OBSERVATION III
Emphysème sous-cutané dans la broncho-pneumonie, par MM. Richardière et Delherm.
-Il s'agit d’un enfant de 2 ans et demi, entré le 3 mai 1901 dans le pavillon de la rougeole.
Cet enfant, d'apparence vigoureuse, n'avait jamais fait de maladie antérieure. Il avait eu seulement une crise d'éclampsie au moment de la sortie de ses premières dents.
A l'entrée à l'hôpital, l'enfant était au déclin de la rougeole. L’éruption avait presque complètement disparu. L'entrée à l'hôpital était nécessitée par des complications broncho-pulmonaires, manifestées par une température très élevée (entre 39 et 40°), une dyspnée intense (60 respirations) et des signes d’auscultation bilatéraux (râles de bronchite généralisée et souffle à la base droite).
Le 11 mai : l'état général et local restant sans modifications, on voit apparaître au niveau de la base du cou, entre les deux faisceaux du sterno-mastoïdien, une tuméfaction rénitente et réductible.
Il s'agissait certainement d'emphysème sous-cutané, car la
tuméfaction donnait la crépitation caractéristique de l’em-
physème. D'ailleurs, dès le lendemain, la crépitation gazeuse s'était étendue. Les régions sous-claviculaires droite et gauche étaient tuméfiées par l'air, qui gagnait jusqu'aux régions mastoïdiennes.
Malgré l'apparition de cet emphysème, l’état général de l'enfant ne subissait pas de changement. La température et la respiration restaient les mêmes, la dyspnée n'était pas aggravée. Le cœur battait avec la même rapidité, et ses battements étaient perçus avec la même facilité.
Le 14, l'emphysème toujours envahisseur avait gagné toute