I.'ECTHÈSF. d'hÉRACLICS
pour détruire les deux natures unies en Jésus- Christ. De même le terme de deux opérations scandalise plusieurs personnes, comme n'ayant été employé par aucun des principaux docteurs de l'Église, et parce qu'il s'ensuit qu'il faut reconnaître en Jésus-Christ deux volontés con-
plissement de la passion et que son humanité s'y fût opposée, en sorte que l'on admît deux personnes voulant des choses contraires : ce qui est impie et éloigné do la doctrine chrétienne. Si l'infâme Neslorîus, quoique divisant l'incarnation et introduisant deux fils, n'a osé dire qu'ils eussent deux volontés, et au contraire a reconnu une même volonté dans deux personnes qu'il imaginait, comment les catholiques, qui reconnaissent un seui Jésus-Christ, peuvent-ils admettre en lui deux volontés et même conlraircs '.' Aussi bien, suivant en tout les saints Pcres, nous confessons une seule volonté eu Jésus-Christ , et croyons que sa chair, animée d'une âme raisonnable, n'a jamais t'ait aucun mouvement naturel séparément et d'elle-même, contraire à l'esprit du Verbe, qui lui était uni selon l'hyposlase (I). »
(Li CoteH. Later. Ucr, I, i. VI, conc, p. 8J. E. Nous avoua emprunté la traduction de Floury.
L'EcLhèse avait, à notre avis, deux loris :
premièrement, de vouloir imposer silence à des Grecs, — leur parler de ce ton impératif c'était les exciter au bavardage; secondement, de tenir si mal sa promesse et d'admettre expressément une seule volonté, après avoir exclu ces termes si controversés « d'une et de deux opérations. » Le monolhélisme pouvait toujours être saisi corps a corps par ses ennemis : ee qui était de mauvaise guerre. Les Sévériens trio m pli ai en t. Ils s'en allaient raillant l'Église catholique dans les bains publics et dans les cabarets, t Les Chakédoniens, disaient-ils, après avoir été Ncsloriens se sont désabusés et ont reconnu la vérité, confessant avec nous une seule opération , et par conséquent une seule nature en Jésus-Christ. Maintenant, ils se repentent d'avoir bien fait, ne confessant en Jésus-Christ, niune, ni deux opérations (1). »
Ces enfantillages étaient très-sérieux. Sergius, presque mourant, réunit un concile à Conslanlinople ; il fit lire l'Ecthèse, puis demanda avis aux évéques. Ceux-ci répondirent : • L'Ecthèse de noire grand et sage Empereur, est vraiment conforme à la doctrine des apôtres. Ce sont les dogmes des Pères, les remparts de
(I) ThéopBJM, I, p. 50S.
l'ectiùse d'héhaclius. 389 l'Église, le soutien de la foi orthodoxe. . C'est ce que disent les symboles des cinq conciles. C'est ainsi que nous croyons ! » Et le patriarche ajouta: «Si quelqu'un, au mépris des défenses de l'Empereur et de ce saint concile, ose enseigner ou avancer une ou deux volontés en Jésus-Christ, s'il est éveque, prêtre ou clerc, nous ordonnons qu'il soit interdit de toute fonction du sacerdoce ou du ministère; s'il est moine ou laïque, nous le séparons de la communion du corps et du sang de Jésus- Christ, jusqu'à ce qu'il rentre dans le devoir, o
Cyrus envoya immédiatement son adhésion :
a Le maître de la milice m'a apporté l'Eclhèse, « opportune et si prudente, de notre tres-pieux Empereur. Je l'ai lue avec soin, non pas une ou deux fois mais plusieurs, et celle lecture m'a réjoui et ceux qui ciaient avec moi , voyant une explication qui brille comme le soleil et enseigne nettement la pureté de notre foi. J'ai rendu grâce à Dieu qui nous a donné un conducteur si sag'e. Plaise a celui qui l'a rendu tel dans les choses spirituelles, de lui donner la force de châtier ses ennemis, afin que nous puissions dire : Il nous a délivré trois fois : savoir de la puissance du tyran Phocas, de
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l'orgueil des Perses el de l'insolence des Sarrasins (I) ! • Jamais on ne poussa plus loin l'amour de la controverse et de la flatterie.
C'est à peine si le patriarche Serg-ius put recevoir cette réponse. Il succomba, après vingthuit années d'un épiscopat qui tient une grande place dans l'histoire. Ce n'cill pas «té trop d'un homme de gvînie et d'un saint pour le remplacer. Mais, Héraclius, ou plutôt Marlina, choisit «le frère Pyrrhus. » L'amitié de Serg-ius servait de passeport à cet hypocrite, qui échangeait joyeusement le froc contre la mitre.
Sophrone, !c grand adversaire du monothélisme, suivit de près Sergius. II emportait dans la tombe des trophées conquis sur Sergius, sur Pyrrhus et sur Héraclius, » ces monothélites endurcis,» consolation bien douce et bien précieuse au milieu du triomphe des Sarrasins ! (3) Il ne restait plus, pour maintenir le drapeau de l'orthodoxie, qu'un seul homme, mais armé d'une dialectique puissanle. Nous voulons par- (I) Voir F! ellrr .
^«j.ioipiTO!, îifYÎiu ul nf^su. Tb éophane, I, p. 520.