‹ L'empereur Héraclius et l'Empire Byzantin au 7. siècleChapitre 85 sur 90 · LE F»PE SÉVERIK ET L'EXPEDITION CONTRE HOME · texte numérisé non relu

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1er de saint Maxime, ancien secrétaire d'Héracltus. L'amour de la méditation lui fit chercher une retraite dans un monastère de Chalcédoine. L'approche des Arabes et la nouvelle hérésie le mirenl en fuite : il alla en Italie et en Afrique prémunir l'Église d'Occident (1).

Pyrrhus voulait à tout prix que le monothelisme resiàt maître de Rome. Le pape monothélite Honorius venait de mourir (2). « Le Iresexcellent patrice et exarque Isaan* reçut, avec le texte de l'Ecthèae, l'ordre formel de surveiller l' élection du nouveau pontife. Les candidats furent prévenus que l'Empereur ne les admettrait que moyennant une acceptation explicite de sa suprématie et de son Ecllièse. Le clergé romain, instruit par Maxime, rejetait avec horreur le nouveau symbole. Aussi bien le Saint-Siège demeura vacant pendant deux années (3). Enfin, le prêtre Séverin Tut élu. Mais on doutait de son dévouement. Son régne, qui ne dura que soixante jours, fut signalé par une expédition qui est un attentat ou un bri-

Pyrrhus et Martina ont juré de so venger.

([) Floury, liv. 3g, p. 136.

(ÎJIloclobre 038.

(3) 12 oclobrc (i38 — ÎS mai BiO.

Aussitôt Isaac, qui tremblait devant le roi des Lombards , mois insultait volontiers les Romains, prépare un coup audacieux. Il s'ag-issoii de piller ie palais de Latran, où la piété des empereurs avait depuis trois siècles accumulé les riches offrandes et les trésors. Il corrompit le cartulairc. Il cessa de payer la solde des troupes impériales qui occupaient Rome. Quand le mécontentement fut à son comble, le cartulaire insinua que c'était au pape, et non à l'Empereur, qu'il fallait s'en prendre, parce que l'argent avait été déposé frauduleusement dans le trésor. Les soldats se précipitent vers Latran. Pendant trois jours Séverin lui-même défend son palais assiégé par ces forcenés. Les portes sont enfin brisées, les ornements, les vases précieux mis sous scellés. Isaac , prévenu , accourt. Pour déconcerter la résistance, il exile les principaux prêtres, pille tout à son aise, envoie ces dépouilles opimes a Ravenne, en fait deux parts, l'une pour l'exarque, l'autre pour l'Empereur, et reçoit les félicitations de Martine et de Pyrrhus. Le perfide cartulairc crie à l'injustice et à l'ingratitude, soulève de nouveau l'armée, mais cette fois contre Isaac. Celui-ci le fait arracher de Sainle-Marie-Majeure et

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décapiter. Tel Était le çouvernemeot byzantin durant la maladie d'Héraclius. Enfin , le pape Séverin souscrivait l'Eclhèse e! recevait l'ordination. Mais justement irrité, il n'exécutait pas un serment extorqué. L'Église romaine allait faire expier à Héraclius les scandales que son impuissance autorisait.

L'Egypte n'attirait pas moins les Musulmans que la Syrie et la Perse. C'était le g-renier do Rome et de Constant! no pie. Alors comme aujourd'hui " le muet du maître et l'espoir d'obtenir des fleurs et des fruits aiguillonnaient l'indolence naturelle des habitants o (1). Six millions d'hommes peuplaient vingt mille villes, bourgs ou villages et payaient au fisc une somme énorme. Maître de l'Egypte, on pourrait jouir en paix de tant de confjuîsles, à l'abri des attaques de l'ancien possesseur. De plus, on ramènerait dans cette terre de prodiges la race de Scm expulsée par les Pharaons, et Mahomet H) Lcttn d'Amrou oilSo par Gibbon, ebap. SI.

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Les Grecs

administraient, les Arabes laissaient aux provinces leur autonomie : c'en était assez pour que l'on préférât ces derniers. Le kalife allait recueillir les fruiis de sa prudence et de sa modération. Lors de son pèlerinage à Jérusalem , quand déjà il prévoyait la chute de la Syrie, il avait éventuellement désigné le conquérant de l'ÉjJyple. C'était Amrou, bâtard koréischile, le mieux doué peut-être des générauxde l'Islam. Amrou avai! le feu et l'héroïsme de Khaled , le bon sens d'Obéidah et la foi d'Omar. S'il ne possédait pas l'ambition et la hardiesse politique qui fait les chefs de dynastie, il avait le dévouement et l'habilelé persévérante qui élève et consolide les trônes. Son redouté cimeterre devint presque l'égal « de l'Epée de Dieu. ■

n. Le projet et l'intrigue du patriarche Cyroa.

Lo patriarche -Gyrus ne voulait à aucun prix que les Musulmans envahissent l'Egypte. Cela se conçoit racilomcnt, car le nom greo et la nom chrétien Étaient également menacés. Malgré la lettre adulatrice qu'il avaitadressée quelques mois auparavant au patriarche de Constantinople, il ne se Taisait pas illusion louchant la faiblesse de l'armée impériale et l'incapacité présente de l'Empereur. Aussi bien se crut-il autorisé, sans prévenir le prince et ses conseillers, a négocier avec les ennemis un accommodement qui les retint en deçà de l'isthme de Suez (!). 11 envoya au kalife un message qui lui offrait, au norn du souverain, et en échange de la paix, un tribut de deux cent mille pièces d'or. Il avait même eu recours au crédit de Mokawkas pour acquitter une partie de cette somme. Mais le rusé Syrien avait en tête bien d'autres combinaisons trèsingénieuses quoique peu pratiques. Il se rappelait sans doute l'accueil fait par le voluptueux Mahomet à Marie la Gophte, cet ïnesti-

(l)Nicéphoro, p. is.

PROJET ET INTRIGUE DU PÀTEIARCHB CÏRUS. 397

mable présent du gouverneur de la Thébaïde.

Quelle serait la joie du commandeur des

Égyptienne , mais une Grecque, non pas une esclave, mais une princesse! Héraclius accepterait cette idée avec empressement. N'av((t-il pas fiancé sa fille Eudoxie à Ziebil, un barbare mongol? Certes, le kalife était un parti bien plus sorlable! Eudoxie était encore disponible. Omar, devenu le gendre d'Héraclius, aurait mis fin aux hostilités, et qui sait? restitué ce qu'il avait ravi (i). On voit le plan : les impossibilités n'en sont pas moins évidentes. Tout d'abord les rapports de l'Empereur et du kalife étaient des plus fâcheux. Le vicaire de Mahomet avait failli périr sous les coups des séides du nouveau Constantin. Le roi de Gassun, qui avait passé si capricieusement d'un parti à l'autre, avait finalement trouvé refuge dans la ville de Byzance et armait des assassins. Dernièrement, une lettre de Mëdine avait sommé Héraclius de relâcher Abdallah , cousin du prophète, sous peine d'une attaque immédiate contre l' Asie- Mineure. On l'avait renvoyé avec des présents,

(1) XiT.-nutK.u ti rte? EtJwn ™ A^ti™ b^ttWpBi m Simlie; à ; i,ï,M„ xx, ni tii» liurpû SihtbA»o[l1i« »i x r »r<«i wapninm. Nicéphoro, p. iH.

condescendance servile qui n'excluait pas le ressentiment et n'engendrait pas l'amitié. Au fait Cyrus connaissait fort mai Omar et Héraelius. Le premier était peu sensible à la vaine gloire, et pas du tout aux plaisirs des sens. Le fécond aurait eu horreur de livrer sa fille au chef d'une religion qui niait la divinité de Jésus et abattait la croix chrétienne. C'était là encore une de ces inventions, naïves à force d'être subtiles, qui germaient chaque jour dans les cerveaux byzantins. Le patriarche n'était pas heureux dans les siennes. H avait échoùé en essayant de réconcilier les Melkhites et les Jacobites ; il échoua en essayant de réconcilier les chefs du Christianisme et de l'Islamisme. 11 dut s'en convaincrt' bientôt, Ili'raclius ne répondit a ses singulières confidences que par un refus brutal. Il s'obstina, énumérant les avantages de sa proposition, et affirma qu'Omar se ferait chrétien. Alors l'Empereur douta ou de sa fidélité, ou de son orthodoxie, ou de son bon sens, et le manda h Corfstantinople, comme il avait fait pour Jean Catéas , auteur de propositions moins inacceptables (1).

(1) Nicéplors, p. 30.

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