les Arabes, le lendemain de leur triomphe. C'est f amièe de la mortalité, Obéidah et Yézid succombèrent. Mais d'autres chefs se présentèrent, et la conquête ne s'arrêta pas. Les fidèles pénétrèrent en Mésopotamie (AJ-Djézireh ou l'Ile). Ils prirent tout d'abord Édesse, si flère naguère de l'image du Christ et du séjour d'Hé.raclius. Puis ce furent Dnra cl Niait). La victoire d'Amida décida l'invasion de l'héroïque Arménie. Les historiens de ce pays nous ont transmis la légende d'un prince des Aghouans , Dchevanscher, qui dé- ( IThéophune, 1. p. SîS.

fendit sa patrie a la manière d'Hector et soutint la monarchie Sassanide •jusqu'à ce qu'elle tombât par un arrêt du ciel (1). » Le Camp saint rappelle la mort des Arméniens , qui avaient péri en confessant leur religion. L'Islam prenait définitivement possession de celte terre que les Romains et les Perses s'étaient disputée durant sept siècles. La ville do Bassorah , établie sur la rive droite du fleuve des Arabes, à mi-chemin entre son embouchure et le confluent du Tigre et de l'Euphrate, attira tout le commerce de l'Inde, et sa banlieue fut bientôt l'un des plus fameux paradis de l'Asie. Ctésiphon détruit fut remplacé par Cufa, la cité aux maisons de roseaux et de terre, qui fut , avant Bagdad , la résidence de plusieurs califes : a Habitants de Cufa, disait Ali, vous avez vaincu le roi de Perse et vous vous êtes emparés de son héritage I » Cependant les Neslorienset les Jacobites y subsistaient à côté des Mahométans (2).

(I) Voir li CTronoio.nft armêaiiws do M. Doliuritr. iî} Gi^l.on, cliao, VA,

CHÀPIIRE VINGT-QUATRIÈME

A la souffrance morale répond souvent la souffrance physique . llérac lins, réduit à l'inaction, presque il l'i m mobilité, par la superstition et lo découragement , devint hydropique. Sa maladie s'accrut à mesure que les épreuves se multi piiaient, et il finit par ne plus se mouvoir, faute d'avoir réagi en temps utile. L' affaiblissement musculaire , tel est, en effet, le principal symptôme de ce mal désespérant qui fait assister ceux qui en sont atteints à un dépérissement graduel de leur âme et do leur corps. Ce que l'Empereur endura sous ce double rapport est incroyable. Aucune lorlurc, aucune humiliation ne lui furent épargnées (f). Tout porte à croire qu'il se résigna et qu'il offrit à Dieu ses longues et suprêmes afflictions. Il en vint

(1) Nicéphoro, p. 3).

LE MOINE PTRRHUS. 383

probablement à imiler Irait pour trait son prédécesseur Maurice; il bénit la main qui le frappait. Hors do palais et même dans l'intérieur du palais, le peuple, le clergé, les courtisans faisaient toutes sortes de commentaires, naïvement subtils, au suji.a de l'iiydropisie impériale. Les uns, dont l'esprit était formaliste, prétendaient qu'il fallait l'attribuer à l'illégalité du mariage de Martina, les autres, qui se piquaient d'orthodoxie, accusaient lu monolhélisme.

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